SCÈNE II
M®* TRAFALGAR, p* BRIGL IBOULE.
M** TRAFALGAR
Ccsl drôle tout do moine que ce monsieur Renuepont nyv si bien faii soigner le blessé par ses domestiques môles et femelles, el par moi, marne Trafalgar, garde-malade assermentée, et qu'il ne *aye pas venu le voir une seule fois. Après ça, il pouvait s'en fier à moi, il pouvait surtout compter sur ma probité... Oh! Dieu! on laisserait Irahier devant moi des millions de militasses, que je ne les regarderais seulement pas : l’argent, c’est sacré... Tiens! qu'est-ce qu’il a donc laissé tomber là, ce jeune hoifiinc?... C’est un cachet de montre en or... c est pas de l’argent, cent un bibelot... (gu* l* m>-t ■!««••« frAn.) Je le conserverai on mémoire de mon malade et des soins délicats que j'y ml prodigués. Ah! j’en ai vu des femmes de rua profession, des gardemalades, qui guettaient le trépns du client jiour faire ma in -basse el frustrer les latéraux!... Qu 'est- ce que crest que ça eiicme?... une vieille cravate... toute neuve, ma foi h.. Bah!... tai« b mn
«U •* pnebr.)
BR ICI IBOILK, 'Tirant.
Monsieur d'Armenonville, sTI vous plaît?
H** TRAFALGAR
Qlielqu Un !... (mie loi tourne Ir ilui fl fançc Its cJ.j.-|» ijoi » tnwrnt mi | a
uUe.) Il dort «'encore, monsieur.
MIGOIBOCLK.
7/encore!... Voilà un cuir qiu* j'ai déjà entendu quelque part. TRAFALGAR.
Si monsieur veut s'attendre un peu.
RRIGUlUiVLC.
//attendre!... CV>1 ma incret... ( Tun^Ucem. ) Bonjour, maman.
M"' TR AF Al. t. AB, tt R-Innnunl.
l'ol y dor! Mais vie us dune que je le presse...
BRIGUBQVLK.
Ne vous pressez pas, maman. J’aUemls un vieux seigneur qui me suit, et... ça me ferait du tort à ses yeux.
S"" TRAFALGAR
Esl-ce que tu méconnaîtrais ta mère?., ta mère unique, entends-tu?... *
■uemBOQU.
Maman, la mère est toujours unique. Et quant & vous méconnaître, jamais de la vie...
M"* TRAFALGAR
Ah! à la bonne heure!...
HRfCrtBOL’LE.
C'est bien vous qui m'a campé à la porte à l'âge heureux de quatorze ans, et ma reconnaissance est égale h vos bienfaits.
m“‘* trafalgar.
Et qu'aurais-tu voulusse que je fasse?... Tu sais bien que tou gredin de père... #
BRIGl'IBOULK*
Unique ?...
U 5 ** TRAFALGAR
Unique, mii, monsieur. Tu sais bien qu’il m’avait abandonnée pour s'éviter des frais de nourrice, qu’il m'avait plantée! i sans sous ni maille, même que les voisines ont été obligées de se cautériser pour riche ter une lavette.
BRIGUMOCLC.
Elles se sunt cautérisées... Et lui?...
B®* TRAFALGAR
Ton gueux d’auteur? il est allé exercer son état de tailleur A l'étranger.
PiUGUIBOOLF..
Voilà ! il est tailleur, ailleurs.
M** TRAFALGAR
Et depuis , je n'en ai jamais x’oui parler. Ah ! nous ne le reverrons plus, Polydore.
RMGOtSOCU.
Mon père!. . Parlons d’autre chose.
TRAFALGAR
Oui. Et toi, qu’est-ce que tu fais maintenant?
BRIGUIBOCLK.
Pour le quart d'heure, j'achève un vieux seigneur italien... et hongrois... de la Bohême, riche à millions, qui n’a plus que dixhuit jours à vivre et qui méfait son légataire universel.
M* e TRAFALGAR.
Locataire universel!
RAICUIROUL*.
Légataire... Oui, ma mère! c’est pour lui que j’ai dépensé tout ce que j'avais; mais je suis tranquille, c’est de l'argent bien placé... Il va venir d'un instaut à l'autre; en attendant, faitesmoi le plaisir d’aller voir si monsieur le vicomte est visible... Vous lui direz que nous venons nous informer de sa santé de la part de monsieur Chatcauraynard.
X” TRAFALGAR
J'y vais, j'y vais!... Comme il est joli!... J'y vais, j’y vais!...
■RKUIDOULE.
Elle a eu bien des torts envers mol ; mais c’est égal, une foii en possession de mes deux millions, je serai bon fils... je lui ferai trois cents livres de rentes.