‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 58 sur 103 · LES OISEAUX 1>E PROIE · texte numérisé non relu

LES OISEAUX 1>E PROIE

Que veux-tu faire? ' •

TH ɫfeSE.

Ce que je veux?... J'ai juré d'être à lui tant que je vivrai... mai» je n ai pas juré de vivre! ,

liLbe.

Thérèse!

TH élit SK.

Vois-tu ! c'est impossible, mon enfant! C'est un supplice au* dessus de mon courage, au-dessus de mes forces ! il ne m'est pas défendu de mourir ! „

HÉ1 fe.NE.

Mourir! (a put.) Je n'avais pas songé h mourir, moi !

THÉRÈSE

Ah ! les malheurs qui ne doivent pas être étemels, c’est unç impiété, c’est un crime de ne pas en attendre le terme ! mais moi !... est-ce que je ne suis pas enchaînée pour toujours? est-ce que je peux espérer quelque chose ?

HÉLÈNE

Non, plus d'espoir! (a p»n.) Ni pour elle, ni pour moi.

THERESE

Ah ! c'est une détermination prise il y a longtemps... L'heure est venue, et je te cherchais Hélène, je voulais t'embrasser encore. (eh* iVatimiM.} Moi mûrie, il n'aura plus heu k exiger de la duchesse de Guérande, n'cst-cc pas ?

HELENE, à part. ,

Ni l'autre, si je meurs.

THÉRÈSE

Dis-moi donc qu'il ne la persécutera plus.

HELENE

Non, non, et comment comptes-tu mourir, ma sœur?...

THÉRÈSE

Comment?...

HÉLÈNE, d'»u Ion fienvas.

Parie. «

THERESE

Oh ! j'ai tout préparé, tout calculé...

HÉLÈNE

Parle ! parle !

Ce n'est rien qu'une souffrance de quelques instants.

HELENE, lai terrant coimiliivrinrol la «nain.

Non, rien, rien !

THÉRÈSE, rappelée a elle-ménie.

Mais qu'as-tu donc, toi ?

HELENE

Achève... tu me disais que... pour mourir...?

THERESE

Mais, apprends-moi donc ce que tu as ? (u n*aHaoi «• f** *t ponum od crL) Ah ! ah !... malheureuse, qu'ai-je dit? qu’ai-je fait?

HÉLÈNE

Thérèse?

THERESE

Cette pâleur, ce regard froid et câline... et pas un mot pour m’empêcher de me tuer!... An! pauvre enfant, tu veux mourir aussi !...

HÉLÈNE

Oui, je le veux !...

THÉRÈSE

Mais, c'est horrible ce que tu dis là... Toi... si jeune... si belle!.,, mai», c'est un crime, entends-tu, ma sœur! c'est un crime.

HELENE

Non ! c'est un supplice au-dessus de mon courage, au-dessus de mes forces... U ne m'est pas défendu de mourir.

C'est un blasphème, ce que j'ai dit là...

HELENE

Est-ce que je n’ai pas promis d’épouser un homme que je hais? Est-ce que mon malheur ne doit pas être éternel comme k tien?

THÉRÈSE

J’étais folle ! Dieu peut toujours nous sauver.

HELENE

Il ne me sauvera pas, moi.

THERESE

Et puis... sou viens-toi... songes-y, ma sœur bien-aimcc... tu m’écoutes, n’est-ce pas? tu m'entends?

HELENE

Oui.

THÉRÈSE

Songes-y donc, tu es la seule consolation, l’unique bonheur de ta mère.

HÉLÈNE

Est-ce qu'elle n'est pas ta mère aussi ?

THERESE

Elle s'accusera de ta moit, et c’est un horrible supplice qno tu lui auras infligé.

HELENE

N’est-ce pas pour elle aussi que tu auras cessé de vivre?

Moi! toujours moi!... Oh! Seigneur! vous condamnez le suicide, et c'est mon premier châtiment que vous m'envoyez la.

{Elk montre lléltte.)

HELENE

On vient ! C'est notre mère !...

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