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H 8 LES OISEAUX

Chaque année , une ou deux fois selon les espèces, ce plumage se renouvelle, il s’épaissit en hiver et s’éclaircit en été.

Aux heures les plus froides de la nuit, cet animal enfonce souvent sa tête dans les plumes d’une épaule et il abaisse la toison de son abdomen sur ses pattes.

Ainsi et tour à tour, le plumage sert à l’oiseau d'imperméable, de robe fourrée, de manteau, de cache-nez, de manchon ou simplement de mantille.

Ce plumage si léger, si gracieux et si joli, apparaît donc non-seulement comme une moelleuse douillette, mais encore comme un voile jeté sur des nudités, comme un mystérieux et pur reflet de la beauté immatérielle.

Il était donc bien juste qu’il fût rehaussé de belles couleurs et que cette coloration s’étalât de préférence sur les parties principales du corps de l’animal, la tête, le cou, les ailes, la queue, etc. ; ainsi répartie elle a provoqué l'attention générale et a semblé souvent si caractéristique, qu’elle a fait créer un certain nombre de noms d’oiseaux.

C’est à leur couronne que deux de nos espèces doivent d’être appelées roitelets. Les ducs ont des aigrettes de chefs de corps; c’est à des raisons du même genre que sont dues les dénominations suivantes : mésange moustache, outarde barbue, pluvier à collier, gorge-bleue, rouge-gorge, rougequeue, merle à plastron, etc.

Les couleurs parfois apparentes du bec et des pattes ont donné lieu à quelques dénominations du même genre. On dit merle au bec jaune, goë-

land à pieds bleus. Les yeux sont si petits et si scintillants qu’ils n’ont pas laissé le temps, ni donné l’idée, à la généralité des observateurs, de composer des noms d’oiseaux.

Mais les couleurs semblent surtout l’ornement naturel et complémentaire du plumage.

Chaque espèce d’oiseaux a une coloration de plumes qui lui est propre et qui ne varie notablement qu"en raison de l’âge, du sexe et des changements de saison.

Cependant, mais très-exceptionnellement, quelques oiseaux se trouvent avoir, au lieu de la coloration ordinaire persistante de leur espèce, un plumage blanc, noir, isabelle. C’est ainsi que, dans ma collection, je possède une buse blanche, un merle blanc, un moineau domestique blanc, une hirondelle rustique blanche, une buse noire, une bondrée noire, un busard mantagu noir, un moineau domestique noir, une bécasse et une alouette isabelles. Ces cas d’albinisme, de mélanisme et d’isabellisme étant fort rares, les indications qui résultent de la coloration persistante et principale des espèces sonttoujours compréhensibles de beaucoup d’hommes et assurément de tous les oiseaux.

Des plumes, toutes ne sont pas destinées à l’habillement ; l’oiseau se sert de quelques-unes comme d’outils, de rame ou de gouvernail. Alors elles sont grandes, larges et très-résistantes, mais elles ont encore la beauté que comportent leurs dimensions.

Il n’est donc pas étonnant que les hommes aient approprié les plumes à leurs besoins ; ils les ont employées dans leur literie. Le duvet est venu

réchauffer la couche du malade et le berceau de l’enfant. Les plumes d’aigle, d’autruche et de colibri ont orné les têtes les plus fières elles plus gracieuses.

En somme, la plume, créée spécialement pour l’oiseau, est, sous beaucoup de rapports, une véritable merveille. Par l’éclat et la variété des couleurs, certains oiseaux sont les rivaux des fleurs et des diamants, et la richesse de ce coloris se retrouve dans leurs œufs. Merveille d’utilité, de langage et de beauté, organe du vol, image et emblème de la rapidité de la pensée et de la locomotion des âmes, le plumage de l’oiseau a dû être et a été particulièrement chargé de proclamer par l’admirable langage des formes et des couleurs le rôle supérieur de l’oiseau dans les harmonies de la nature, et d’attirer l’attention des hommes sur la protection qu’il mérite et sur l’amour et la reconnaissance qui sont dûs au Créateur.

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