‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 25 sur 103 · CAP IU N IC A · texte numérisé non relu

CAP IU N IC A

l es dix-sept cent vingt-deux francs pour les petites notes.

BR ici 11.01 LE.

Oui, je sais bien, pour les petites...

CAPRANICA, U«i l'olurnr dn cnin ilr l'ail, rrliuot le tnlaaneut.

Item, à mou bon cher Ri ipiilwule, je donne et lègue ma terre de Capranica, évaluée à deux cent nulle francs.

BMIGIlllUliLE.

Deux cent mille francs !

C4PRAK1CA.

Item , enfin, audit , ma petite métairie lucquoise d’un rapport de... net, de...

BRIGLIBOILE.

Quinze cents... et dix-sept cent vingt-deux francs. capranica.

De dix-sept cent vingt-deux fraucs; tiens, lis, lis, petit... et donne... (n u*»i n ma».)

BRIGVIHOCLE.

Oui, oui, ça y est... en toutes lettres.

CAPRANICA

Verse...

BMCUIBODLg.

Voilà.

CAPRANICA

A qui aurais-je laissé mes biens plutôt qu'à toi... si bon!

RRIGI IBOCLE.

Cinq...

CAPRANICA

Si aimable!

BRICVIItOULE.

Dix... *■

Si spirituel !...

Quinze...

CAPRANICA

BRIGLIBOILE.

CAPRANICA

Oh! que lu es joli! que tu me semble* beau !

BRIGUIBOULE.

Seize... dix-sept.

CllAHI.ES. <|nl a ravintu lf» Arraicr* atoll, tapproflunl 4* Riiftiibrala al parlant par-4<-M«* w» « juulc.

Maître corbeau sur un arbre perchée* •

p BRfGUIKKiLE, cintrait.

Tenait dm s son Ixxon fromage... Tiens, bonjour, monsieur. Vous I^ez les f.ildcsijRfla Fouina?

W CflAM.ES.

Précisément.

CAPRANICA , icnAaut tofjoort b mm.

Viens, mon petit, rentixms.

BRIGUIBOULE.

Oui, me voilà... Voire serviteur, monsieur... Dix-sept cent

Vingt, {il dnonr en marchant U rette de I »rgc*t.)

CHARLES

11 ouvre un large bec...

RRIGUUOCLE, rA**'»»ut <amme ns# bton.

Laisse tomber sa proie... Dix-sept cent vingt et deux; dix-sept cent vingt-deux, ça y est... le renard s’en saisit, et dit : Mon l»uu monsieur... Ah ! maïs je les sais aussi mes fables.

» capranica.

Viens donc, petit, viens donc.

URICl'IliOULE.

Oui, bienfaiteur... Je les sais aussi, mes fables. (11 ion tw*

Coprmlca. )

CHARLES, le* regardant owtir.

Et cela lui profite.

^ÈNE IV. ' *

CH ARLES, MAUG1R0N , (XORGINA, il* aftitoai» »» fa* donnu.i Ir I r:».

GEORGINA

Est-ce que voU» étés à l'a flüt , monsieur? est-cq que \ » chasses eucore l'oiseau de proie? *

CHARLES. ^ R

Non, madame, cette fois le milan s'est fait renard.

MAUCtRON.

Prenez garde, ma chère, monsieur pourrait bien s'attaquer à vous comme aux autres. m

• cbari Es.

Moi?

GEORGINA

Non, j'ai remarqué que monsieur n'accabla if pas tout le monde, ou'.l voulait bien épargner un peu cm gKiuvres pécheresses, cr? Madeleine... moins le rrpénür... j^esl quatre tout peut-être, monsieur veut bien penser que nous sommes femmes comme les atilfes. . . *

Moi, madame, je ne vois entre elles et vous qu'une seule différence. • »*?■

. GEORGINA. , • • p

Et laquelle, je vous prie? .

CriABLE.S. I

On dit que la vie est un roman... reUe.dcs femmes vertæujGB se résun:.* j n un volume écrit tout entier. par un seul auteiip : le mari ! Chaque page de la vôtre, au contraire, est illustrée par une mair. 1 velle. Enfin, leur vie à elles est un livre... la vôtre est un a'.unn.

GEORGINA

Allons, vous n’étes pas trop méchant. 11 est cependant de modc,depuisquelque temps, de traiter de la belle façon ceàwuvres tilles. On les convie dans ui\ lieu de plaisir, presque oj»ez elles, et quand elles ont bien paye leur place à la porte, on leur fait payer plus cher dans la *al e.

MACCtHON.

Est-ce que monsieur n'est pas de ces grands et rigides philosophes?

CHARLES

Je suis de ceux qui pensent, monsieur, que ces femmes flétries. sans honneur, ne se perdent pas toujours seules et d'elles-mèmes, et que pour les entraîner, il s’est trouvé quelqu’un de ces hommes vicieux et menteurs qui leurcachcnt la pente du vice (nfluHwt i«r« dwiï b<*« «inMi) , qui leur promettent leur main, et qui se contentent de leur donner quelquefois le bras.

GEORGINA, la lira.

Le fait est que si la première femme a perdu le premier homme; depuis le temps, ces messieurs nous l'ont bien rendu.

MAUCIRON.

Allons donc!... Et nos lilsde vingt ans si lestement ruinés en sortant du collège 1

Par qui?., par des femmes que vous avez d'abord séduites vous-mêmes. Est-ce qu’une jeune fille, un enfant ne sort pas pure et honnête des bras de sa mère? Faibles ou fortes, à seize ans, la lutte commence pour elles... lutte terrible où elles ont pour adversaires des hommes blasés, rusés, corrompus, qui font briller aux yeux de ces malheureuses l'éclat de leur or, le luxe de leur chevaux ; les courageuses résistent et triomphent, les faibles succombent. El lorsqu'on a éveillé en elles tous les mauvais désirs, toutes les mauvaises passions, quand on leur a bien

fait un impérieux besoin vie de lu:

va porter ailleurs sa satiété cl ses vices. Al< flétrie, s'adresse au jeune homme sans l'était jadift elle le pci d comme on l'a putuuc jaui»... duejui prend »a fortune comme on lu! a pris sa bonne renommée^ sa vertu. Eli! mon Dieu! si ie le$ connaissais vos moralistes, fhs philiiviplies modernes , je leur dirais * Quand vous renconUerex une de ces femmes, détournez la tôle avec tristesse, avec mô- ’#», si y<ws le voulez, mais ne lut jetez uns de faiiKC.au vi-.afe ;« lT en rejaillirait peut-être un peu sur aet cheveux'blaucs que tous devet respecter.

CEORCINA, UUImmU.

Oui, c'est rhistoire de bien des gens; c’est aidÜ qu'elles commencent toutes.

CHARLES

Puis viennent les années qui amènent l’abandon, et sous cet abandon font croître la misère... qui creusent des ride», et sous chaque ride cachent une larme... L'infortunée chéri he vainement alors une main tendllé à son repentir, une main qui la soutienne; personne ne répond plus à sa voix désolée nui mm mure tout bas: 0 mes belles années de travail!.., mes bglies années d’innocence! Que Pétai» heure ufc quand j’étais pauvre!... Que j’étais riche qmnd jVtais&age!...

GÈORGINA , rèvraia.

Oui, oui, de belles années |»erdttes sans retour. (Rri*»*nt i» uu<?.) Ah! j’ai besoin de prendre l’air!..' 7'Vpulez-vous bien m’accompagm*r, monsieur Kennepont?

chaulés. ê

Moi, madame... Permette?... c’est que...

GEORGINA, «mmbI <1* umrir*. »

Allons ! je ne trouverais déjà nlus une main tendue vers moi. . . Si je me prenais à me repentir?

CHARLES, lui p»,Vtii.n.i (a main.

J’avais tort!... Acceptez la mienne, mademoiselle...

CEORCINA, la |.rrujol.

MenSl!... (Bit muu I>« Ul frn le M.)

T v MAtGIRON, la*.

Mais, nous étions venus pour alUndre ici le jeune Claina- *rinfc..

GEORGINA

Vous ferez bien votre métier sans moi, monsieur Maugiron. •

CHARLES, rn nuL.nl.

bien ! madame! biei\£ (&«***'■» n chufa* *ortn»t.)

SCfcNE V.

MAUG1ROX, |o . THERESE.

; trEre.se.

Ma mère ast dangereusement malade... me'nagez-ia, monsieur, je vous en Mtpplie? (ez**- imi la raat».)

• v MAt’CIRQN.

Si cette liefle maiu. si douce, s'appuie ainsi sur la mienne, j'ai bien peur d’accorder plus qu'on ne me demandera.

TniF,lll>K, id*,'i fin.rm.

Que voulez-vous df$l Parlez, monsieur.

MALGIRON.

C'est vrai, la bonne dame , il lui faudrait un peu plus de bienêtre, et nous pourrions nous entendre pour cela.

THERESE, *toan6».

Nous entendre.

MALGIRON.

On annulerait ce qu'elle me doit, et l’on payerait ce au’elle doit à d'autre»; elle aurait un intérieur plus commode, de bonne» promenade» eu voiture. Oh! rien ne me coûterait!

THERESE, froldïnmol.

Vous oubliez, monsieur, vos pertes et votre gêne.

H Al' Cl HO*.

Je n’oublie rien, mademoiselle, mais on peut êtfe trop gêné pour obliger des indi lièrent s ou des Ingrats» et assez riche encore pour combler tous les vœux, tous les désirs et jusqu’aux moindres caprices d'une femme adorée!...

THERESE, iMipUe,

Taisez-voua! taisez-vous! monsieur.

Page 1