LES HÉRONS BLANCS
Bien que ne formant pas une classe systématiquement reconnue des hérons, il y a plusieurs espèces pourvues d’un plumage absolument blanc et qui sont assez distinctes pour justifier qu’on en discute.
Parmi quelques-unes de ces espèces, les aigrettes, le plumage de l’adulte est blanc, en d’autres c’est une apparence dichromatique, c’est-à-dire que
l'espèce se présente s0' ; deux phases de couleurs, l’une et l’autre normale,et ne pouvant se rapporter ni à l’albinisme ni au mélanisme, pas plus qu’au sexe, à l’âge ou à la saison. En d’autres espèces encore le blanc appartient à un plumage de jeunesse ou d'âge avancé, et arrive régulièrement au moment voulu. Ces plumages blancs étaient une source de grande confu-ion pour l'identification des espèces aussi longtemps qu'on ne les avait pas soumis à une investigation complète. Tous les hérons blancs appartiennent à un habitat méridional et sont rares au Canada.
196. L'Aigrette blanche d'Amérique. (AMERICAN EGRET) Herodias egrelta. LE, 41, Presque aussi grande que le grand héron bleu, mais toujours d’un blane très pur. Dans la saison des amours, une rranière de cascade de quelque cinquante plumes fines et droites commence au milieu du dos et tombe en festons sur le bas du dos et la queue,
Traits distinctifs. Taille, couleur et profil, manifestement de héron. Indications sur le terrain. Comme ci-dessus.
Nid. En société, nids faits de branches sur ies arbres ou dans des buissons au-dessus de l'eau.
Habitat. Dans les Etats du Sud et du golfe du Mexique; ne se montre au Canada que comme vagabond de hasard.
L’aigrette américaine, avec le héron blanc comme neige et une autre espèce de même nature, constituent l’origine de l’aigrette bien connue, c’està-dire de cette huppe de plumes que vendent les modistes. Comme ces plumes ne poussent que dans la saison des amours, et comme le voisinage immédiat des héronnières est le seul endroit où ces prudents oiseaux peuvent être facilement approchés, il est évident que la récolte de ce magnifique ornement doit s’accompagner de beaucoup de cruauté. On se défend en disant que ces plumes sont ramassées quand elles sont tombées du dos des mâles. C’est un argument contestable, car si quelqu'un veut chercher dans les basses-cours pour y trouver les belles plumes que la volaille a jetées il découvrira vite que les plumes d’aigrette seront rares et de pauvre qualité. L'argument est d'autant plus douteux que les héronnières sont situées dans les marais compacts des régions tropicales où le sol n’est que boue et eau et où la végétation est de nature à empêcher toute recherche minutieuse et méthodique. Le :hasseur de plumes se cache d'habitude dans la héronnière et avec un fusil de petit calibre, tire les oiseaux l’un après l’autre jusqu’à ce que la troupe soit toute exterminée. Les plumes sont alors arrachées des corps qu’on laisse pourrir par terre. Les petits qui restent, meurent d’inanition en haut dans les nids. Des lois locales ont été édictées interdisant de tuer ces oiseaux, mais sans résultat. Il y a quelques années les étangs de la Floride et des États du golfe avaient encore tout l’embellissement que leur donnait la présence de ces oiseaux immaculés; aujourd’hui ces lieux ont à peu près perdu un de leurs plus grand attraits par l'imminente destruction de ces oiseaux. Comme dernière ressource une loi fédérale a été promulguée aux Etats-Unis qr' ‘#fend d'importer les plumes d'oiseaux à l'usage des modistes. Une loi able a été votée en Grande Bretagne et dans les colonies. Les aigreites ne sont pas la seule espèce qui ait tant souffert; les sternes et d’autres oiseaux de mer, les oiseaux de Paradis et beaucoup d’espèces insectivores ont été victimes de la vanité et de la cupidité humaines.
un petit héron très beau et gracieux. L'individu adulte a la tête et le cou brun marron, le reste du corps d’un bleu d’ardoise foncé. Des plumes finement pointues sur les épaules et sur le devant du bas cou. Le jeune est presque du blanc le plus pur teinté de bleu d'ardoise.
200. Le Petit Héron bleu. (LITTLE BLUE HERON) Florida coerulea. J,, 22. C'est
. Traits distinctifs. La couleur qui distingue l'oiseau adulte est décrite plus haut. Le jeune Oiseau, tout blanc, r: semble bes..coup au petit héron de la Louisiane, Mais peut s'en distinguer par les pattes jaunes verdâtre et par les pointes bleu d'ardoise des primaires,
Nid. Niche par groupes, nids faits de buchettes dans les buissons ou sur les arbres au-dessus de l'eau.
Hatitat. L'Amérique tropicale. Couve dans les Etats du Sud et du Golfe. Sa présence au Canada est purement accidentelle. On voit rarement au Canada des oiseaux ayant le plumage
de l'âge adulte. .Les jeunes oiseaux sont les seuls qui soient susceptibles de s'égarer dans l'intérieur de nos frontières.
valeur économique. Trop rares au Canada Pour avoir aucune importance économique,
201. Le Héron vert. (GREEN HERON) Butorides virescens. L, 17. C'est le plus petit des hérons ordinaires. Le dos est d’un vert grisâtre brillant avec de courtes pennes, areilles aux plumes, et recouvrent les ailes. La ace, les côtés du cou, et la gorge, aussi bi que les À pers, sont d’un riche marron. La tête a une Calotte noire qui s’allonge en une petite huppe.
Traits distinctifs. La description qui précède peut ressembler à celles de le dernière espèce, mais le vert brillant si visible du dos, l'absence des plumes du cou, la taille plus petite et la charpente plus lourde empêchent de les confondre sérieuseme it. C'est ici, d'ailleurs, une espèce commune dans son territoire propre, et celle qu'on est assez sûr de rcncontrer dans la région des grands lacs. Toute autre espèce qui pourrait lui être compare ble est très rare.
Indications sur Le terrain. Taille et coloration générale.
Nid. Solitaire et non Par groupes, léger et ouvert fait de branches dans des buissons ou sur des arbres d'habitude au-dessus de l'eau.
Habitat. Pas très commun dans le sud de l'Ontario, mais rare à l'est. 2 rencontre au ('anada,
SOUS-ESPÈCE. Le héron vert forme des sous-espèces, vert du nord, est la seule espèce qu'on rencontre au Canada.
Couve partout où on
mais le type, c'est-à-dire le héron
Le héron vert n’est Pas aussi porté à s’aventurer en pleine eau que l’est le grand héron bleu, ni dans les marécages herbeux, comme le butor. Les balliers d’aune en terrains inondés, les bords buissonneux de paisibles ruisselets, les mares où s'attardent des courants endormis, les prairies où séjournent les castors, sont l'habitat préféré de ces hérons. Ils airrent la solitude plus que ne font les autres hérons au temps de la couvaison et, bien que plusieurs couples puissent occuper une localité particulièrement favorisée,
c'est la communauté d'intérêts et non l'instinct de la sccaabili:é qui les fait se réunir.
Valeur économique. La nourriture du héron vert se compose d’écrevisses, d'insectes, de grenouilles et de fretin. On l’a accusé d’être nuisible à certains poissons, mais comme l'oiseau est petit et relativement rare, et comme les parages d'eaux dormantes qu'il fréquente d’habitua ue le mettent
Pas en contact avec beaucoup d’espèces importantes, on ne peut pas le considérer comme une menace bien sérieuse.
202. Le Héron de nuit. (BLACK-CROWNED NIGHT HERON) Nyc'corar nycticoraz. L, 24. Plus petit que les grands bleus et plus grand que les hérons verts, "lus semblable au butor comme taille. Le plumage de l'oiseau adulte est reconnaissable à première vue. Le corps est blanc, à ombres légères avec des teintes de gris clair. Le dos et la couronne sont noirs; de celle-ci tombent une ou deux plumes longues, fines, en forme de pinceau.
Le jeune oiseau a une apparence tout à fait différente, il a des raies brun grisâtre sur un fond blanchâtre.
Traits distinctife. L'individu adulte est caractéristique. Le jeune peut, à un coup d'oeil hâtif paraître ressembler au butor, mais il manque absolument de toute nuance bien jaune et le dessin
très simple de la coloration est très différente du schéma de couleur très compliqué et finement vermiculé de cet oiseau.
Nid. Souvent en société avec le grand héron bleu, nid fait ordinairement avec des buchettes sur des arbres, quelquefois sur le sol.
Habitat. Le héron de nuit est un oiseau dont l'habitat est irrégulier et local; on le rencontre dans l’est de l'Ontario, l'ouest de Québec et du Manit: a, en colonies occasionnelles. Dans l'Ontario, depuis Kingston vers l'ouest, il est très rare; n:.me dans la péninsule ouest de l'Ontario il est peu fréquent.
SOUS-ESPÈCE. Le héron de nuit se rencontre dans les deux hémisphères (est et ouest). L'oiseau du nouveau mcnde, appelé le héron de nuit d'Amérique, N.n.noevius, est une sous-espèce distincte de celle de l’ancien monde.
C'est un héron d’une charpente plutôt lourde et qui, quoique non sans beauté ni sans grâce, n’a pas les lignes fines et élancées de la plupart des hérons et ressemble aux butors par sa charpente. Ses habitudes sont une combinaison de celle du grand héron et de celle du héron vert.
Le héron de nuit jaune Nyctanassa violacea, se rencontre aussi au Canada, mais trop rarement pour qu'il en soit dit davantage. L'individu adulte est en général un oiseau couleur gris d’ardoise, finement rayé de noir sur le dos, et dont la tête est très distinctement noire et blanche. Le jeune héron est si semblable au héron noir qu'on l'en distingue difficilement, mais sa tête est plus foncée que le dos, et il n’y a pas trace de brun rougeâtre sur les primaires, ce qu’une minutieuse inspection fait voir sur le jeune héron de nuit qui est noir. Les jeunes hérons de nuit jaunes ne devraient être signalés au Canada qu'avec précaution.
Valeur économique. Sa nourriture est semblable à celle du héron vert et son importance économique à peu près identique.
Ordre —Paludicolæ. Oiseaux de marais.
Description générale. C'est un ordre assez mal délimité: il comprend un certain nombre de familles d'oiseaux qui marchent habituellement dans l'eau et qui ne peuvent être assignés ni à la famille des hérons ni à celle des oiseaux de rivage, quoique ressemblant superficiellement à l'une et à l'autre. Ce sont des oiseaux qui ont quatre longs doigts bien développés, sans membranes, et avec des pattes bien faites pour marcher dans l'eau. On les ne définit que par la description des sous-familles. L'espèce canadienne se divise en deux sous-ordres: les grues, qui comprennent en outre les courlans, etc., et les Ralli (râles) qui comprennent en outre les gallinules et les foulques. Du sous-ordre des grues il n'y a au Canada que les gruidés, les grues proprement dites.