‹ Les oiseaux de la province de Québec [microforme]Chapitre 5 sur 92 · NE · texte numérisé non relu

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L'Ornithologie a pour objet 1 des Oiseaux ; elle embrasse cette grande catégorie du règne animal qui constitue la classe la plus considérable en espèces parmi les animaux vertébrés. En effet, le nombre d’espèces d’Oiseaux connus s'élève maintenant à au moins treize mille.

L'Oiseau, par sor apparence extérieure et les caractères de son organisation, est très facile à reconnaître ; il suffit, en effet, d’une simple inspection pour le ranger immédiatement dans sa classe.

On définit ordinairement les Oiseaux, des animaux bipèdes, ovipares, À circulation et respiration doubles, et de plus, organisés pour le vol. Mais la meilleure définition que l’on en puisse donner, et la plus carac qu'ils ont la peau garnie de plumes.

L'Oiseau à l'extérieur offre ment dit, un cou, une tête, une queue, deux membres

antérieurs développés en ailes et deux autres postérieurs servant à la station terrestre. (2)

’étude et la Connaissance

téristique, c’est

un tronc ou corps propre-

(1) Les personnes qui désirent avoir une plus ample connais- Sance anatomique et phy :ologi

je ne mentionne ici, à bien dire, que les caractères de |” difièrent de ceux du

communs aux deux cl

La tête, quoique petite, est généralement proportionnée au volume du corps, et s’articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle, Le crâne, comme celui des Mammifères, se compose de plusieurs os; mais ils se soudent tous

Fig. 1. — Description d’un Oiseau.

1 Front ; 2 Couronne ; 3 Œil; 4 Occiput ; 5 Dos ; 6 Croupion ; 7 Queue ; 8 Couvertures intérieures de la queue ; 9 Rémiges ; 10 Tarse ; 11 Pouce ; 12 Doigts antérieurs ; 13 Abdomen ; 14 Couvertures des ailes ; 15 Poitrine ; 16 Gorge ; 17 Oreilles ; 18 Menton ; 19 Bec,

REMARQUE, — La longueur d’un oiseau se mesure depuis l'extrémité du bec à celle de la queue ; celle de l'aile, depuis sa courbure jusqu’à l'extrémité de la primaire la plus longue, et enfin, celle du bec, sur le sommet de la mandibule supérieure ou culmen, depuis la base, à l’origine des plumes, jusqu’à son extrémité, en tenant compte de la convexité de la matidibule. É

ensemble de très bonne heure, à l’exception de cette partie qui sert au mouvement des mâchoires. La face est extrêmement petite et occupée en grande partie par le bec qui est de forme très variée et de substance cornée. Le bec est formé de deux parties principales distinctes appelées mandibules, l'une supérieure et l’autre inférieure; le dessus de la mandibule supérieure, sur la ligne médiane,

depuis la base jusqu'à l'extrémité, se nomme cv/men. Sous la mandibule inférieure il existe une protubérance ou angle plus ou moins développé qui se nomme ægonys. Dans les descriptions ornithologiques cette appellation s'étend depuis cet endroit jusqu’au bout de la mandibule. Le point de jonction des mandibules à leur base se nomme commissure; d'ordinaire elle s'étend à toute la longueur du bec. Les bords des mandibules ou la païtie tranchante, se nomment lomium. Enfin on appelle lorums, l'espace qui est compris entre le bec et l'œil. Le bec sert à l’Oiseau d’organe de préhension. La mandibule supéi.eure, qui est unie au front et dans laquelle sont percées les narines, offre peu de mobilité, mais l’inférieure s'articule facilement.

Le cou, presque toujours en rapport avec la longueur des pattes, se compose d’un grand nombre de vertèbres disposées les unes à la suite des autres et très mobiles dans leurs articulations, de sorte que l’Iiseau a la faculté de le reployer sur la partie supérieure du corps et de retourner la tête en arrière.

Les vertèbres dorsales sont soudées les unes aux autres et sont complètement immobiles, excepté près du coccyx, afin de permettre les mouvements de la queue,

Le sternum auquel s’attachent les muscles abaisseurs et releveurs de l’aile, est très développé et ossifié sur toute son étendue, et, pour donner plus de puissance à ces muscles, il présente dans son milieu une crête saillante en forme de carène, appelée bréchet. Les côtes, au nombre de sept à onze, sont osseuses sur toute leur longueur.

Les membres antérieurs, conformés pour le vol, sont munis d’une double clavicule dont l’une se nomme os caracoïdien ; ils offrent un 4umérus qui forine le bras, un avantbras et une main allongée qui montre un doigt et les vestiges de deux autres; ils portent sur toute leur longueur ane rangée de pennes élastiques et immobiles afin qu’elles

aient la force nécessaire pour supporter le poids de l'Oiseau. Les membres postérieurs sont spécialement destinés à la progression terrestre. Ils se composent d’un Jféemur pour la cuisse, d’une roule libre pour le genou, d'un “ba et d’un féroné pour la jambe ; le tarse et le métatarse y sont représentés par un seul os, toujours désigné sous le nom peu de tarse, et terminé par trois ou ' quatre doigts munis d'ongles. Les tendons des muscles fléchisseurs des doigts sont disposés de telle sorte que le simple poids du corps de l'oiseau les fléchit et leur fait serrer mécaniquement la branche sur laquelle ils se posent. C'est pour cela que l'oiseau peut dormir perché, en conservant son équilibre.

Fig. 2. Tarses et doigts. a Tarse réticulé ; à Tarse et doigts scutellés

en avant ; 1 Pouce ou 1er doigt, toujours situé postérieurement ; 2 Doigt antérieur interne ou 2e doigt; 3 Doigt ant, médian ou 3e doigt; 4 Doigt ant, externe ou 4e doigt.

La peau se recouvre de plumes implantées d’arrière en avant; ces téguments analogues au poil des Mammifères, mais d’unesstructure plus compliquée, sont formés d’un tube corné ouvert à l'extrémité, et d'une tige ou tuyau, garni sur les côtés de barbes qui elles-mêmes se ramifient en barbules. Les grandes plumes des ailes et de la queue se nomment penues ; celles de cette dernière sont aussi désignées sous le nom de rec/rices, et celles des ailes portent encore le nom de rémiges. Parmi les rémiges, on appelle 2: imaires les pennes, qui adhèrent à la main et qui sont les plus longues ; secondaires celles qui tiennent à l'avant-bras, et tertiaires celles qui naissent à l’humérus. Les rangées de plumes qui recouvrent le bras et la base des rectrices sont

tellés antéant,

een res, tube arni baromes core natplus , et s de sont

appelées couvertures ou tectrices; elles prennent aussi le nom d: scapulaires sur les épaules,

Les plumes se renouvellent à des époques déterminées, c'est ce qu’on appelle la wwe, et leur succession amène quelquefois de grands changements dans leurs teintes, Le plumage des inâles offre presque toujours des couleurs plus vives que celui des femelles. Chez quelques espèces, le plumage d'hiver diffère entièrement de celui d'été; chez quelques autres et particulièrement chez les Oiseaux de proie, la différence des jeunes et des adultes offre des variétés telles que souvent elles font croire à des individus d'espèces différentes. Le plumage des Oiseaux aquatiques est serré et enduit d’un liquide huileux qui le rend impénétrable à l’eau.

Le sens du toucher chez les Oiseaux est presque nul, car leur corps est recouvert de plumes; leur bec, leurs doigts et leurs jambes, vu la matière cornée qui les enveloppe, sont à peu près dépourvus de sensibilité.

Leur goût est peu développé, puisque la langue est dure et cartilagineuse, et que la plupart avalent leur nourriture sans la mâcher et souvent sans la diviser.

* Le sens de l’odorat est très faible ; l'appareil olfactif se montre par deux petites ouvertures placées à la partie supérieure du bec. Cependant les espèces carnassières paraisseni avoir l’odorat très fin, surtout les Vautours qui éventent de fort loin les cadavres. Cette assertion est toutefois contredite par quelques naturalistes qui prétendent que c’est la vue qui les guide dans la recherche de leur nourriture.

L'œil de l’Oiseau est admirable ; il est grand et disposé de manière à pouvoir distinguer également bien les objets de loin et de près ; il existe chez lui un petit appareil nommé peigne, qui manque chez les Mammifères, et qui semble être destiné à approprier l'organe de la vue aux distances.

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ét herbe

Outre les deux Paupières ordinaires, une troisième, demi. transparente,est placée dans l'angle intérieur et peut s'étendre Comme un rideau au-devant de la cornée ; elle se nomme membrane c/gnotante et sert à atténuer la trop grande intensité des rayons lumineux.

Le sens de l’ouie est moins compliqué que celui des Mamimifères ; l'oreille n'offre à l'extérieur qu'une ouverture sans conique pour réunir et concentrer les sons ; cependant les Oiseaux de nuit ont une valvule membraneuse qui semble tenir lieu de conque.

L'organe respiratoire offre une conformation toute particulière, Les Poumons, simples, adhérents aux côtes et aux vertèbres dorsales, sont enveloppés d'une membrane percée de trous, qui laisse pénétrer l'air dans plusieurs cavités placées dans la Poitrine, le col, l'abdomen, les os longs et même à l’intérieur des plumes, de sorte que l'Oiseau est tout imprégné d'air. Aussi il a été constaté que l'Oiseau consomme deux fois et demie plus d’oxigène qu'un Mammifère d'égal volume; l'air en le traversant de part en part diminue de beaucoup la pesanteur spécifique de son corps, ce qui lui permet de s'élever et de planer avec aisance dans les airs.

La circulation est double chez l'Oiseau et n’a rien de bien remarquable ; le cœur offre deux ventricules et deux oreillettes. Le Sang est rouge et plus riche en globules que celui des Mammifères ; il circule avec une telle vitesse que le pouls compte jusqu’à 110 et 160 coups à la minute ; c’est ce qui assure à l'Oiseau le degré de chaleur nécessaire pour résister aux plus grands froids.

Le régime des Oiseaux varie ; les uns sont granivores, les autres Carnassiers, et un grand nombre se nourrissent d'insectes ou de baies ; tout, dans leur organisation, dénote leurs habitudes, de sorte qu’à la vue d’un oiseau, il est facile

de connaître la nourriture dont il fait usage. Leur esto-

mac est ordinairement composé de trois parties : le Ja, qui est un renflement de l'æsophage, est un réservoir où s’accumule la nourriture ÿ le sentricule succenturit ou deuxième dilatation de l'æsophage, où les aliments s'imbibent de l'humeur secrétée par les glandes nombreuses qui le garnissent ; enfin le £ésier, tapissé À l’intérieur d'un cartilage solide et armé de deux muscles vigoureux, destinés À broyer les aliments chez les espèces qui se nourrissent de substances dures et difficiles À digérer. Pour en faciliter la tiituration, l'Oiseau, chez les granivores surtout, a soin d’avaler de petites pierres en même temps que sa nourriture. Chez ceux qui vivent de chair, les muscles du gésier sont minces et membraneux.

L'intestin qui fait suite À l'estomac, est court et se divise en intestin gros et en intestin grêle, dans lequel les aliments, après s'être dépouillés de leurs sucs nutritifs, se mêlent aux urines et sont expulsés avec elles par le cloaque, espèce de poche commune aux matières fécales,

Le foie est très volumineux et remplit une partie du

thorax, aussi bien que la partie supérieure de l'abdomen.

Au-dessus du coccyx, il existe deux glandes qui secrètent une humeur huileuse, dont l'Oiseau se sert pour lubrifier ses plumes et les empêcher d’être pénétrées par l’eau. Ces glandes sont plus développées chez les Palmipèdes et chez ceux qui vont souvent à l'eau.

On sait que la voix des Oiseaux est très forte, comparativement à leur taille; cette propriété est due à la quantité d’air contenu dans le corps de l'animal et à Ja disposition de l’appareil vocal. Le canal aérien se compose de deux larynx: l’un supérieur, qui surmonte la trachée-artère, est fort simple et patticipe peu À la production de la voix, puisque les organes essentiels ou cordes vocales manquent et que les cartilages sont rudimentaires ; le larynx inférieur, au contraire, est placé à la bifurcation des bronches et est

admirablement constitué pour la production des sons: la partie supérieure de chaque bronche porte deux membranes ou cordes vocales que peuvent tendre des muscles d’autant plus nombreux que l’Oiseau est meilleur chanteur. 11 en existe cinq paires chez les Pinsons et les Fauvettes Ces muscles sont rudimentaires ou en nombre inférieur chez ceux qui ne chantent pas.

Le nid des Oiseaux chez les grandes espèces est en général, de structure grossière ; quelques branches d'arbres forment la charpente extérieure sur laquelle ils ajoutent un peu d’herbe, quelques feuilles où de la mousse ; tandis que chez ceux de petite taille, sa construction est une vraie merveille, À part quelques exceptions, C'est particulièrement dans les Passereaux que brille la prévoyance des Parents pour assurer à leur progéniture un berceau solide, chaud et moelleux. Aussi quelle activité ne déploient-ils pas! Que de voyages, que de fatigue pour accumuler ces légers matériaux qui doivent servir à la confection du nid ! Petites racines, tiges flexibles, herbes, filaments cotonneux, mousse et quelquefois la boue, tout vient tour à tour s'y ajuster avec un art admirable ; l’ensemble est parfaitement consolidé, chez certaines espèces, avec la salive que secrètent en abondance au printemps de petites glandes situées sous la langue. Ce nid est tapissé à l’intérieur de laine, de crins et de plumes.

Quelquefois leurs nids sont construits À terre ; mais le plus souvent, ils sont liés solidement à la bifurcation d’une branche d'arbre, et dissimulés sous les feuilles. La plupart des Échassiers, des Gallinacés et des Palmipèdes font leurs nids À terre, dans une dépression de terrain on une anfractuosité de rocher ; quelques brins d'herbes, de petites racines et de feuilles sèches leur suffisent alors pour en garnir le fond. Cependant certaines espèces aquatiques se déplument l’abdomen pour préparer le berceau de leurs jeunes, mais il en

est d'autres qui déposent leurs œufs simplement sur la terre nue sans aucune préparation préalable.

La ponte à lieu aussitôt que le nid est terminé. Un grand nombre n'en font qu'une dans l’année, d'autres en font deux et même trois, mais ce dernier cas est rare. L'époque de la ponte varie suivant les latitudes chez les mêmes espèces ; elle est plus précoce dans le sud et plus tardive dans le nord. Sous notre latitude, elle s'effectue entre la mi-mai et la première partie de juillet, sauf quelques exceptions.

Le nombre d'œufs varie beaucoup suivant les espèces ; ainsi certains palmipèdes n'en pondent qu’un, l'Oiseau-mouche deux, rarement trois, tandis que le Troglodyte en pond jusqu’à huit à dix, et les Gallinacés de quinze à vingt.

Un certain degré de chaleur est nécessaire à l'éclosion des œufs; pour cela la mère les recouvre de son corps pendant plusieurs jours consécutifs, et, afin qu'ils aient plus de chaleur, elle se déplume l'abdomen. Durant cette période, chez les espèces Monogames, le mâle lui apporte sa nourriture ou Partage avec elle les soins de l’incubation et, chez les chanteurs, il se Pose souvent sur une branche à proximité du uid, et il distrait Par son chant, les ennuis de sa compagne. La durée de l'incubation n’est pas la même pour tous les Oiseaux : ainsi, pour l'Oiseau-mouche, elle est de douze jours seulement; pour les Serins, de quinze à dix-huit jours ; de vingt-et-un jours pour les Poules; de vingt-cinq jours pour les Canards, et de quarante à quarante cinq jours pour les Cygnes.

Le moment de l’éclosion est hâté par les efforts du petit qui brise l'enveloppe de sa prison, à l’aide d'un marteau dont son bec est provisoirement armé.

Dans les espèces monogames, les petits naissent faibles et peu couverts de duvet ; leurs parents les nourrissent dans le nid jusqu’à ce qu’ils soient en état de pourvoir eux-mêmes À leur subsistance. Chez Jes espèces polygames, au con-

traire, les petits naissent ccuverts de duvet, et sont assez forts pour courir et prendre les graines que la mère leur montre du bec ; de plus, la femelle seule couve, pourvoit À sa propre nourriture et À l'éducation des jeunes,

Les Oiseaux montrent une rare sollicitude pour leurs petits et les défendent contre les agresseurs au péril même de leur vie.

L'affection des lieux chez certaines espèces d'oiseaux est digne de remarque, et s'ils ne sont molestés, ils reviennent pendant plusieurs années consécutives, faire leur ponte dans le même nid.

L'instinct chez l'Oiseau est très borné, cependant la plupart n'en sont pas moins remarquables par la singularité des actes qu'ils accomplissent. Ainsi nous voyons, au Printemps, le jeune Oiseau se construire instinctivement et avec les mêmes matériaux, un nid absoïument semblable à celui dans lequel il est né, etqu’il n'a peut-être jamais revu après l'avoir quitté, Cette paiticularité, comme bien d’autres, est tellement remarquable pour tous ceux de la même espèce, que, dans les mêmes circonstances, un œil un peu exercé peut, : l'examen d’un nid, reconnaître l’espèce qui l’a construit.

Mais il est dans les mœurs des Oiseaux quelque chose qui surprend, qui étonne davantage ; ce sont ces voyages périodiques qu'ils entreprennent à des époques déterminées de l’année; ces époques sont si précises pour la plupart, que nous pouvons spécifier la date de leur arrivée ou de leur départ. Cet instinct remarquable qui porte les Oiseaux à changer de climat, fait qu'ils évitent le froid et se procurent plus facilement la nourriture dont ils ont besoin. Mais il est cependant plusieurs espèces auxquelles ce déplacement ne paraît pas offrir d'amélioration notable, Les Oiseaux n'émigrent pas tous de la même manière : les uns voyagent par bandes considérables, les autres en familles,

quelques-uns même voyagent seuls. Presque tous exécutent ces migrations pendant la nuit; les uns se rendent d’une seule course À l'endroit qu'ils se choisissent; les autres, et c’est le plus grand nombre, ne voyagent que par petites étapes.

de la Province de Québec

Les Oiseaux de la province de Québec se divisent en

quinze ordres que l’on peut reconnaître aux caractères suivants :

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