‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 22 sur 23 · IAN · texte numérisé non relu

IAN

Cueille des roses passagères.

— Tissot. —

Joyeux, ils ont dansé.

— Auguste Ghàho. —

Accourez , jeunes miss , avec vos cavaliers.

— Alfbed Dhssessabts. —

Il pare la danseuse à la peau blanche et rose De ses plus riantes couleurs.

J'aime ce bal , avec son lustre aux mille flammes , Ses bijoux , ses parfums , ses folles jeunes femmes Qui froissent leurs tissus dans un rapide élan : Leur bonheur enfantin, aussi frivole qu'elles, Est dans les airs d'un bal , dans leurs gazes nouvelles , Dans les nuances d'un ruban.

Les vois-tu balancer leurs plumes , leurs dentelles , Sourire à ce miroir qui leur dit : Belles, belles, Et, dans un cercle étroit, où la foule survient , Former les pas divers de leur danse rapide , Pesant sur le parquet, comme un oiseau timide Sur la branche qui le soutient.

Mais l'orchestre se tait , et les jeunes coquettes Retournent lentement s'asseoir sur les banquettes Aux effilés dorés , au velours incarnat.

Pour qu'il souffle un peu d'air sur leur col qui palpite , Bans leur main l'éventail se déploie et s'agite , Comme une aile qui s'ouvre et bat.

Le salon resplendit de saphirs , de topazes; Et cent femmes lui font un vêtement de gazes. Tout est satin , rubans , guirlandes et joyaux 5 Partout , sur des fronts blancs et moites on admire Ces bouquets toujours frais , qui jamais n'ont vu luire D'autres soleils que des flambeaux.

Quelle nuit enchantée ! oh ! ce bal a des charmes ! Malgré ses longs ennuis , ses chagrins et ses larmes ,

La vie a des instans qui sont bien doux encor ! Le temps , pour consoler l'homme qui souffre et pleure. Au sable qui s'écoule et nous mesure l'heure , Mêle parfois quelques grains d'or !

Viens , l'huile brûle encor dans les lampes d'albâtre -, Dansons ! mais un rayon à la lueur blanchâtre Glisse sur le parquet , sur les rideaux soyeux ; Tout effrayés du jour les quadrilles finissent , Et dans tous les flambeaux les lumières pâlissent Gomme les étoiles aux cieux.

Il faut partir ; voici que les pâles danseuses Jettent sur leurs cols nus les écharpes moelleuses -, Puis , lançant tristement un coup d'œil aux miroirs , Posent les schalls épais sur leurs fraîches parures ,

Ou les grands mantelets tout bordés de fourrures , Avec les boas longs et noirs.

Nous allons le quitter ce bal , mais son image Y a nous suivre du moins vague çt dans un nuage : Ces femmes aux pieds fins , ces danseurs passagers , Pendant notre sommeil plein de brillans mensonges , Riant et voltigeant , vont passer dans nos songes Gomme des fantômes légers.

« Je veux changer mes pensera en oiseaux.

— Robsahd. —

Ouvrer voê ailes tremblantes aux brises du ciel.

— G. SlSD. —

Et l'oiseau ranimé .

Vole en chantant braver d'antres orages.

— BCIANGM. —

Hs il

Il faut les fuir : partez , vous au plumage noir, Tous au plumage rose.

% C'est un large océan que vous allez passer ! Quand un groupe en chantant cherche à le traverser,

Parfois le vent remporte.

Là, jamais de repos, point d'abris, d'arbres verts; Oh ! pour ne pas tomber, quand on franchit ces mers , Il faut une aile-forte !

Qu'importe : allez ! l'espace est si grande si vermeil ; Il.a des ouragans , mais il a du soleil.

Les nuages , la grêle , Certes sont effrayans , mais l'arc-en-ciel est beau : Allons , quittez le nid ; que sert-il d'être oiseau ,

Quand on ferme son aile ?

Si l'orage vous prend , si Ton tend des lacets ,

Eh bien ! dites : « L'oiseau doit s'attendre aux filets ,

Doit s'attendre aux orages :

D'ailleurs tout peut passer, ouragan , tourbillon ; Il reparaîtra bien là-haut quelque rayon

Pour sécher nos plumages. »

Par malheur, vous verrez cent rivaux dans les cieux Qui perlent mieux leur chant , qui l'assouplissent mieux ,

S'élèvent davantage :

L'aigle que rien n'abat , qui lutte avec le vent ; Et puis le rossignol, qui semble un luth vivant

Caché dans le feuillage ; «

Puis des oiseaux de fée aux colliers chatoyans , Au plumage semé de mille yeux de brillans ,

Aux accords séraphiques ; D'étincelans rivaux , sortis des cages d'or,

Qui ne s'ouvrent jamais que pour donner l'essor A des oiseaux magiques !

Et les mille chanteurs , âmes de nos buissons , Charmeront les passans , en jetant leurs chansons ,

En montrant leurs aigrettes ; Si vos voix parcouraient des claviers aussi doux , Vous seriez écoutés : hélas ! que n'êtes-vous

Rossignols ou fauvettes !

Mais adieu , vous partez ; et vous passez dans l'air Plus vite qu'un nuage ou qu'un rayon d'éclair.

Bientôt , mes oiseaux frêles , Tous aurez disparu de nos monts , de nos champs >

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