‹ Les oiseaux de l'est du Canada [microforme]Chapitre 29 sur 102 · HE · texte numérisé non relu

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Valeur économique. Les oiseaux plongeurs se nourrissent presque exclusivement d'animaux aquatiques qu'ils prennent et poursuivent sous l’eau. Comic marchandises ces oiseaux ont peu d'importance. Les oiseaux qui représentent cet ordre au Canada se divisent en trois familles: les Grèbes, Colymbide: les Plongeons, Ga üdae; les Pingouins, ( iuillemots, ete, Alcidae.

FAMILLE—COLYMBIDAE. GRÈBES,

Description générale. Lesgrèbes et les plongeurs ont des pattes lobées et non tout à fait palnées, CE sont sans queue très visible, Au lieu des membranes allant d'un orteil à l'autre, comme dans la plupart les oisenux ieurs, les doigts sont pourvus d'un rebord dentelé de bouts plats semblables à des lobes, ou d'appendices attachées à l'orteil. Ces doigts constituent d'excellentes palettes pendant la rage, et en <e iepliant ils offrent un minimum de résistance à l'eau, au retour. Leur extraordinaire habileté à plonger a fait donner à ces oiseaux les sobriquets communs de diable plongeurs », «sorcie le l'eau » ete

T'raits distinctifs. Membranes des orteils dentelées, (figure 13 p.22) queue courte, bec pointu, et l'éclat argenté très singulier des plumes des parties de dessous.

Indications sur le terrain. Bec pointu et queue peu visible. Pattes rejetées droites derrière en volant.

Nid. Dans les roseaux et les jones qui bordent les mares ou les étangs, sur les tas de végétaux où flottants où stationnaires.

Habitation. Les grèbes sont répandus sur tout le Canada et plus au nord jusqu'à la zone arctique. À l'époque de ln couvaison on les trouve plutôt sur l'eau douce que sur l'eau salée. Il y à trois espèces de cette famille qui se présentent régulièrement dans l'est du Canada, une quatrième espèce, le grèbe occidental. mentionné incidemiment ici, a été signalé plusieurs fois par erreur, car on ne peut certifier qu'un seul cas où on l'ait vu.

Les grèbes sont les habitants par excellence des étengs d'eau douce et des lacs, bien qu’en certaines occasions ils fréquentent la mer en nombre. La couleur de ceux d'âge adulte se présente en larges taches: les plus jeunes font voir des raies bien tranchées, surtout autour de la tête, indiquant par là que la famille descend d'un ancêtre commun rayé. Les sternum du grèbe, si utilisés comme garnitures pour les modistes, proviennent d'oiseaux de cette famille. La grande quantité de ces oiseaux qu’on sacrifie pour cet usage, et la façon dont on les enlève de leurs endroits préférés de couvaison en réduisent naturellement le nombre.

Valeur économique. Comme ces oiseaux se nourrissent presque exclusivement de chair aquatique, ils n’ont presque aucune valeur marchande immédiate. On trouve souvent de grandes quantités de plumes dans l’estomac des grèbes, mais on n'a Jamais donné de ce fait une explication satisfaisante. Rien ne prouve que ce soient les restes d'oiseaux saisis comme proie,

2. Le Grèbe à cou TOUge. (HOLBŒLL'S GREBE. RED-NECKED GREBE.) Colymbus holbælli. L, 19. C'est le plus grand de nos grèbes. Les grèbes devenus adultes an été ont un cou d'un rouge châtaigne fort riche.

Traits distinctifs.. La taille suffit d'habitude à reconnaître le grèbe. Les oisean « encore jeunes n'ont généralement qu'un semblant de cou brun rougeâtre.

Indications sur le terrain. Sur le terrain la taille servira aussi À distinguer ce grèbe-là de tous les autres: et la présence d'une plaque blanche sur l'aile, ainsi qu'un dos non tacheté, le distinguera du plongeon avec lequel on risquerait de le confondre.

Nid. Surdes Composts de matières végétales, flottantesou stationnaires, où sur des îlots marécageux près des rives de lacs d'eau douce.

Habitat. A travers le Cont'nent; couvaison à l'est, au nord de la Colombie actuelle. Dans les provinces de prairies et à l'ouest ils nichent au sud et au delà de la limite des Etats-Unis.

Cet oiseau, sauf dans l'Ouest, dans la saison de la couvaison, est plus communément vu sur de grandes étendues d'eau que sur de plus petites. I] est relativement rare dans l'Est du Canada,

3. Le Grèbe cornu. (HORNED GREBE). Colymbus auritus. 1. 13:50 Le grèbe “ornu est À peu près de la même taille que le grèbe À bec bigarré mentionné ci-après, mais avee un bec plus aiguisé et plus efhlé. L'adulte de l'été à un cou rouge (tout À fait comme celui à cou rouge), des touffes à l'oreille d'un jaune

* brunâtre et proéminentes, et un jabot en forte saillie sur les joues depuis le derrière de

la tête jusqu'au cou. En automne et en hiver une tête d'un noir blane brillant forme cChstraste avec la coloration plus matte du grèbe à bec bigarré.

T'raits distin “if. Le jeune sujet, oiseau ordinaire d'un noir grisâtre et blanc peut être confondu avec le jeune grèbe à bec bigarré, mais peut être distingué par sen front et <a poitrine d'un blanc brillant, son bec effilé et la tache blanche sur l'aile.

Indications sur le terrain. Bec mince, aiguisé, avant-cou blane et plaque planche sur l'aile

Nid. Comme le précédent.

Habitat. À travers je Continent, couvant par endroits en dedans des limites de la colonisation tetuelle, et au nord, mais plus ordinairement à l'ouest qu'à l'est

Le grèbe cornu qui est migrateur habite les plus larges étendues d'eau Et se rencontre moins souvent dans les bourbiers où le grèbe à bec bigarré se rencontre fréquemment.

ü.. Le Grèbe à bec bigarré. PIED-BILLED GREBE). Podilymbus podiceps. L, 15:50. Planche IA.

Traits distinctifs. Le grèbe à bec bigarré peut être mis À part de tous les autres grèbes eana-

‘liens à cause de son bec relativement plus lourd et gros avee «a tache et son culinen plus fortement tqué; on le distingue aussi, du jeune grèbe cornu, de tout plumage, à cause de la couleur foncée, moins brillante de son avant-cou, de sa poitrine et de ses dessous, et aussi de l'absence de la plaque blanche de l'aile,

Indications sur le terrain. Taille et forme du bec, moucheture sur le bec pus de plaque blanche sur l'aile, et plaque noire sur le cou au printemps.

Nid. Le long des bords marécageux d'étangs et de lacs sur des supports ou stationnaires ou j iottants,

Habitat. À travers le continent, la couvaison se faisant depuis nos frontières sud vers le nord; il est probable qu'un grèbe trouvé Couvant au sud d'une ligne tirée d'Ottawa à Sault-Ste-Marie appartiendra à cette espèce.

Nous avons ici le grèbe commun de l’est du Canada où on le trouve dans la saison de la couvaison, ou pendant la migration, sur presque chaque étang où bourbier, Il fréquente moins que les espèces parentes les eaux claires et dégagées. La virtuosité des grèbes comme plongeurs est bien connue et fort développée dans la présente espèce. Plongeant à l'éclair du “oup de feu, ie grèbe est souvent en sûreté sous l'eau au moment où le plomb meurtrier touche l'endroit qu'il venait d'occuper. Même les fusils se chargeant par la culasse n’ont pas toujours assez de rapidité pour l'atteindre bien que la poudre sans fumée ait enlevé au grèbe presque toute sa supériorité. Les grèbes ont la faculté de nager où très bas ou très haut dans l'eau. En expulsant l'air du plumage épais et doux et en le comprimant dans les cavités de son corps le grèbe peut augmenter son poids spécifique, et S’enfoncer peu à peu dans l'eau Jusqu'à ce que le bec seul soit au- dessus de la surface, position dans laquelle il se cachera, et, sauf quelque accident, ‘léficra les yeux les plus perçants.

Valeur économique. Nous n'avons que peu de renseignements précis au sujet de la composition exacte des aliments des grèbes. Le grèbe à bec bigarré, toutefois, se nourrit de petits poissons et d'insectes aquatiques, en y ‘'outant plus ou moins de matières végétales. Le poisson, eu égard à habitat de l'oiseau, appartient principalement à l' spèce qui hante les eaux hourbouses et sans in.portance écont Mmique. Quant aux insectes que mange le grèbe, ce sont surtout les espèces de proie telles que les ç sCargots

eau qui, parfois, causent quelque den mage au frai de poisson. a matière 79675—4

végétale est sans importance. En somme, nous pouvons considérer le grèbe à bec bigarré comme tout à fait inoffensif sauf dans les ‘as rares Où il fait une visite passagère aux mares et aux étangs où s'élèvent des truites où d’autres poissons de prix.

FAMILLE—GRAVIDÆ. PLONGEONS,

Description générale. Les plongeons sont de grands plongeurs avec un bec droit, très pointu et avec des pattes très palmées, (figure 2, p. 20), À l'état adulte ils ont des couleurs dont les dessins forment des contrastes frappants, généralement noirs et blancs.

.Traits distinctifs. Plus grands que des canards et ie cou plus court que celui des oies. Ces traits-là et le bec si effilé et pointu sont distinctifs. La queue plus en évidence que chez les grèbes

Indications sur le terrain. Taille, longueur du cou et bec. Pendant le vol les pattes sont entraînées derrière la queue.

Nid. Sur les rivages bas, dans le voisinage immédiat de l'eau où ils peuvent plonger directement dans l'eau depuis leur nid.

Les plongeons sont peut-être des plongeurs supérieurs encore aux grèbes mais ils s'enlèvent moins facilement sur l'eauet, sauf par une bonne brise. qu'ils peuvent affronter; ils doivent battre longtemps l’eau de leurs ailes avant de s'envoler.

Valeur économique. Leur nourriture se compose presque entièrement de poisson, mais, vu le petit nombre de plongeons dans une localité donnée, leur importance économique est insignifiante.

7. Le Plongeon à collier. LE HUARD. (COMMON LOON). Gavia immer. L, 32° Planche 1B.

Traits distinctifs —Le plongeon à l'état adulte est facile à distinguer des autres plongeons par sa coloration bien marquée, mais les jeunes sont un peu plus difficiles à différencier. La taille et l'absence de tache sur le dos le distingueront du plongeon à cou rouge avec lequel on le confond très facilement.

Indications sur le terrain. Taille et dos non taché des jeunes, comme ci-dessus. La plupart des plongeons qu'on voit dans nos lacs intérieurs appartiennent à cette espèce.

Nid. Tout près de l'eau sur les rives marécageuses ou rocheuses de lacs intérieurs, là où, à la moindre alarme, les plongeons peuvent filer droit sous l'eau. Le nid, plutôt massif, est bâti avec des matières végétales en décomposition.

Habitat À travers tout le Canada, couvant partout où les conditions s'y prêtent, y séjournant souvent pendant l'hiver jusqu'au moment où la glace ferme les eaux.

La plupart de ceux qui fréquentent nos rivières et nos lacs connaissent bien le rire strident du plongeon. Le plongeon a un autre cri qui commence bas, s'élève haut et tombe subitement. L'oiseau est souvent bruyant la nuit où au moment d’un orage, et les oiseaux s'appellent souvent et se répondent d’une rive à l’autre.

À cause de l’envahissement continu de la colonisation et du dérangement qui s’en suit pour les nids, le plongeon est devenu plus rare en ces dernières années et, dans plus d’une de ses anc'ennes retraites, on ne le voit plus guère aujourd’hui que dans le temps de la migration. Il reste, toutefois, un grand nombre de lacs solitaires dans le nord inhabité où les plongeons peuvent vivre et nicher sans être dérangés et il n’est pas à prévoir que cette espèce si pittoresque disparaisse prochainement, Des mesures protectrices encouragées par une oJinion publique plus éveillée viendraient sans doute regarnir nos lacs et nos étangs de ces hôtes d'été et augmenter le nombre des hôtes de simple passage.

Valeur économique. Bien que le plongeon soit un gros oiseau, la largeur de son gosier n’admet que des poissons de relativement petite taille. Ce fait mis en rapport avec le petit nombre d’oiscaux des lacs peu éten-

dus et la masse immense de poissons des très grands lacs, rend les ravages que peuvent commettre les plongeons sans importance économique quelconque. L'espèce ne devrait donc pas être condamnée à sa destruction.

11. Le Plongeon à 8orge rousse. (RE THROATED LOON) Gavia stellata. 25. C’est un plongeon plus petit que le huard, et qui ne présente pas le contraste intense de la coloration noire et blanche du dos. Sa tête et son cou sont gris, et les adultes en cté ont au cou une plaque d'un rouge sombre.

Traits distinetifs. Les sujets adultes peuvent se distinguer du plongeon commun par la et la coloration, comme ci-deseus. Les jeunes peuvent se reconnaitre à leurs dos finement taci qui se distinguent des lignes légèrement grises du plongeon à collier.

Indications sur le terrain. Taille et ecloration du dos.

Nid. Habitudes de Couvaison smblables À celles de l'espèce précédente.

Habitat. Répandu sur tout le Canada; rare dans l'intérieur, plus commun sur les côtes. Niche dans l'est depuis le nord de l'Ontario, le Québec central et le Nouveau-Brunswick vers le nord.

Valeur économique. La même que pour le plongeon à collier mais moins importante parce qu’il est moins répandu.

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