‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 14 sur 23 · EXILÉ · texte numérisé non relu

EXILÉ

Je vois ses palatins , son sénat à leur tête , Ses rois dans leurs châteaux saxons.

Sur notre sable fin, nos folles jeunes filles, Qui s'en vont voltigeant comme des papillons, Dansent la Mazurek , sa valse , ses quadrilles , Et tournent dans ses tourbillons.

LE CHOEUR

Pourquoi flétrir leur joie? A ton autel de pierre Ont-elles un Dimanche oublié leur prière, IVtarché sur le chemin du ciel en chancelant ? Qu'avaient-elles donc fait , les pauvres jeunes femmes , Vierge sainte? leurs fronts étaient purs , et leurs âmes Blanches comme ton voile blanc.

Mais j'aperçois des rois qui regardent nos plaines ;

Ils se disent : «Voilà des champs sous un beau ciel ,

Et des mines de fer, et de vastes domaines ,

De l'encens , de l'ambre et du miel. »

Ils s'élancent , patrie , ils brisent ta couronne ,

Ils mutilent ton corps , pèsent chaque lambeau ,

Font trois parts du cadavre , et chacun à son trône

En attache un sanglant morceau !

LE CHOEUR

Si tu l'avais voulu , comme un peu de poussière Tu les dispersais , Reine au palais de lumière , Qui mets pour diadème à ton front virginal Une auréole ardente , illuminant tes voiles ; Et qui prends au Seigneur ses plus riches étoiles , Pour broder ton manteau royal.

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