‹ Les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 25 sur 32 · A M. NÉRÉE BEAUCHEMIN · texte numérisé non relu

A M. NÉRÉE BEAUCHEMIN

J'aime à gravir les monts sauvages, le matin, A l’heure harmonieuse et pleine de mystère Où le brouillard des nuits, rafraîchissant la terre,

Perle en bruines d’or au feuillage du thym.

Et si, du fond du val, quelque timbre argentin Soudain dans l’air sonore éclate solitaire,

Toutes les autres voix pour moi semblent se taire,

Et j'écoute ravi la chanson du lointain.

Poëte, ouvre ioyeux l’aile de ton génie, Chante ! ton chant si pur rompt la monotonie

Des vulgaires accents da grand concert banal ;

Et moi—dont le soleil à i’horizon décline, — Je veux monter souvent sur la sainte colline,

Pour entendre de loin ton refrain matinal !

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À Mme JEHIN-PRUME

Aux frais bonrdonnements des abeilles dorées,

Aux chants du rossignol se prolongeant sur l’eau,

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Aux confuses rumeurs des limp,des soirées,

Aux duos amoureux de l’onde et du roseau,

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A l'orchestre enivrant des brises éplorées LA

; | 14 Qui bercent des forêts l’harmonieux réseau, el

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M'as-tu pas dérobé ces notes inspirées till

Qui vibrent, Rosita, dans ton gosier d'oiseau ?

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Muis non, Ô douce artiste ! Ô belle charmeresse ! Des sons les plus divins la troupe enchanteresse

Devant tes fers accents a pâli mille fois ;

Car, vois-tu, quand la foule à ton chant suspendue, Frémit d'enthousiasme et t’acclame, éperdue,

C’est un ange du ciel qui chante par ta voix!

A CALIXA LAVALLÉE

Oui, berce-nous toujours dans des flots d’ha: monie, O piauiste ! la foule acclame ; et pour ma part, Même quand ta main court sur l’ivoire au hasard,

J'éprouve les frissons d’une ivresse infinie !

Mais quand ton poing bondit sur un clavier d'Erard,

En voyant tant de force à tant de grâce unie, Chacun sent que la Muse alluma ton génie

A l’immortel flambeau des grands maîtres de l’Art,

Fanfares du clairon, doux cri des hirondelles, Grondement du tonnerre ou bruissement d’ailes,

La nature à ton jeu prête ses mille voix.

Comme Litz et Thalberg, ces nouveaux Prométhées,

Tu sais donner une âme aux touches enchantées

Du royal instrument qui chante sous tes doigts !

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À Miss WINNIE HOWELLS

- Bravant dans ses rigueurs notre zone neigeuse, Tourterelle échappée à l’Orient vermeil, | jet Qui donc a dirigé ton aile voyageuse | À |

Vers nos pays du Nord oubliés du soleil ?

Toi dont Venise, au chant de sa lagune heureuse, Berça le premier rêve et le premier sommeil ! Quel caprice a conduit ta course aventureuse

Vers ces bords où l’été n’a qu’un tardif réveil ?

MAR" 7 Oh! je le sais, enfant ! A la plus pure flamme

Ton père, doux poëte, aïluma ta belle âme ;

Et, fier de nous montrer un cœur comme le tien,

Après avoir, —Ô barde à la voix sympathique !—

Chanté notre pays sur sa lyre exotique,

Il t'envoya vers nous pour faire aimer le sien !

ste ESPAGNE

n | AS. E. ze Cours pe Premto-Ré£at,

CoxsuL D’EsPAGxE À Quésxo

Charmant pays du Cid et de Don Diego, Espagnes, Aragon, Castille, Andalousie, Doux climats où les vents sont chargés d’ambroisie,

Sol qu’adora Musset, et que chanta Hugo :

Souvent, l’aigrette au front comme un noble hidalgo, Dans un nimbe vermeil, j'ai vu ma fantaisie Cueillir dans tes jardins la fleur de poésie,

Et sous tes balcons d’or danser le fier taugo.

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J'ai mainte fois erré dans tes vieux palais maures ; Je me suis endormi sous tes verts sycomores ;

J'ai vu, près du flot clair qui baigne tes coteaux,

La tzigane à l’œil noir laisser tomber son pagne ... Et, sous ton beau ciel bleu j’ai bâti cent châteaux

Merveilleux ; mais c'étaient des châteaux en Espagne!

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)agne !

Chez nous, un sentiment qui ne saurait périr, C’est l'amour du vieux sol qu’à bénir on s’obstine,

Du vieux sol poétique où chanta Lamartine,

} Sol maternel pour qui nous voudrions mourir !

Bon sang ne ment jamais ; bon sang ne peut tarir : La France! nous l’aimons d’ane ardeur enfantine ; Mais, après, elle, ami, vive sa sœur latine !

Nous l’admirions déjà : vous l'avez fait chérir.

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O vous, le noble enfant de la verte Hispanie, Nature chaleureuse, artiste de génie,

Vers vos frères, un jour, si vous portez vos pas,

Dites-leur qu’un grand vide est fait à votre place ;

Que nos âmes n’ont rien de nos plaines de glace,

Et que chez nous les cœurs sont chauds comme là-bas!

Pourqu Que le Comme

Ses lam

Bien lo M'attac Mais de S’échap

ce, A ALFRED GARNEAU à là-bas!

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Pourquoi chanter, ami, lorsque l’homme n’écoute

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