LE PLAN DE L'OUVRAGE
L’arrangement systématique (voir Classification p. 5 et la nomenclature p. 8)dont on s’est servi est celui du catalogue complet de l'Union des Ornithologistes américains, 3ème édition, 1910. Bien qu'il soit reconnu que cette classification est quelque peu imparfaite et que les détails en sont donnés à titre d’essai, c’est cependant celle sur laquelle est basée 1n plus grande partie de l£ ‘ittérature américaine récemment parue au sujet des oiseaux et qui est d’un usage général dans l’Amérique du N ord.
En traitant le sujet des sous-espèces, on s’est départi de la méthode ordinaire pour en adopter une que l’auteur croit plus strictement conforme aux faits de la nature et aux vues modernes. Les espèces ont été traitées comme des assemblages de sous-espèces, chacune de rang et d'importance identiques, et non plus, ainsi que c’est la coutume, comme des espèces avec des sous-espèces subordonnées qui dépendent des premières. L'espèce est d’abord donnée comme un tout, comprenant ses races sous-spécifiques, et SOUS un sous-titre il est fait mention des Sous-espèces spéciales qui se présentent dans le cadre géographique de l'ouvrage. Iln'est résulté de cela aucune confusion, aucun changement, sauf dans l'emploi des noms dans la langue du Pays, où le lecteur trouvera quelques innovations apportées aux noms donnés et autorisés par l’Union des Ornithologistes américains. Dans la nomenclature scientifique la véritable importance des espèces relativement aux sous-espèces a été exprimée; mais les noms ordinaires n’ont pas, jusqu'ici, rendu cette idée de subordination, et c’est ce fait qui, dans bien des cas, a entraîné l'usage de termes sous-spécifiques définis alors que, selon la nature du cas, il était impossible d’en déterminer l'exactitude, ou malavisé de les reconnaître, C’est ninsi qu'il y a eu une tendance dans l'opinion tant populaire que scientifique à attacher une importance indue à ces petites défini-
tions. Pour corriger cet état de choses, certaines adaptations de noms vulgaires ont été nécessaires, mais on s’est écarté alors le moins possible de l'usage reçu. D’anciens termes ont été rétablis IA où c'était possible, mais comme les noms courants étaient aussi donnés, aucune confusion ne pouvait se produire. Dans quelques cas il a été nécessaire d'appliquer le nom sous-spécifique reconnu du type à l'espèce entière et d'en adopter un nouveau pour la forme ainsi dépouillée. En procédant de la sorte, il était bon qu'il se fit dans l'usage courant un changement aussi petit que possible et compatible avec le but en vue, C’est pour cela que, sauf quand de bonnes raisons S’Y Opposaient, le nouveau nom sous-spécifique se formait en faisant précéder d’un adjectif, le terme spécifique employé Jusque-là. Chaque changement apporté à l’usage en cours a été adopté d’après ses mérites propres. Quoiqu'il ne soit pas douteux que le principe de cette réforme ait sa raison d'être, la manière de l'appliquer a donné lieu à beaucoup de raisonnement, à de nombreuses communications avec d’autres gens, et à quelques hésitations dans des Cas particuliers.
L'alouette ordinaire est un exemple de ce problème. La sous-espèce type Olocoris alpestris alpestris, a généralement été connue comme étant l’alouette ordinaire, en dépit du fait que l’une quelecnque des quatorze autres races géographiques a autant de droit à ce nom et que c’est le seul nom pour l'espèce entière. La manière la plus simple c’est d'appeler la sous-espèce typique Otocoris alpestris alpestris (typique seulement en ce qu’elle est la première décrite, et non pas à cause de quelque supériorité, par la classification, sur d’autres formes) l’alouette ordinaire de l'Est, et d'appliquer le nom d’alouette ordinaire à la collection entière des sous-espèces du même ordre, en le faisant Synonyme du nom scientifique à deux termes Otocoris alpestris.
La pie-grièche migratrice offrait d’autres difficultés. La manière logique de procéder consisterait à dénommer l'espèce entière la pie-grièche de Louisiane, d’après son nom scientifique de ludovicianus. Mais ce serait introduire un nom peu familier que peu de Personnes reconnaîtraient. L’espèce a donc été appelée ici la pie-grièche, et l'oiseau du Canada oriental, le ‘‘loggerhead ” migrateur, dans l’idée qu’un terme géographique tel que méridional pourrait s'appliquer à la race type à laquelle l’appellation “‘“oggerhead” a jusqu'ici été restreinte.
Ce serait espérer beaucoup trop que de croire que ce résultat satisfera tout le monde; le présent auteur espère cependant qu'il sera accepté jusqu’au jour où le comité de l’Union des Ornithologistes américains sera saisi de la question et prendra des décisions qui feront autorité.
Dans les pages suivantes, le numéro et le nom, dans la langue du pays, aussi peu modifié que possible, ont été empruntés pour l'édition anglaise, à la nomenclature de l’Union des Ornithologistes américains. Pourla traduct'on française de ces noms, qui se présentent d’abord en caractères gras comme en-têtes spécifiques, on s’est guidé principalement sur l'excellent ouvrage de Dionne: ‘‘Les oiseaux de la province de Québec.” Le terme correspondant en anglais est alors indiqué, entre parenthèses, puis vient le nom spécifique latin en lettres italiques. Plusieurs des noms français ont été fournis par le Dr C. W. Townsend qui a des connaissances très grandes dans l'ornithologie des provinces de l'Est. Là où nous n'avons Pas pu trouver de noms français Correspondant à l'anglais, nous avors cru devoir donner entre guillemets la traduction littérale soit du nom anglais soit du nom latin.
Précédée de l'initiale “‘L° la longueur des individus de l'espèce est donnée ensuite en pouces et dixièmes de pouce. La longueur d’un oiseau est déterminée en mesurant le corps, en ligne droite, depuis la pointe du bec jusqu’au bout de la plus longue penne de la queue, l'oiseau étant étiré juste assez pour redresser les courbes du cou. Les mesurages donnés sont ceux du mâle adulte moyen et indiquent la taille relative de l'espèce dont il est question. Ils ne visent pas à une identification spécifique, vu que dans la plupart des espèces il y a plus ou moins de variations soit individuelles soit sexuelles,
On ne donne qu’une description succincte des espèces et 1à où il yades illustrations la description est omise et, à sa place, le lecteur est renvoyé à l'illustration.
Sous le titre de ‘‘Traits distincetifs,”” on a essayé de mettre en relief les points où les espèces, une fois dans la main, peuvent se distinguer d’autres formes semblables, et les travaux d’autres autorités ont été librement utilisés Pour compléter les observations du présent auteur. Plusieurs des points distinctifs ne sont naturellement que superficiels, mais ils sont tous, autant que possible, dignes de confiance.
Sous le titre de “Indications sur le terrain,” on fait allusion aux Caractères grâce auxquels les espèces peuvent se reconnaître dans la vie. À cet
Sous le titre de ‘Discussion, ” nous AVORS &isuté d’autres faits d’un intérêt général et relatifs aux espèces, selon que la place permettait d’en faire parmi les diverses espèces et recevables sous ce titre, de nombreuses questions sont discutées en même temps que sont énoncées les lois générales qui Bouvernent la vie du monde animal. Plusieurs de ces questions se rapportent à un grand nombre d'espèces, et plusieurs d’entre elles pourraient se répéter pour chaque espèce séparée, n’était-ce qu'il faudrait se résigner à de constantes répétitions. N ous avons essayé d'encourager, vis-à-vis des oiseaux, une attitude sainement protectrice au point de vue esthétique.
La rubrique ‘“Nid”’ ne comporte qu’une brève description du nid et de sa situation. Une bonne partie de ce sujet est tirée d’autres auteurs, surtout de l’inestimable “Handbook of Birds of Eastern North America”.
Sous le titre de “Valeur économique,”’ on donne un résumé des connaissances actuelles touchant les rapports des espèces avec l’homme. La inajeure partie de ce sujet est tirée de l’admirable ouvrage publié par le “Riological Survey” des Etats-Unis, Ce n’est forcément qu'un bref sommaire qui peut se donner ici des faits sur lesauels se fondent Jes conclusions, et le lecteur est renvoyé aux ouvrages d’ornithologie (P. 15) pour plus amples détails.
Sous le mot “Habitat” On à trouvé que le mieux était d'indiquer cet habitat des espèces en termes si généraux et si clairs que chacun pourra se faire une idée générale de l'habitat de chaque espèce, Le résultat pourra être un peu vague par suite du manque de frontières bien marquées pour les habitats, mais les centres de distribution sont clairement indiqués. Pour les habitats bien définis, le lecteur est renvoyé au “Catalogue des Oiseaux du Canada” par John et James M. Macoun, publié Par notre ministère en
Tout le long de ce travail on s'est appliqué à éviter l'usage des termes techniques en les remplaçant autant que possible par des termes bien connus. Quelques termes techniques, cependant, n'ont pas leurs correspondants dans le langage populaire, et l'on en a donné un vocabulaire à la page 231 pour l'usage de ceux qui ne les connaissent pas.