‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 27 sur 103 · CIA1EA0RAYNARD · texte numérisé non relu

CIA1EA0RAYNARD

C'est une lâcheté, une bassesse, tiné vilenie!... Profiter de la pauvreté d’une honnête femme pour tenter de séduire sa fille, la méltre en présence du désespoir, de lu ruine ou de son propre déshonneur, mai* c’est à inspirer la houle et le dégoût au moins honnête homme du monde!

MAüGiRoa.

Assez! assez! monsieur, vous oubliez que c’est vous-méme...

CHATEAURAYNARD.

MALGIRON.

Mon métier!... Elle a des retour» de vertu... fort amusants !... Cette fcmme-là finira mal. Ce n'est pas comme Chateauraynard! Arec quel acharnement il me défie depuis hier de triompher de *la vertueuse T hjbvse Bernard ! Eh bien! je réussirai. J'ai adroitement semé dans l'ejprit de sa mère de» inquiétudes qui porteront leur fruit;

THERESE, trabU*.

Ah !... monsieur...

MALGIRON.

La voilà...

THÉRÈSE

Je vous cherchais, monsieur!

MALGIRON

Moi, mademoiselle?

THÉRÈSE

Tout à l’heure, en rejoignant ma mère, je l’ai trouvée dans une cruelle agitation... Elle prononçait votre nom avec douleur... Que s’est-il donc passé?

MALGIRON.

Rien, rien, mademoiselle.

THERESE

Ah! parlez, je vous en conjure.

Mai giron.

Eh bien ! j'ai subi de grandes perles, dont j'ai reçu récemment la nouvelle; je me trouve fort gêné, et... je suis forcé d’exiger que mes débiteurs rempliîsent leurs engagements.

THERESE

Mais, elle, monsieur, c’est impossible!

■acgiron.

C’est qu’il m’est impossible, à moi, d’attendre... à moins... que...

THERESE, Mippliuile.

Monsieur...

MALGIRON.

Ah! si vous me regardez ainsi, mademoiselle, vous allez mettre en fuite le rigide créancier.

Qui vou» a» fait prêter de i'urgenl à madame, je m’en accuse... Pardonnez-moi, madame Bernard, de vous avoir fait puiser à cette source impure. L’outrage qu'on vous a fait, j'en suis responsable...

MAI GIRON, h ClwtoiuraMiard.

Monsieur, pour avoir le droit de parler aussi insolemment à un homme...

CHATEA» RAY NARD.

Il faut d’abord le payer, vous avez raison... c'est six mille francs, je crois, que vous avez prêtés; voilà votre argent, monsieur, vous pouvez sortir.

MALGIRON, pc**»ul le billet a»cc cotera.

Pas sans vous, monsieur.

CHATEAURAYNARD.

Comme il vous plaira.

M”' BERNARD

Eh! quoi! tant de générosité!...

THERESE

Oh! monsieur, que de reconnaissance...

CHATEALRAYNARD-

Vous ne m’en devez aucune, mademoiselle, loin de vous courber devant moi, relevez la tête, au contraire... El vous, rcgardct-la, monsieur; une «Ile sageel belle, une Hile honraMeet pure, comme l’est madenioiM’Ile, uu ne cherche pas a la séduire, et si l'on re sent ému par tant de beauté, charmé par tant de vertu, on se demande si l'on n’est pas indigne d'elle, et lorsqu'on s'est fait un nom estimé comme le mien, lorsqu’on s est acquis une fortune honorable, comme la mienne, c’est a sa niere que I on s’adresse, et c’est avec respect que l’on met aux pieds de la jeune fille cette fortune et ce nom...

THÉRÈSE, * (*rt.

Que dit-il?...

M** BERNARD

Eh! quoi! monsieur... vous...

MALGIRON, à put.

Comment! lui, lui, son mari!...

IÆS OISEAUX,

CIIATEA I R AYNARD. *

Madame Bernard, je vous demande la main de mademoiselle Thérèse, votre tille?

M** BERNARD. -*f Sa main... Tu l'entends, Thérèse?

THERESE, j part.

Moi... moi ! sa femme !

MAUGIRON, à part.

Je n'y comprends plus rien.

H"* HKK.YARD.

Monsieur, j etais loin de rêver pour elle un semblable, mariage, mais il faut cependant que je consulte son cœur.

CSATEAttRAYHARD.

C'est trop juste.

H“ e HERNAKD.

Je n'ai pas le droit de me prononcer la première, car sar.hez-lo, monsieur, elle n'est meme pas ma fille.

«AÜCRIOS.

Ah!... elle n’est pas!

CBATKAURAYNARD.

Se peut-41?

m“* dernard.

Thérèse n'est qu’iiue enfant d'adoption.

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