‹ Les oiseaux de l'est du Canada [microforme]Chapitre 50 sur 102 · FAMILLE—COLUMBIDAE. PIGEONS VÉRITABLES ET COLOMBES · texte numérisé non relu

FAMILLE—COLUMBIDAE. PIGEONS VÉRITABLES ET COLOMBES

On peut dire d'une façon générale que les pigeons et les colombes ressemblent, quant au profil et aux habitudes, à notre race domestique. Leurs caractères sont plus faciles à reconnaître qu'à décrire. C'est surtout à leur bec qu'on peut les reconnaître. Il est dur et corné à la pointe, laquelle S'élargit très légèrement, et il est pourvu, à la base, d’une membrane molle légèrement renflée dans | duelle s'ouvrent les narines (figure 35, p.26). Les pattes et les pieds sont faibles, ne pouvant servir qu'à marcher sur une petite étendue plane où pour simplement se percher. Nos pigeons domestiques ordinaires qui descendent du Biset d'Europe présentent tous les caractères les plus distinctifs de cette famille. Il n'existe aucune différence reconnaissable où taxonomique entre ce qu'on appelle les pigeons et les colombes,

315. Le Pigeon voyageur. (PASSENGER PIGEON). Ectopistes migratorius. L. 16.29. Planche XIA.

Indications sur le terrain. Cette espèce 6tant maintenant tout à fait éteinte, toute indication serait inutile,

\id. Les pigeons voyageurs se Construisaient un nid grossier de branchettes dans les arbres et nichaient par bandes.

Habitat. Cet oiseau couvait dans les sections boisées de la majeure partie du Canada à l'est des montagnes et au sud jusqu'aux Etats du Centre, et hivernait dans les Etats du Sud et au delà.

Les immenses troupes de pigeons Voyageurs qui autrefois obscurcissaient le ciel étaient l'une des merveilles de l'Amérique, Si les descriptions de leur nombre n'étaient accompagnées de témoignages détaillés, rapportés par des personnes absolument dignes de foi. elles sembleraient purement fantaisistes: des troupes, tellement compactes qu'un coup de fusil au hasard en aurait abattu des quantités, voyageaient avec rapidité, formant un front de plusieurs milles de largeur sur une longueur telle qu'il fallait des heures pour les voir passer, Audubon estime qu'une seule de ces troupes renfermait au delà d'un milliard d'oiseaux, en basant ce chiffre sur la densité et l'étendue du groupement et non sur une simple conjecture, HS couvaient dans de denses refuges à corbeaux où leur poids brisait souvent les arbres de la forét. On coupait les arbres qui renfermaient leurs nids et bien que chaque nid ne contint qu'un seul pigeonneau, il v en avait tellement que l'on fit venir des cochons pour les leur donner en pâture, Plus tard les oiseleurs de profession les prenaient au filet et les expédiaient par pleins wagons aux divers centres de population. On comprendra que même ces immenses troupes de pigeons voyageurs ne purent pas résister à de pareilles attaques et graduellement il ont diminué. Il a été question de mettre un terme à ce massacre à cette époque mais ces démarches n'ont fait que provoquer des risées. L'on disait que leur nombre était inépuisable, mais aujourd'hui l'espèce est éteinte et le dernier survivant, Un oiseau captif, est mort il y a peu de temps à Cincinnati, Leur dernier grand ralliement fut près de Petosley, Mich. A l'automne de ISYS les pigeons sont repartis sans toutefois revenir en nombre exploitable le printemps suivant. Pendant quelques années, par la suite, on en a aperçu parfois de petits troupeaux et quelques ralliements isolés furent signalés, mais comme les oiseleurs ont suivi chaque cas de très près, il est devenu évident qu'il n'y avait plus rien à faire pour les chasseurs de pigeons. Ces oiseaux devinrent ensuite de plus en plus rares tous les ans jusqu’à ce que finalement on n'en ait plus aperçu du tout. Il y à méme encore parfois des rumeurs que des bande sont été vues en des endroits éloignés dans les montagnes occidentales du Mexique ou de l'Amérique du Sud et autre part, mais dans chaque cas, les recherches ont démontré qu'il s'agissait d'autres espèces où qu'on avait été mal informé. Pendant plusieurs années une forte récompense a été offerte à quiconque signalerait un couple reproducteur, [Il va sans dire que la personne qui à offert la récompense à été inondée de lettres mais aucun des cas signalés n'a fait rien découvrir et la récompense n’a pas été gagnée; finalement cet offre à été retiré. Dans l'Est, c’est ordinairement Îa tourterelle de la Caroline que l'on prenait pour le pigeon voyageur et, dans l'Ouest, je pigeon à queue rayée. Même encore de temps en temps on entend certaines personnes raconter avee tous les détails qu'ils ont vu cet oiseau dans leur enfance, mais il n’est guère douteux que l'espèce est éteinte,

316, La Tourterelle de la Caroline. (MOURNING DOVE), Zenaidura macroura. L. 11:85. Planche XIA.

Traits distinctifs. Plus petite et d'un fauve plus brunâtre que le pigeon voyageur, sans le rouge caractéristique sur la poitrine ni le bleu sur le dos: porte une petite tache noire eur le côté du cou au-dessus de l'oreille. Ne saurait être confondue qu'avec l'espèce précédente

Nid. Le tourterelle de la Caroline se bâtit une simple plate-forme de b ettes dans les bran-

ches intérieures des arbres ou les parties supérieures des buissons, Elle niche solitaire ment et non par bandes.

Habitat. Elle couve sur les frontières méridionales de l'est du Canada et hiverne sur place danse les parties les plus méridionales et dans les Etats immédiatement au sud de lu frontière jusqu'aux tropiques.

SOUS-ESPÈCE. La tourterelle plaintive (Mourning dove) qui habite la m \jeure partie de l'Amérique du Nord est bien la tourterelle de la Caroline, Z. m. caro! nenas, et C'est la seule sous espèce généralement reconnue comme apparaissant au Canada. L'oiseau type dépasse habituelle ment les limites de son habitat.

Bien que le pigeon voyageur ait complètement disparu, la tourterelle de la Caroline existe encore et il est probable que le nombre en ü considérablement augmenté depuis que l'on déboise Le pays. Les régimes d'alimentation de ces deux oiseaux se ressemblaient beaucoup sauf quant à la proportion des divers éléments de nourriture. La tourterelle de ln Carohne mange facilement des fruits d'arbres forestiers Mais COUX-6i constituaient l'aliment principal du pigeon lequel était done plutôt un oiseau forestier. La tourterelle de la Caroline a des habitudes plus solitaire et se rencontre rarement par bandes. Elle couve tout à fait seule. Cest probablement ee qui a le plus contribué à conserver l'espèce alors que son congénère de plus forte taille n'a pas survéeu. La maladie ne pouvait pas se propager parmi ces oiseaux aussi complètement et toute autre calamité affectant les individus ou les petits groupements n'englobait pas toute l'espèce. Dans plusieurs sections, la tourterelle est considérée comme un oiseau-gibier, mais la loi de chasse ne la reconnait pas ordinairement comme tel. 1 S'en tue cependant de grands nombres accessoirement aux autres chasses, malgré qu'elle soit protégée par la loi, et l’on ne peut pas dire que la vie de cet oiseau ne soit pas toujours exposée, C'est cependant une race forte et elle ne court en ce moment que peu de danger.

Son long eri plaintif «O-woc-woe-woe» est très connu et c'est ce qui lui a valu son nom anglais de « Mourning Dove». C'est un son très bizarre comme celui que l'on obtient en soufflant légèrement dans le goulot d'une bouteille vide.

Valeur économique. —Bien que se nourrissant surtout des fruits d'arbres forestiers (glands, châtaignes et autres fruits semblables à l'écorce tendre), elle mange très bien le grain et aussi passablement d'insectes. Le grain qu'elle mange se compose en grande partie de déchets et la sem nee bien plantée et recouverte ne peut avoir à en souffrir, car elle ne gratte Jamais la terre. On ne peut lui reprocher aucun dommage aux récoltes qui ne soit facile à prévenir et le bien qu'elle fait est manifeste.

Ordres--Raptores. Oiseaux de proie.

Description générale, Ce sont des oiseaux Mmangeurs de poissons avec quatre doigts bien developpés (figures 31 et 32, p.25), armés de griffes puissantes et crochues pour saisir et retenir leur proie. Le bec est recourbé (figures 30, 33A et Bet 34, p.25 et 26) et la base en est revêtue d'une membrane molle ou cire au sein d° laquelle sont situées les narines. Les oiseaux de proie diffèrent des autres en ce que les femelles sont de beaucoup plus forte taille que les mâles, ce qu'il faut prouablement attribuer aux plus grands efforts qu'elle doit faire pour nourrir ses petits: comme ce travail exige de la force, de la pesanteur et de l'endurance plutôt que de la finesse et de la dextérité, la femelle possède ces qualités à un plus haut degré que le mâle lequel, bien qu'il puisse porter secours à sa compagne, n’a pas la responsabilité finale d'élever la famille.

Habitat. Les rapaces sont distribués par tout le monde sauf dans le continent antarctique où ils sont remplacés par les stercoraires, mouettes et autres rapaces de la mer,

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