‹ Les oiseaux de passage, poésiesChapitre 21 sur 23 · II I · texte numérisé non relu

II I

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296 LE PORTRAIT

Qu'un portrait soit tracé dans ce beau cadre d'or ; Je n'y vois qu'un miroir, et c'est moi qu'il reflète.

Sous mon front transparent , ton art tout merveilleux Fait voir mes rêves , peint mon âme avec mes yeux. Qui t'apprit ce secret? Mon peintre poétique , Peintre de la pensée, oh! sais-tu que c'est beau De tenir ainsi l'âme au bout de ton pinceau , Et puis de la poser sur ta toile magique !

C'est prodige ! es-tu fée? oui , je l'ai bien vu , moi ; Ta baguette enchantée est ton pinceau $ pour toi , Les sylphes , les follets , qui te font un cortège , Rassemblent des couleurs ; prennent ton or si pur Dans le soleil , le bleu dans ce haut ciel d'azur, L'incarnat dans la rose , et le blanc dans la neige.

LE PORTRAIT

Qu'il est grand d'imiter la forme et la couleur Des visages moulés par la main du Seigneur ; De placer comme lui , dans l'œil des étincelles , Sur les dents de l'émail , dans les veines du sang ; Et d'oser copier ainsi le Tout-Puissant , Votre grand maître à tous qui vous fait vos modèles !

Nous étions cette nuit dans la salle des fêtes.

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