‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 69 sur 103 · D'ARM KNON VILLE, HENRI · texte numérisé non relu

D'ARM KNON VILLE, HENRI

HENRI

Monsieur, vous avez désiré un moment d’entretien, je vous écoute.

d'armfxonvillk.

Si je ne me trompe, monsieur, vous pensez que j'ai beaucoup de bonheur au jeu.

HENRI

Beaucoup, oui, monsieur.

h'arnenonviu-c.

Vous trouvez même que j’en ai plus que n'en ont d’ordinaire...

Les honnêtes gens, oui, monsieur, et je vous dis tout net que vous corrigez, sinon très-dé ücateiuent, du moins avec beaucoup d'adresse, les caprices du sort.

d’armenonville.

Eh bien, monsieur, ce que vous croyez est parfaitement exact.

HENRI

Ah! vous en convenez.

d'arm EN ON VILLE.

J’en conviens.

HENRI

Vous avouez que vous volez au jeu.

d'armenunville.

Tout le monde est libre de le penser, mais je n’aime pas qu’on me le dise.

HENRI

En vérité !

d’armenon VILLE.

Je permets encore moins qu’on le dise à d’autres... Aussi, vous devinez, je suppose, dans quel but je vous ai fait cet aveu.

HENRI

Pas précisément.

D’ARMENON VILLE.

Vous êtes le quatrième à qui je le fais. Les trois autres en sont morts, comprenez- vous maintenant?

Je comprends que vous avez le désir de m’intimider; je voudrais vous être agréable, monsieur, et je lais tout mon possible pour avoir peur de vous... mais je n'y parviens pas.

d’arxenonville.

Vraiment? eh bien! tant mieux! seulement vous vous trompez, je ne cherche point à vous effrayer. Ce qu’il me faut, ce

? [ue je veux, c'est qu’aucun homme ne puisse me regarder en ace avec un sourire de dédain ou de mépris, c'est qu’aucun regard blessant ne puisse s'échapper de ses yeux, qu’aucune parole insultante ne paisse sortir de sa bouche. Voilà pourquoi j’ai déridé que chaque fois que j'aurais un duel causé p;u lubstination de ma chance au jeu, ce duel se continuerait, ou se renouvellerait au besoin, juaqu’a la mort de mon adversaire.

HENRI

On jusqu’à la vôtre.

d’armenon V’JXE.

Ou jusqu'à la mienne; mais c'est moins probable.

HENRI

Monsieur, je pourrais vous dire que d'ordinaire ou no m hat pas avec les grecs, les gens qui volent au jeu.

• DAKMEN ON VILLE.

Oui, oui, je sais cela, mais il ne* suffit pas d’accuser... il fallait prouver ce que vous avancez, 06 que je confesse entre nous; mais ce que je me formellement devant lès autres... Or, comme nulle preuve ue subsiste, vous vous trouves m’avoir fait une insulte sans cause légitime... c'est assez pour moi.

HENRI, iw fermeté.

Et pour moi. monsieur, car si I on mugit de croiser le fer avec vos pareils, la haine que je ressens pour vous est assez forte pour éloufler mon mépris.

d’armenonyiux.

Kh bien, mais nous voilà jmj fadement d’accord pour nous Cerner la gorge, et cela nous dispensera de dire à personne) les motifs de ce duel.

HENRI

A personne, c’est convenu.

DARMENONVIUe.

Et si l’un des deux est blessé, hors de combat..

HENRI

Le duel recommencera plus tard, jusqu’à la mort de Lun des deux.

d’armenon TILLE.

A merveille; je suis l’insulté, monsieur.

HENRI

Et vous avez le choix des armes.

d’armenon ville.

Prenez garde, avec cela je tue toujours.

* HENRI

Toujours?

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