‹ Les oiseaux de la province de Québec [microforme]Chapitre 54 sur 92 · SOUS-ORDRE CYPSELI—MARTINETS · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE CYPSELI—MARTINETS

Ailes longues et pointues : pieds extrêmement petits ; doigt médian pas sensiblement plus long que les doigts latéraux ; ongles non pectinés ; commissure sans soies perceptibles ; plumage uni. forme ; bec court ; secondaires plus de six,

FAMILLE MICROPODIDÆ—MarTINETS.

pectinés, Cette famille ne comprend dans notre faune, qu’un genre représenté par une seule espèce.

Ces oiseaux se nourrissent d'insectes ailés qu'ils capturent dans l'espace en volant, à la manière des Hirondelles.

Sous FAMILLE CHÆTURINÆ.

Tarses non emplumés : doi le nombre ordinaire de phalan ces terminée en pointe raide,

gt postérieur parfois versatile, avec ges ; queue courte ; tige des rectri-

Chætura pelagica, (LINN.) STEPHENS, 498, Le Martinet des cheminés.

CHIMNEY Swirr.

Adultes 29. Parties supérieures d'un brun de suie foncé, avec une légère teinte verdâtre : parties inférieures plus pâles, plutôt grisâtres antérieurement jailes noires, Longueur 4755.50; ailes 5.00 - 5.25,

ts

Le Martinét des cheminées, ou comme on l'appelle ordinairement Æ/irondelle des cheminées où Ramoneur, habite l'est de l'Amérique du Nord, à l'ouest jusqu'aux prairies, et niche depuis le golfe du Mexique jusqu’au Labrador et au pays des fourrures ; À l'automne, il émigre au sud, jusqu’au Mexique, et se montre commun sur presque toute cette étendue.

Il est commun À Montréal, à Québec, dans ses environs et dans presque toutes les paroisses sud du fleuve. M. Comeau dit qu’il est rare à Godbout, il est aussi assez rare À Anticosti, d’après le Dr Schmitt,

Le Martinet niche dans des cheminées abandonnées et dans celles où il n’y a point de fumée en été. Le nid est composé de petites branches sèches d'égale grosseur, que l'oiseau détache lui-même des arbres, qu’il entrelace et fixe entre elles avec une sorte de glue que secrètent en abondance au printemps, de petites glandes situées près de la langue; c'est également avec cette salive glutineuse qu’il fixe son nid aux parois intérieures de la cheminée. Le nid a l'apparence d’une petite plateforme semi-circulaire. Il pond de trois à cinq œufs blancs ; ils mesurent 0.75 x 0.50. La ponte a lieu en mai ou juin.

Avant les constructions de cheminées en Amérique, le Martinet plaçait son nid dans le tronc des arbres creux, ou dans une fissure de rocher, ce qu’il fait encore quelquefois, bien qu’il trouve plus commode de nicher à l’intérieur des premières.

Le Martinet, quoique commun encore aujourd’hui

* dans la ville, l’est cependant beaucoup moins qu’il ne l'était,

il y a plus d'une trentaine d'années. Cette diminution est probablement due à ce que, ne trouvant pas d’endroits suffisants pour y faire son nid, il a dû se choisir d’autres localités.

Il y avait autrefois au commencement de St-Sauveur, au pied du cap, une longue cheminée abandonnée, seul vestige resté debout d’une manufacture détruite par le feu, qui servait d'asile pour le moins à des centaines de Martinets ; il était vraiment intéressant de les voir, à la tombée du jour, de tous les points se diriger vers cette cheminée, y entrer, les uns à la suite des autres, se succédant sans in-

terruption jusqu'au dernier, De bonne heure le matin ils en sortaient dans le même ordre,

Le Martinet, à l'exemple des Hirondelles, sillonne l'air en tous sens, poursuivant les insectes ailés, son unique nourriture, jusque dans les hautes régions de l'atmosphère, émettant de temps à autre un petit cri entrecoupé et aigu; ses ailes très longues et raides lui permettent de se maintenir dans espace avec beaucoup de facilité, aussi passe. t-il, pour ainsi dire, la plus grande partie du jour au vol.

“ Le vol de cette hirondelle, dit Audubon, rappelle celui du martinet d'Europe; mais il est plus vif, quoique bien soutenu. C’est une succession de battements assez courts, si l'on en excepte pourtant la saison où l'heureux couple prélude aux amours: car on les voit alors comme nager tous les deux, les ailes immobiles, glissant dans les airs avec un petit gazouillement aigu, et la @ ne cessant de recevoir les caresses du 3. En d’autres temps, ils planent au large, à une grande hauteur, au-dessus des villes et des forêts ; puis, avec la saison humide, reviennent voler à ras du sol, et on les voit écumer l'eau pour boire et se baigner. Quand ils vont pour descendre dans un trou d'arbre ou une cheminée, leur vol, toujours rapide, s’interrompt brusquement comme par magie; en un instant ils s'abattent en tournoyant et produisent avec leurs ailes un tel bruit, qu'on croirait entendre dans la cheminée le roulement lointain du tonnerre. Jamais ils ne se posent sur les arbres ni sur le sol. Si l’on prend une de ces hirondelles et qu'on la mette par terre, elle fait de gauches efforts pour s'échapper et peut à peine se mouvoir. J'ai lieu de croire que parfois, la nuit, il arrive au parents de s'envoler et aux jeunes de prendre de la nourriture: car j'ai entendu le frou-frou d'ailes des premiers et les cris de reconnaissance des seconds, durant des nuits calmes et sereines.” (1)

Il nous arrive de bonne heure au printemps pour ne nous quitter qu’en septembre. Il est si sûr de la force de ses ailes et de la précision de son vol, qu’il boit et se baigne même en volant, comme le font les Hirondelles et les Engoulevents.

(1) Audubon. Traduct. de Bazin, Scènes de la Nat. dans les E U. Tom. 1er p. 256-57.

Sous-oRDRE TROCHILI—OiskAUx-MoucuEs.

Secondaires six ; bec aussi long ou plus long que la tête, délié, ouverture peu fendue ; plumage plus «1 noins À reflets métalliques.

FAMILLE TROCHILIDÆ-— 51 VoucuEs.

Bec ordinairement droit, lon, et 616 en toire dal neetsans échancrure ; langue longue et tri à : nnatres cix; pieds très petits ; ongles gros et recourbé

Cette famille, qui appartic: clusi nt à l'Amérique, comprend les oiscaux les | us comme les plus brillants en couleurs. ils sont rpiidne du nord au sud du continent, Mais l'endroic 6 ils + at le plus nombreux est vers l'équateur et particulièrement du: li Nouvelle- Grenade. On en compte actuell nn près de cinq cents espèces, dont une seule visite noux climat, pendant les chaudes journées de l'été,

Les Oiseaux-Mouches sont doués d'un vol rapide et peuvett se transporter d'un endroit À un autre avec la vitesse d’une flèche. Leur nourriture consiste en petits insectes qu’ils trouvent sur les fleurs, ainsi que du suc de ces dernières.

Genre TROCHILUS, Linné.

Ailes moins de deux pouces et quart de longueur; gorge chez le 3, rouge ou d'un pourpré métallique brillant,

SOUS-GENRE TROCHILUS.

Rectrices terminées en pointe, excepté les deux du centre ; celle du bord pas plus courte que les centrales, et pas plus étroites à la seconde ; sommet de la tête verdâtre, semblable au dos ou

‘une teinte foncée.

Trochilus colubris, Lixx. 428, Le Colibri à gorge rubis.

RUBY-THROATED HUMMINGBIRD.

Adulte 3. Parties supérieures d'un vert doré métallique ; ailes et queue d'un brun violet, cette dernière échancrée ; parties inférieures blanches, avec les côtés du corps verts ; gorge miroitant d'un rouge de rubis ; queue échancrée. Longueur 3.07 - 3.25 ; ailes 1.60 ; queue 1.25 ; bec 0.55-0 65.

La © a la gorge blanche, pointillée de brun et la queue arrondie au bout.

Les jeunes ressemblent à la ©.

Le Colibri habite l’est de l'Amérique septentrionale et,

l'ouest, jusqu'aux prairies ; il niche depuis la Floride,

jusqu’au Labrador ; à l'automne, il émigre au sud, jusqu’à Cuba et au Mexique,

nt Royal.

se montre accidentellement mit).

I1 pose son nid, pe une branche d'arbre d’ quelquefois plus ; il le neux ou avec l'écorce Aux parois extérieures de lichens, dont la t à la couleur de la b

Notre Colibri est le plus petit et le plus brillant de tous nos oiseaux, D'une extrême agilité, il semble ne point connaître le repos et voltige sans cesse d’une fleur à l’autre, Pour se nourrir du suc qu’elles renferment ou des petits insectes qui s’y trouvent, et qu'il retire avec sa langue extensible et filiforme. Doué d'une grande puissance dans le vol, comparativement à sa petite taille, il se transporte d’un endroit à un autre avec üne vitesse vraiment étonnante ; ses petites ailes se meuvent avec tant de rapidité qu’elles produisent même une espèce de bourdonnement lorsqu'il passe.

Cependant, quelq un jour, si embarrass

enveloppées et abimées Par ces toiles, qu'il serait sans doute mort d'épuisement ou de faim, si je ne l'avais retiré de sa mauvaise position.

Audubon, toujours intéressant dans ses belles descriptions de la nature animée, nous trace le tableau suivant de l’Oiseau-Mouche. ‘ Est-il un homme qui, voyant cette mignonne créature balancée sur ses petites ailes bourdonnantes, au sein des airs où elle est suspendue comme par magie, voltigeant d’une fleur à l'autre, d'un mouvement aussi gracieux qu’il est vif et léger, Poursuivant sa course d'un bout à l’autre de notre vaste continent, et produisant, partout où elle se montre, des ravissements toujours nouveaux ; est-il un homme, je vous le demande, cher lecteur, qui, ayant observé cette étincelante particule de l’arc-enciel, ne s'arrête pour adinirer et ne tourne à l'instant sa pensée pleine d’adoration vers le tout-puissant Créateur, vers celui dont chacun de nos pas nous découvre les merveilleux ouvrages, dont les conceptions sublimes nous sont manifestées de toutes parts dans son admirable système" de création? Non, sans doute, un tel être n'existe pas! Tous, Par un touchant effet de sa bonté, il nous a trop bien doués de ce sentiment si naturel et si noble—l’admiration.

‘Le soleil, revenant vers nous, n'a pas plutôt ramené le printemps et réveillé la vie dans ces millions de plantes qui vont épanouir feuilles et fleurs À ses fécondants rayons, qu’on voit s'avancer, sur ses ailes féeriques, le petit oiseaumouche, visitant avec amour chaque calice embaumé qui : s'entr'o;:vre, et, tel qu'un fleuriste soigneux, en retirant les insec*- \ont la présence, fatale aux éclatantes corolles, les eût bientôt fait se pencher languissantes et flétries. Se balançant dans l'air, on le voit plonger son œil attentif et brillant jusque dans leurs plus secrets replis, tandis que du bout de ses aîles, aux mouvements aériens, et qui vibrent si rapides et si légères, il évente et rafraîchit la fleur, sans en offenser la structure fragile, et produit un délicieux murmure, bien propre À bercer et engourdir les insectes qu'il endort. Alors, pour s'en emparer le moment est propice : l’oiseau-mouche introduit dans la coupe fleurie son bec long et délicat, projetant sa langue À double tube, d'une sensibilité exquise, et qu'imprègne une salive gluti-

neuse ; il en touche chaque insecte l’un après l’autre, et le retire de son lieu de répos, pour être aussitôt englouti. Tout cela se fait en un moment ; et l'oiseau, quand il quitte la fleur a si peu sucé de son miel liquide, qu’elle doit, je l'imagine, regarder ce larcin comme un bienfait, puisqu'il l'a délivrée, en même temps, des attaques de ses ennemis.

“ Les prairies, les champs, les vergers et même les plus profonds ombrages des forêts sont visités tour à tour; et partout le petit oiseau trouve plaisir et nourriture. La beauté de sa gorge, son éclat éblouissant, désespèrent véritabiement toute Comparaison : tantôt elle étincelle des reflets du feu, et l'instant d’après passe au noir de velours le plus foncé ; en dessus, son corps élégant resplendit d’un vert changeant, et quand il fend les airs, c’est avec une prestesse, une agilité qu'on ne peut concevoir ; quand il se meut d’une fleur à l’autre, en haut, en bas, à droite, à gauche, on dirait un rayon de lumière, C’est ainsi qu'il remonte jusqu'aux parties nord les plus reculées de notre pays, suivant avec grand soin les progrès de chaque saison, et se retirant avec non moins de précaution aux approches de l’automne.

“ Que ne puis-je, cher lecteur, vous faire partager les transports que j’ai éprouvés moi-même em épiant leurs évolutions que l'œil suit à peine, en contemplant leurs tendres manifestations, alors qu’en un couple charmant deux de ces délicieux petits êtres, vrais favoris de la nature, se donnant l’un à l’autre des preuves de leur mutuel amour ; que ne puis-je vous dire comment le mâle gonfle ses plumes et sa gorge, et semblant danser sur ses ailes, tourbillonne autour de sa femelle si délicate : avec quelle rapidité il pionge vers une fleur et revient le bec chargé, pour l'offrir à celle dont la possession est l'unique objet de ses désirs ; comime il semble plein d'extase lorsque ses caresses sont bien reçues ; comme il l'évente de se. petites ailes, ainsi qu’il évente les fleurs, et lui donne dans son bec l’insecte ou le miel qu’il n’a été chercher que pour lui plaire; comme ses attentions sont accueillies avec bonheur : comme bientôt après est sceliée l’heureuse union; comme le mâle alors redouble de courage et de soi ; Comme il ose même donner la chasse au gobe-mouche tyran, et ramener grand train

jusque chez eux le Martin et l'Oiseau bleu ; et comme enfin sur ses ailes retentissantes, il revient triomphant et joyeux, auprès de sa compagne chérie ! Lecteur, toutes ces marques de sincérité, de fidélité et de courage, preuves certaines pour la femelle des soins qu’il lui prodiguera pendant qu’elle couvera ses œufs, tout cela a été vu, tout cela je lai vu; mais je ne peux le peindre ni le décrire.

“S'il vous était donné de jeter seulement un regard sur le nid de l’oiseau-mouche et de voir, comme je l’ai vu, les deux jeunes nouvellement éclos, guère plus gros qu'un bourdon, nus, aveugles et si faibles qu’ils peuvent à peine lever leur petit bec pour recevoir la nourriture de leurs Parents ; s’il vous était donné de voir ces parents pleins de crainte et d'anxiété, passant et repassant à quelques pouces seulement de votre visage, allant se poser sur une branche que vous touchez presque de la main, et attendant avec tous les signes du plus violent désespoir, le résultat de votre inquiétante visite; ah! vous comprendriez l'angoisse profonde d'un père et d’une mère menacés de la mort imprévue d’un enfant bien-aimé! Et quel plaisir de voir, en vous retirant, l’espérance renaître au cœur des parents, lorsque, après avoir examiné le nid, ils trouvent que vous n'avez point touché à leurs nourrissons,” (1)

ORDRE PASSERES—PASSEREAUX.

Pieds courts où médiocres, de trois doigts en avant et un en arrière ; ce dernier, dont l'ongle est aussi long où plus long que celui du doigt médian, existe toujours, et ne se tourne pas de côté; doigt externe et médian unis à base ; jambes empiumées inférieurement ; tarses égaux ou plus longs que les doigts laté- Taux ; ongles grêles ét recourbés, mais non crochus.

L'Ordre des Passereaux est sans doute le plus considérable en espèces, et il renferme des oiseaux de petite et de moyenne taille, aux formes élégantes, aux mœurs fort douces, qui volent très bien, et dont la livrée, pour la plupart, est ornée de couleurs brillantes et variées.

Ils habitent les forêts, les buissons, les haies, les bocages, les vergers ou les champs. Les uns se tiennent

.(1) Audubon. Traduction de Bazin. Scènes de la Nature dans les Etats. Unis, ‘Tome Ier, PP. 97-101.

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Constamment sur les arbres, tandis que les autres se plaisent à marcher sur le sol; leur mode de progression s'exécute pour la plupart par de petits sauts. On rencontre parmi eux des chanteurs remarquables,

Ces Oiseaux se nourrissent graines, de baies, d’insectes, de larves, de vers, d'araignées, etc., quelques-uns de poissons et d'oiseaux. La plupart sont monogames et se construisent des nids, Presque toujours d'un travail admirable, avec des herbes sèches, de la laine, des tiges d'herbes, du duvet cotonneux ; ils les garnissent parfois À l’intérieur de crins, de plumes, etc.

Les petits naissent faibles et les parents les nourrissent pendant quelques temps dans le nid,

Cet ordre se divise en deux sous-ordres que l'on peut reconnaître aux caractères suivants :

Tarses cylindriques ou arrondis en arrière, entourés par une simple envelo

Cet CLAMATORES.

Tarses comprimés postérieurement, en forme de Ccarène efilée, ou bien l'onyle du pouce est droit et plus long que ce dernier ; la membrane qui enveloppe le tarse est divisée en deux on trois segments longitudinaux qui Peuvent se partager en segments transversaux, ou scutelles, ou se fondre en plaques continues, OSCINES,

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