EXILÉ
Je vois ses palatins , son sénat à leur tête , Ses rois dans leurs châteaux saxons.
Sur notre sable fin, nos folles jeunes filles, Qui s'en vont voltigeant comme des papillons, Dansent la Mazurek , sa valse , ses quadrilles , Et tournent dans ses tourbillons.
LE CHOEUR
Pourquoi flétrir leur joie? A ton autel de pierre Ont-elles un Dimanche oublié leur prière, IVtarché sur le chemin du ciel en chancelant ? Qu'avaient-elles donc fait , les pauvres jeunes femmes , Vierge sainte? leurs fronts étaient purs , et leurs âmes Blanches comme ton voile blanc.
Mais j'aperçois des rois qui regardent nos plaines ;
Ils se disent : «Voilà des champs sous un beau ciel ,
Et des mines de fer, et de vastes domaines ,
De l'encens , de l'ambre et du miel. »
Ils s'élancent , patrie , ils brisent ta couronne ,
Ils mutilent ton corps , pèsent chaque lambeau ,
Font trois parts du cadavre , et chacun à son trône
En attache un sanglant morceau !
LE CHOEUR
Si tu l'avais voulu , comme un peu de poussière Tu les dispersais , Reine au palais de lumière , Qui mets pour diadème à ton front virginal Une auréole ardente , illuminant tes voiles ; Et qui prends au Seigneur ses plus riches étoiles , Pour broder ton manteau royal.