‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 37 sur 103 · BEI. EVE · texte numérisé non relu

BEI. EVE

Oh! mon Dieu! mon Dieu ! Voyons, ai-je bien entendu? Thérèse, tu dis que c’est monsieur Cliateauray nard qui doit devenir ton mari.

TBEill.SE.

HELENE

Et celte femme... cette madame Bernard... e*-tu réellement sa fille?

THÉRÈSE

Non.

■ELCHS.

Non? — Thérèse, il faut me rendre cet argent.

THERESE

Vous le rendre !

HELENE

Thérèse, il ne faut pas que tu t'acquitlc* cuvera cet homme, i! faut que tu sois la femme de cet homme.

thsbXsb»

Moi! jamais I

iiunz.

11 le faut, tedis-jp, car il tuerait ta mère.

THÉRÈSE

Ma mère! qui m’a parlé de nia mère?... Est-ce que vous la connaissez, vous ? Ma» répondez-mo» donc !

HÉLÈNE

Oui, ou», je la connais. Ah! mon Dieu ! mais j’élouffe!... je no peux plus.*, je...

THÉaiSE.

Non, il faut être forte, U faut parler.

* . UÈLKNR.

Eh lifén ! i<A, lk Inut à l'heure , cet homme, ce monsieur Ch.ili iuiaÿiinda dit à ma mère, entend s-lti, à la duchesse Guérundr, mu mère...

THÉRÈSE

Achevez.

HÉLÈNE

Il a ilit qu’il ordonnait que je prisse pour époux celui qu’il m'avait choisi.

Thérèse.

Vous!

bélkne.

Et que si nous ne consentions pas, elle et moi, il divulguerait la naissance de son autre flile.. . son autre fille.. . ne coiuprendstu pus?

Thérèse.

Mon Dieu !

BÉLENE.

Et il ajoutait, Thérèse, que celte fille allait devenir sa femme.

THÉRÈSE

Moi!... mais vous êtes ma sœur alors.

HELENE, -Ou. m lui».

Oui, ta sœur, ta sœur.

THÉRÈSE

Ali! nos cœurs s’étalent devinés!... moi, je t’aimais bien, va.

HELENE

Et moi, Thérèse !

ntMSK.

Oh ! mon Dieu! les voilà donc passés ces jours de deuil, d’abandon et de larmes. Ce n’est d»>nc plus eu vain que je tendrai vers le ciel mes munis suppliantes. Je ne vous demanderai plus, mon Dieu, pourquoi celle tendresse qui débordait de moncœur... Ali ! je puis aimer à présent. J’ai une sœur, une mère, une mère chérie, adorée, que j’entourerai de mes caresses... que je couvrirai de mes bdè-ers. — Mais où donc est-elle? Viens, courons, je veux la voir» Je veux...

HÉLÈNE

Ma sœur!

THÉRÈSE

Ah ! tu as raison... ma tendresse, c’cst un remords pour elle, comme ma vie est une honte !

HELENE

Oh! Thérèse, on a contraint, brisé sa volonté, elle a été si malheureuse, mais ce n'est pas elle qui fut coupable.

THERESE

Est-ce que j'accuse ma mère?

HELENE

Mais...

THÉ RÊNE

Ce que je dis, Hélène, c’est qu'il ne faut pas qu’elle rougisse devant nous, devant loi, ma sœur, c’est que je n'ai pas le droit de lui crier : Ouvrez-moi donc vos bras, je suis voire fille. — Non, ma mère, non, je ne devancerai pas tes ordres. J’ai bien son (Ter t déjà, j 'a tiendrai encore, et jusque-là, Hélène, il faut que chacune de nous accomplisse en silence son pieux sacrifice.

Ut.LENE.

Je suis prèle.

THÉRÈSE

Il faut que je devienne pour toi comme pour elle... une étrangère., presque une inconnue... cette main placée dans la tienne doit la serrer pour la dernière fois... ee baiser que je te donne, ce baiser doit être le dernier... et re doux nom de sœur que j** répétais avec ivresse, c'est la dernière fois peut-être qu’il aéra sorti de mes lèvres.

HELENE

Non, non.

TtlÉRESE.

Il le faut, Hélène... il le faut... pour elle... On vient... Encore cette étreinte, encore ce haiser, et maintenant, mademoiselle de Guérande, je ne vous connais plus.

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