FAMILLE—ALCIDAE, PINGOUINS, GUILLEMOTS ET MACAREUX
Description générale. Cette famille se compose d'espèces exclusivement maritimes, qui ne sc rencontrent que rarement ou par occasion sur les eaux douces. Bien qu'elle soit dans son élément sur l'eau elle se tient droit sur terre ferme et marche avec beaucoup plus d'aisance que le grèbe ou le plongeon. Le bec est sujet à plus de variations que celui des familles précitées, puisqu'il va du bec droit, effilé des guillemots jusqu'au bec très comprimé des macareux.
Traits distinctifs. La forme caractéristique du plongeur combiné avec les pattes palmées et l'absence de pouce (figure 12 p. 22).
Indications sur le terrain. Ressemblance générale avec les canards, mais leur cou court et leur bec pointu, quelquefois profond et étroit, sont caractéristiques.
Nid. Couvent en nombreuses compagnies, souvent d'espèces mixtes, sur des flots rocheux ou sur des falaises battues par la mer. Ne font pas de nid mais déposent leurs œufs sur le sol. Leurs œufs sont extraordinairement gros, vu la taille de l'oiseau, et tout À fait en forme de poire, ce qui fait qu'ils roulent en cercles plutôt qu'en droite ligne et ainsi risquent moins de tomber des rebords aus et rocheux qui leur servent de nics.
Habitat, Le long de nos rivages maritimes, des limites méridionales jusqu'au pôle arctique Ils ne sont qu'occasionnellement sur les eaux douces, bien qu'une espèce ait fait quelque fois des Migrations anormales et soudaines vers les grands lacs inférieurs.
Cette famille fréquente la pleine mer, ne venant au rivage que pour uicher. Ces oiseaux différent des autres plongeurs en ce qu'ils se servent d'habitude de leurs ailes sous l'eau tout comme pour voler. Sur la côte du Labrador leurs œufs servent beaucoup aux pêcheurs comme nourriture.
Valeur économique. Ne mangeant pas autre chose que les plus petits poissons et les crustacés pris en mer, où les quantités en sont considérables, ces oiseaux ne peuvent faire aucun dommage.
13. Le Macareux arctique. LE PERROQUET. (PUFFIN.) Fratercula arctica. L, 15. Le macareux est ur petit plongeur assez grotesque, noir en-dessus, blanc en-dessous et avec une face grise. Il est remarquable par son bec qui est ridiculement profond et aplati, presque aussi haut que long et fort en couleurs de rouge et de jaune.
Traits distinctifs. Le bec est toujours caractéristique,
lidications sur le terrain. Le bec peut être distingué d aussi loin que l'oiseau vivant peut s'aper- °evOoIr,
Vid. Couve dans les crevasses et les fentes des falaises rocheuses, ou se terre dans le sol d'tlots ‘déserts, Le long de la côte du Labrador il y a plusieurs îles dites «Aux Perroquets » à cause du grand nombre de ces oiseaux qui couvent dans ces parages. Malheureusement les dégâts qu'y font les pêcheurs ont lamentablement réduit le nombre de ces O1seaux, et à moins de mesures proteotrices en leur faveur ils disparaîtront bientôt.
Habitat. Les INACAreux sont répandus le long des rivages Maritimes des deux côtés de l'Atlantique depuis le ( ‘anada et l'Angleterre jusqu'à la zone arctique
La vue seule de cet biseau suffit à reconnaître la justesse du surnom de Perroquet qu'on lui donne, À l'inverse d'autres plongeurs il se tient debout sur ses doigts et montre une grande agilité à courir.
21; LE Guillemot noir. (BLACK GUILLEMOT). Cepphus grull L, 13. En été le guillenot noir est un petit plongeur, noir comme du charbon, avee de longues plaques blanches aux ailes et des pieds rouges. En hiver, les Parties de dessous sont blanches et les plumes de dessus sont noires mais avec des taches blanches. Les ailes ne changent pas en été,
Traits dislinctifs. En été l'espèce ne peut Pas se confondre avec une autre. En hiver, la taille et la colciation des ailes sont presque tout aussi Caractéristiques.
Indications sur Le te rrain.. Les traits susdits sont des indications sur le terrain, facilement reconnaissables
Nids. Dans fes cavités de rochers ou dans quelques ouvertures de talus raboteux au pied des falaise
Habitat, Le guillemot de l'Atlantique est Con mun le long de notre côté de l'Atlantique, mais nest Vu que rarement où même jamais dans l'intérieur des terres.
SOUS-ESPÈCES. Il y a deux sous-espèces du guillemot noir au Canada. Le guillemot de 1 \tlantique qui est l'oiseau type, et .e guittemot Mandt Phhus gruille mandti, race du nord habitant les régions polaires et qui se distingue par jes couvertures entièrement blanches de l'aile jusqu'à la base, au lieu d'y avoir une barre noire dissimulée, L' Union américaine des ( Jrnithologistes donne duns son Catalogue cet olseau conme formant une espèce pre pre, mais il conviendrait de n'y voir qu'une sous-espèce
Le guillemot no‘r est un des habitants les plus communs de notre rivage maritime où il est re nn: de tous ceux qui le fréquentent. Il vit moins en troupes que les autres me bros de la famille et niche d'habitude tout seul et non en €éCionies, quoique parfois ces oiseaux se réunissent dans certaines localités, attirés Par une communauté d'intérêts.
30. Le Guillemot ordinaire. MormEerre. (COMMON MURRE). Uria troille. L 16. Ce guillemot est blanc en-dessous pendant l'été, avec la tête et le cou foncés, couleur fumée, brun de phoque. Le dos et les ailes sont noirs. En hiver la gorge est de couleur claire voilée de plus où moins de gris, et le brun est remplacé, sur la tête et le cou par du noir estompé de gris surtout sur la gorge.
Traits distinctifs. Le guillemot ordinaire ressemble beaucoup au guillemot de Brünnich et au pingouin commun. Il peut être différencié, en été, d'avec le premier par la coloration brun pâle de la tête et du cou, et par le fait que le derrière du cou n'est pas plus foncé que le devant, En toute suison il a un bec un Peu plus Court et manifestement PAus faible, On peut le distinguer du pingouin par le bee qui n'est pas sensiblement aplati ni profond.
Indications sur le terrain. Taille du bec et coloration du cou, telles sont les seules indication. sur le terrain qu'on puisse donner pour distinguer les deux guillemots, et à l'état vivant, ces indi Cations ne peuvent être remarquées que grâce aux plus favorables circonstances. Ces oiseaux nagent, dit-on, avec la queue non droite comme fait le Pingouin commun mais au niveau de l'eau La différence entre le bec de ce pingouin et celui du guillemot est très facile À constater en temps ordinaire,
Nid. Ils couvent en nombreuses colonies dans les roches, ne font pas de nids et ne pondent qu'un œuf.
Habitat. Abondent le long de la côte Maritime de l'est, ne Sont Jamais, où très rarement trouvés dans l'intérieur des terres sur l'eau douce.
SOUS-ESPÈCES. Le guillemot ordinaire habite les parages du nord des deux océans, le Pacifique et l Atlantique, étant représenté dans chacun d'eux par différentes sous-espèces. Le guiljemot de l' Atlantique offre le spécimen type et c'est naturellement celui qu'on rencontre sur nos rivages de l'est
Le nombre de guillemots fui occupent une falaise À nids est quelquefois extraordinaire, Sur le bord des crêtes rocheuses ils se pressent les uns contre les autres comme des lignes de soldats, et ressemblent à ces files de pingouin dont les images nous sont familières,
Les À
Ps
31. Le Guillemot de Brunnich. (rmick-miiien a ILLEMOT) Crea dom. 16:50, Ce guillemot est presque exactement semblable à l'espèce précédente,
Traits distinetifs. La tête et le cou sont plus foncés et d'un brun plus riche, sans la teinte fumte lu guillemot ordinaire, et le cou est un plus foncé derrière que devant, Le bee eat un peu plus gros t sensiblement plus massif.
Indications sur le terrain. Becpluslong, plus gros: la coloration de la tête et du cou aidera, «à t Vue en est exceptionnellement claire, à distinguer cet oiseau vivant du guillemot ordinaire. Bu ranchant et effilé au lieu d'être émouss et profond: queue non redressée en nageant tout cela servira à le distinguer du pingouin commun.
Nid. Comme dans l'espèce précédente,
Habitat. Un peu plus au nord que celui du guillemot ordinaire
SOUS-ESPÈCES.. Le guillemot de Br innick se rencontre sur les octans Pacifique et Atlan tique Mais comme des espèces distinctes. Notre spécimen de l'est est l'oiseau type et <'appelle la guillemot de Brünnich.
Le guillemot de Brônnich est le seul membre de cette famille qu'on trouve sur les grends lacs. Ces oiseaux sont parfois venus par centaines sur les lues Ontario, Erié, et sur les eaux tributaires de ces lacs à la fin de l'automne et au commencement de l'hiver; ils étaient tous faméliques et aucun ne semblait devoir survivre ou retourner vers leurs demeures maritimes. Leur présence ici en est encore inexplicable.
32. Le Pingouin commun. (RAZ0R-BILLED AUK). Alca tordu. L, 16:50), Le Pingouin commun à la même apparence générale que les deux dernières espèces,
Traits distinetifs. Le bec est très profond et aplati (quoique pas autant que celui du macareux urctique); il est donc facile à distinguer du guillemot, surtout en été lorsqu'une ligne blanche réunit l'œil et la base du cuimen et que le bec est traversé par une bande blanche près du bout. Le bec ‘du jeune oiseau d'hiver est moins caractéristique, mais peut tout de môme se distinguer de celui les guillemots.
Indications sur le terrain. Bee plus profond et, quand il nage, st queue redressée en éventail
est un admirable point de mire.
Vid. Semblable à celui des deux espèces précédentes, mais ceux-i « réunissent Moins pat “#roupes.
Habitat. Vréquente nos rivages de l'Atlantique jusqu'au pôle.
33. Le Grand Pingouin. (GREAT AUk). llautus impernns. LL, 30. Le grand pingouin était le plus grand des plongeurs américains. Les ailes étaient de dimensions tellement diminuées que tout en pouvant servir de parfaites nagooires, elles étaient autrement fort inutiles, et laissaient l'oiseau incapable de voler. Comme cette espèce est aujourd'hui éteinte il est inutile de la décrire plus au long
Cet oiseau s'était si bien fait à la vie aquatique que le vol ne lui était plus nécessaire, et c’est ainsi que ses ailes avaient fini par se réduire à des nageoires pareilles à celles des pingouins du pôle antaretique et qu'il ne lui était plus possible de voler. Bien qu'il pût vivre dans la mer aussi bien qu’un poisson où un animal marin quelconque, la terre li était tout aussi nécessaire qu'à tout autre oiseau en vue de sa reproduction. Mais même ainsi, s’il avait habité l'extrémité du pôle pour le temps de la couvaison, il aurait pu survivre; mais des rochers solitaires et écartés, des îlots le long des iles britanniques et du côté américain de l'Atlantique, étaient les lieux où il uichait, et il se trouvait être en même temps sur la route des bateaux de hardis pêcheurs qui dès les pre niers temps de notre histoire se pressaient sur nos rivages. Pour ces pêcheurs les innombrables milliers de grands oiseaux habitant les îlots dans le voisinage immédiat de ces pêcheries et si incapables de se protéger sur terre qu’on pouvait les tuer en masse avec des bâtons et des gourdins, constituaient un irrésistible butin. Les pêcheurs se prévalurent de ces occasions et l’on raconte que pour S’épargner la fatigue de leur métier, ces gens jetaisnt des planches entre leurs bateaux et le rivage, qu'ils v Poussaient ées oiscaux sans défense et les assommaient sur le pont. Il est
clait que nulle quantité ne pouvait résister à de semblables mass aujourd'hui le grand pingouin n’est plus au’un intéress pour le représenter que des spécimens e particulièrement favorisés.
acres, et ant souvenir et n'a t des restes dans quelques museums
3% Le Mergule nain. (DOVEKIE). Alle alle, I, $. geur, le plus petit de sa famille dans l'est du Canada, il est généralement noir en dessus et blanc à la g
Traits distinctifs. Sa taille suffit À le distinguer de tout autre plongeur dans l'est du Canada.
Indications sur le terrain. Sa taie et ses bat! ments d'ailes très rapides constituent les meilleures indications sur le terrain.
Nid. Sur les bords des falai
Habitat. En été dans l'extré Inaritimes,
Sur les rivages de notre côte et dans nos
se chercher qu'en hiver. Il vole avec un très
C'est un très petit plon- Quand on le trouve sur nos eaux orge, aux joues et en dessous.
ses dans l'extrême nord.
me nord de la région polaire orientale; en hiver le ong des rivages
ports ce petit oiseau ne doit rapide mouvement de l'aile.
Ordre—Longipennes. Palmipèdes aux longues ailes
Descri, : ‘un gentrate. Les palmivèdes à longues ailes sont des oiseaux de mer, avec quatre doigts et deux membranes, avec les ailes plus longue
B s que la queue, si l'on excepte la plume de la queue médiane extrêmement allongée chez quelques labbes et les queues d'aronde extérieures, également ailongées chez quelques sternes,
Traits distinctifs. On peut les considérer comme un ordre en raison de leurs leur bec (figures 3, 4, 5, P. 20) et ils se distinguent des nageurs À narines tubulair
longues ailes et de narines qui sont sur les côtés du bec et non dans un tube au sommet (voir figure
es par la place des
11, p. 21) c:mme comparaison.
Indications sur le terrain. On n'en peut donner aucune pour l'ordre entier, sauf la longueur de l'aile et la façon de voler.
Nid. Couvent d'habitude sur le sol ou sur le bord des falaises, mais il y a peu d'uniformité quant à leurs habitudes à cet égard.
Habitat. Quelques espèces sont plus ou moins Communes le long des cours d'eau du Canada.
Les palmipèdes à longues ailes sont d’admiralles voiliers, jamais et déployant une agilité extrême dans l'air. pêcheurs, mangeurs de détritus ou pirates, Il n'y à que deux familles de cet ordre au Canada: les Labbes et les Mouettes, ces dernières comprenant leurs proches parents les Sternes ou Hirondelles de mer.
Valeur économique. Etant des oiseaux de mer, le dommage qu’ils font est peu de chose, et quelques-uns sont même utiles à l’homme,
ne se fatiguant Par habitude ils sont