CH ATK AUR AYNARD
Et si, ie vous sais par cœur, vous ne me connaissez guère ! Eh bien! sachez d'r.u je viens, ce que je suis, et ce que je veux. A vinçt ans, j'étais second clerc de notaire, trop pauvre pour pouvoir jamais acheter une étude , trop ambitieux pour borner volontairement mon horizon à la position de rnaitre clerc. I n jour, en examinant un des dossier» de l'élude, une pièce singulière KM tomba sou» les yeux... C’était une histoire décrété, mystérieuse, dont un client n'avait prudemment confié qu'une
CHATF.4UR AYNARD.
Et ce gue je médite est infaillible... Je ne vous ai- dit que le passé, voilà mon avenir et loyôtre... J’épouse raf celte fille pauvre, et vous, d'Armenonville, vous épouserez trente Initie livres, de rente.
d’armenonville.
Moi?
CIUTKAURAYHARD.
Due dites- vous de mademoiselle Hélène, duchesse de Guérande? est-ce un mariage qui vous plaise? ^
• MAUGIRON
Allons donc, c'est de la folie.
DARMENON VILLE,
Oui, oui... certes... Comment voulez-vous qu’on aille me choisir?... moi... moi!...
CH ATf. AU R AYNARD.
On ne vous choisit pas... je vous impose.. .
d’arxenonville/ p
Oh! si c "était possible! pour que cette jeunb fille si pure, «i belle, si noble put m'appartenir, je donnerais la moitié de ma rie, je donnerais...
CH ATKAUR AYNARD.
Je ne vous demande qu'une chose ; joignez-vous à moi contre votre rival.
b’ARMENONVlUK.
Je suis prêt.
MAUGIRON
Vous avez donc dans vos mains de terribles secrets concernn'.:i la famille de Guérande?
CIIATEAURAYN4RD.
Pourquoi?... L'histoire de mademoiselle de Sivry, devenue depuis la duchesse de Guérande, c’est l'histoire de bien des femmes... Elle aimait un jeune capitaine, un monsieur de Clamarins...
d’armenon ville.
Clamarins'?
GHATEAURAYNARD.
Un oncle de celui-ci, iis étaient trois frères... Mademoiselle de Sivrv était éperdument éprise du plus jeune des trois, on l’a forcée d'épouser monsieur de Guérande; mais ou l'y a forcée trop lard... elle était mère!...
malgiron.
Ah! je commence à comprendre alors que vous puissiez avoir tout pouvoir sur elle... Mais Thérèse...
CH ATÏAUR AYNARD.
C’est-à-dire... sa tille.
MAUGIRON «I ü’ ARM ENON VILLE.
Sa fille!
CHA KAURAVNARD.
Thérèse a été confiée tout enfant à madame Bernard, qui ne
fait pas plus qu’elle de qui elle est née. Thérèse ignore aussi que Paul de Clamai ins, son père, l'a reconnue, adoptée, légitimée, en mourant loin de son pays... Je tous ai dit que les Clamai ins étaient trois frères; Paine, qui servait en Égypte depuis vingt ans, y est mort depuis quelques semaines, laissant une fortune immense, huit millions, à Henri de Clamarins, son neveu, son unique héritier, à ses yeux, comme Thérèse est aux miens l’unique hérilière de son cousin Henri.
M AUC WOK.
Mais ce cousin est bien jeune. ,
ClMTLAURAYKARD. *
Vous trouvez 1 ? J’estime, moi, que ce n’est pas au temps qu’ils ont vécu, mais au temps qu'il reste à vivre qu’il faut mesurer l'Age des hommes.
D’aRMENON VILLE.
Comment? •
CHATEAURAYNARD. *
Un vieillard est plus jeune qu’un enfant, si le vieillard doit vivre jusqu’à demain et si l’enfant doit s éteindre ce $oir.
UUGMOH.
Vous êtes un terrible homme... il y a des instants où vous me faites frémir.
CU.ATEA1 RAYNAUD.
Est-ce que, par hasard, vous me croyez capable d’un crime?... Allons donc!... Mettre sa tête pour enjeu et jouer contre la justice qui finit toujours par gagner la partie... non pas!... je suis patient... j'attendrai... trois mois, au besoin... et cest plus qu'il n'eu faut à de bons oiseaux de proie, vautours, éperviers outillions, pour accomplir bravement leur ‘besogne et me défaire peu à peu à coups d’ailes, à coups d’ongles ou de bec, du naïf tourtereau.
d’armenonvilix.
Mais vous avez dit que vous auriez marié mademoiselle de Guérande dans trois jours.
CHATE.ua ATRARD.
Et c’était deux de trop.
■AUGIROR.
Quoi! vous voulez...
* CHATEACRAYîtARD.
Mon cher d'Armenon ville, je ferai votre mariage aujourd’hui * même.
d’armenonville.
Aujourd'hui?... .
CHATEAURAYNARD.
Dans une heure... Tenez, tout de suite, puisque voilà votre Qancée.
MAtClROH.
Comment! c'est devant moi que vous allez...
CHATEAURAYNARD.
Maugiron, veuillez nous laisser... Vous saurez bientôt le résultat de nos démarches, et vous aurez une large part de notre butin.
MAUGIRON
Bonne chance et à bientôt.