‹ Les oiseaux du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 259 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'Ornithologie a pour objet l’étude et la connaissance des Oiseaux ; elle embrasse cette grande catégorie du règne animal qui constitue la seconde classe des animaux vertébrés, classe qui est la plus considérable en espèces. En effet, le nombre d’espèces d’Oiseaux connus s'élève maintenant à huit mille;

et si ceux que renferment encore les forêts vierges des deux continents, nous étaient connus, nous arriverions sans doute au chiffre de neuf mille.

L'Oiseau, par son apparence extérieure et les caractères de son organisation, est très facile à reconnaître ; il suffit, en effet, d’une simple inspection pour le ranger immédiatement dans sa classe; aussi de tout temps il a été reconnu sous cette dénomination.

On définit ordinairement les Oiseaux, des animaux bipèdes, ovipares, à circulation et respiration doubles, et de plus, organisés pour le vol. Mais la meilleure définition que l’on en puisse donner, et la plus caractéristique, c’est qu'ils ont la peau garnie de plumes.

L'Oiseau à l'extérieur offre un tronc ou corps proprement dit, un cou, une tête, une queue, deux membres antérieurs développés en ailes et deux autres postérieurs servant à la station terrestre,

La tête, quoique petite, est généralement propor- | : tionnée au volume du corps, et s'articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle. Le crâne, | t comme celui des mammifères, se compose de plusieurs 4. f. os ; mais ils se soudent tous ensemble de très bonne | D

| | * f { s 1! ï . p (4 12 11 10 s I Fig. 1. Description d'un Oiseau, 1 d |} \ g 1 Front; 2 Couronne; 3 Œil ; 4 Occiput ; 5 ,Dos ; 6 Crou-

| pion ; 7 Queue; 8 Couvertures inférieures de la queue ; 9 Ré- $ ; | miges; 10 Tarse; 11 Pouce; 12 Doigts antérieurs ; 13 Abdo- k : | men; 14 Couvertures des ailes; 15 Poitrine; 16 Gorge; 17 î | L Oreilles ; 18 Menton; 19 Bec se composant de deux mandi- 1 | bules ou mâchoires | ( | REMARQUES.—Commissure se dit du point de jonction des , ] | mandibules, et lores, de l’espace compris entre le bec et l’œil. La ] Il longueur d’un oiseau se mesure depuis l'extrémité du bec à celle il de la queue ; celle de l’aile, depuis sa courbure jusqu’à l’extré-

| mité de la primaire la plus longue,

heure, à l’exception de cette partie qui sert au mouvement des mâchoires. La face est extrêmement petite et occupée en grande partie par le bec qui est de forme très variée et revêtu de substance cornée. Le bec sert à l’Oiseau d’organe de préhension. La mandibule supérieure, qui est unie au front, offre peu de mobilité, mais l’inférieure s'articule facilement.

Le cou, presque toujours en rapport avec la longueur des pattes, se compose d’un grand nombre de vertèbres disposées les unes sur les autres et très mobiles dans leurs articulations, de sorte que l’Oiseau a la faculté de le reployer sur la partie supérieure du corps et de retourner la tête en arrière.

Les vertèbres dorsales sont soudées les unes aux autres et sont complètement immobiles, excepté près du coccyx, afin de permettre les mouvements de la queue.

Le sternum auquel s’attachent les muscles abaisseurs et releveurs de l’aile, est très développé ; et, pour donner plus de puissance à ces muscles, il présente dans son milieu une crête saillante en forme de carène, appelée bréchet. Les côtes, au nombre de sept à onze, sont osseuses dans toute leur étendue,

Les membres antérieurs, conformés pour le vol

sont munis d’une double clavicule ; ils offrent un humérus qui forme le bras, un avant-bras et une main allongée qui montre un doigt et les vestiges de deux autres ; ils portent sur toute leur longueur une ‘angée de pennes élastiques et immobiles afin qu’elles aient la force nécessaire pour supporter le poids de l’Oiseau. x

Les membres postérieurs sont spécialement desti-

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nés à la progression terrestre. Ils se composent d’un fémur pour la cuisse, d’une rotule libre pour le genou, d’un tibia et d’un péroné pour la jambe ; le tarse et le métatarse y sont représentés par un seul os, toujours désignés sous le nom de tarse, et terminé par trois ou quatre doigts munis d'ongles. Les tendons des muscles fléchisseurs des doigts sont disposés de telle sorte que le simple poids du corps de l’oiseau les fléchit et leur fait serrer mécaniquement la branche sur laquelle ïls se posent.

C'est pour cela que l’oi- FAN NN PP AIENE seau peut dormir perché.

a Tarse réticulé; b Tarse et doigts scutellés en avant; 1 Pouce ou ler doigt, toujours situé postérieurement; 2 doigt antérieur interne ou 2e doigt ; 3 Doigt ant. médian ou 8e doigt ; 4 Doigt ant. externe ou 4e doigt.

REMARQUES.— Les doigts sont simples on libres lorsqu'ils sont sans appendices membraneux ; le pouce, est dit élevé, s’il est situé au-dessus du niveau des autres doigts.

La peau se recouvre de plumes implantées d’arrière en avant: ces téguments analogues au poil des mammifères, mais d’une structure plus compliquée, sont formés d’un tube corné ouvert à l’extrêmité, et d’une tige ou tuyau, garni sur les côtés de barbes qui elles-mêmes se ramifient en barbules. Les grandes plumes des ailes et de la queue se nomment pennes ; celles de cette dernière sont aussi désignées

nt d’un r le gele tarse eul 08, sous le erminé doigts es ten- Héchisnt diste que | COrpS chit et 1écanihe sur osent.

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sous le nom de rectrices, et celles des ailes portent encore le nom de rémiges. Parmi les rémiges, on appelle primaires les pennes qui adhèrent à la main et qui sont les plus longues; secondaires celles qui tiennent à l’avant-bras, et tertiaires celles qui naissent à l’humérus. Les rangées de plumes qui recouvrent le bras et la base des rectrices sont appelées couvertures où tectrices ; elles prennent aussi le nom de scapulaires sur les épaules.

Les plumes se renouvellent à des époques déterminées, c’est ce qu’on appelle la mue, et leur succession amène quelquefois de grands changements dans leurs teintes. Le plumage des mâles offre presque toujours des couleurs plus vives que celui des femelles. Chez quelques espèces, le plumage d’hiver diffère entièrement de celui d’été ; chez quelques autres et particulièrement chez les Oiseaux de proie, la différence des jeunes et des adultes offre des variétés telles que souvent elles font croire à des individus d’espèces différentes. Le plumage des Oiseaux aquatiques est serré et enduit d’une matière huileuse qui le rend impénétrable à l’eau.

Le sens du toucher chez l’Oiseau est presque nul, car leur corps est recouvert de plumes ; leur bec, leurs doigts et leurs jambes, vu la matière cornée qui les enveloppe, sont à peu près dépourvus de sensibilité.

Leur goût est peu développé, puisque la langue est dure et cartilagineuse, et que la plupart avalent leur nourriture sans la mâcher et souvent sans la diviser.

Le sens de l’odorat est très faible ; l’appareil olfactif se montre par deux petites ouvertures placées à

la partie supérieure du bec. Cependant les espèces carnassières paraissent avoir l’odorat très fin, surtout les Vautours qui éventent de fort loin les cadavres.

L'œil de l’Oiseau est admirable ; il estgrand et disposé de manière à pouvoir distinguer également bien les objets de loin et de près ; il existe chez lui un petit appareil nommé peigne, qui manque chez les mammifères, et qui paraît destiné à approprier l’organe de la vue aux distances. Outre les deux paupières ordinaires, une troisième, demi-transparente, est placée à l’angle interne et peut s'étendre comme un rideau devant la cornée ; elle se nomme membrane clignotante.

Le sens de l’ouïe est moins compliqué que celui des mammifères ; l'oreille n'offre à l'extérieur qu’une ouverture sans conque pour réunir et concentrer les sons ; cependant les Oiseaux de nuit ont une valvule membraneuse qui semble en tenir lieu.

L'organe respiratoire présente une conformation toute particulière. Les poumons, simples, adhérents aux côtes et aux vertèbres dorsales, sont enveloppés d’une membrane percée de trous, qui laisse pénétrer l’air dans plusieurs cavités placées dans la poitrine, le col, l’abdomen, les os longs et même à l’intérieur des plumes, de sorte que l’Oiseau est tout imprégné d'air : ce qui constitue chez lui une respiration double. Aussi il a été constaté que l’Oiseau consomme deux fois et demie plus d’oxigène qu’un mammifère d’égal volume ; l’air en le traversant de part en part diminue de beaucoup la pesanteur spécifique de son corps, ce qui lui permet de s’élever et de planer avec aisance dans les airs.

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La circulation est double chez l’Oiseau et n’a rien de bien remarquable ; le cœur offre deux ventricules et deux oreillettes. Le sang est rouge et plus riche en globules que celui des mammifères ; il circule avec une telle vitesse que le pouls compte jusqu’à 110 et 160 coups à la minute: c’est ce qui assure à l’Oiseau le degré de chaleur nécessaire pour résister aux plus grands froids.

Le régime des Oiseaux varie avec les espèces ; les uns sont granivores, les autres carnassiers, et un grand nombre se nourrissent d'insectes ; tout, dans leur organisation, dénote leurs habitudes, de sorte qu’à la vue d’un Oiseau, il est facile de connaître la nourriture dont il fait usage. Leur estomac est ordinairement composé de trois parties : le jabot, qui est un renflement de l’œsophage, c’est un réservoir où s'accumule la nourriture ; le ventricule succenturié ou deuxième dilatation de l’œsophage, où les aliments s’imbibent de l’'humeur secrétée par les glandes nombreuses qui le garnissent; enfin le gésier, tapissé à l’intérieur d’un cartilage solide et armé de deux muscles vigoureux, destinés à broyer les aliments chez les espèces qui se nourrissent de substances dures et difficiles à digérer. Pour en faciliter la trituration, l’Oiseau a soin d’avaler de petites pierres en même temps que sa nourriture. Chez ceux qui vivent de chair et de poisson, les muscles du gésier sont minces et membraneux. L’intestin qui fait suite à l’estomac, est court et se divise en intestin gros et en intestin grêle, dans lequel les aliments, après s'être dépouillés de leurs sucs nutritifs, se mêlent aux urines et sont expulsés avec elles par le

cloaque, espèce de poche commune aux matières fécales.

Le foie est très volumineux et remplit une partie du thorax, aussi bien qe la partie supérieure de l'abdomen.

Au-dessus du coccyx, il existe une glande qui secrète une humeur huileuse, dont l'Oiseau se sert pour lubrifier ses plumes et les empêcher d'être mouillées. Cette glande est plus développée chez les Palmipèdes.

On sait que la voix des Oiseaux est extrêmement forte, eu égard à leur taille ; cette propriété est due à la quantité d’air contenu dans le corps de l’animal et à la disposition de l'appareil vocal. Le canal aérien se compose de deux larynx : le supérieur, qui

surmonte la trachée-artère, est fort simple et est pour tei peu de chose à la production de la voix, puisque les la cordes vocales manquent et que les cartilages sont ru- les dimentaires ; le larynx inférieur, au contraire, est pla- et cé à la bifurcation des bronches et est admirablement dé constitué pour la reproduction des sons; la partie qu supérieure de chaque bronche porte deux membra- | se nes ou cordes vocales que peuvent tendre des mus- ne cles d'autant plus nombreux que l’Oiseau est meil- ù pc leur chanteur. Il en existe cinq paires chez les Pinsons et les Fauvettes. Ces muscles sont rudimen- d’ taires ou en nombre inférieur chez ceux qui ne chan- gl tent pas. er Le nid des Oiseaux chez les grandes espèces est en le en général de structure grossière ; quelques branches | d’arbres forment la charpente extérieure sur laquelle cl

ils ajoutent de la mousse ou du foin ; tandis que sc

chez ceux de petite taille, sa construction est une vraie merveille, à part quelques exceptions. C’est particulièrement dans les Passereaux que brille la préve; 2ncs des parents pour assurer à leur progéniture un berceau solide, chaud et moëlleux. Aussi quelle activité ne déploient-ils pas ! Que de voyages, que de fatigues pour accumuler ces légers matériaux qui doivent servir à la confection du nid ! petites racines, tiges flexibles, herbes, filaments cotonneux, mousse et quelquefois la boue, tout vient tour à tour s’y ajuster avec un art admirable ; l’ensemble est parfaitement consolidé avec la salive que secrètent en abondance au printemps deux petites glandes situées sous la langue. Ce nid est tapissé à l’intérieur de laine, de crins et de plumes. Quelquefois leurs nids sont à terre ; mais le plus souvent, ils sont liés solidement à la bifurcation d’une branche d’arbre, et cachés sous les feuilles. La plupart des Échassiers, des Gallinacés et des Palmipèdes font leurs nids à terre, dans une dépression de terrain ou une anfractuosité de rocher ; quelques brins d’herbes, de petites racines, leur suffisent alors pour en garnir le fond. Cependant certaines espèces aquatiques se déplument l’abdomen pour préparer le berceau de leur progéniture.

La ponte a lieu aussitôt le nid terminé, Le nombre d’œufs varie beaucoup suivant les espèces ; ainsi l’Aïgle n’en pond que deux, tandis que le Troglodyte en pond jusqu’à 8 ou 10, l’Oiseau-mouche 2 ou 3; et les Gallinacés de 15 à 20.

Un certain degré de chaleur est nécessaire à l’6closion des œufs ; pour cela la mère les recouvre de son corps pendant plusieurs jours consécutifs, et, afin

qu’ils aient plus de chaleur, elle se déplume l’abdomen. Durant cette période, le mâle lui apporte sa nourriture ou partage avec elle les soins de l’incubation, et, perché sur une branche, il charme par son chant, les ennuis de sa compagne. La durée de l’incubation n’est pas la même pour tous les Oiseaux : ainsi, pour l’Oiseau-mouche,elle est de 12 jours seule-

® ment; pour les Serins, de 15 à 18 jours ; de 21 jours

pour les Poules ; de 25 jours pour les Canards, et de 40 à 45 jours pour les Cygnes.

Le moment de l’éclosion est hâté par les efforts du petit qui brise l’enveloppe de sa prison, à l’aide d’un marteau dont son bec est provisoirement armé.

Dans les espèces monogames, les petits naissent faibles et peu couverts de duvet; leurs parents les nourrissent dans le nid jusqu’à ce qu’ils soient en état de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance. Chez les polygames, au contraire, les petits naissent couverts de duvet, et sont assez forts pour courir et prendre les graines que la mère leur montre du bec ; de plus, la femelle seule couve, pourvoit à sa propre nourriture et à l'éducation des jeunes.

Les Oiseaux montrent une rare sollicitude pour leurs petits et les défendent contre les agresseurs au péril même de leur vie.

L’affection des lieux chez certaines espèces d’Oiseaux est digne de remarque, et s’ils ne sont molestés, ils reviennent pendant plusieurs années consécutives, faire leur ponte dans le même nid.

L'intelligence, chez l’Oiseau est très bornée, quoique le cerveau offre un développement plus considérable que celui des mammifères ; c’est l’ins-

tinct qui domine. Mais la plupart n’en sont pas moins remarquables par la singularité des actes qu’ils accomplissent. Ainsi nous voyons, au printemps, le jeune Oiseau se construire instinctivement et avec les mêmes matériaux, un nid absolument semblable à celui dans lequel il est né, et qu’il n’a peut-être jamais revu. Cette particularité, comme bien d’autres, est tellement remarquable pour tous ceux de la même espèce, que dans les mêmes circonstances, un œil un peu exercé peut, à l’examen d’un nid, reconnaître l’espèce qui l’a construit. Mais il est dans leurs mœurs quelque chose qui surprend, qui étonne davantage, ce sont ces voyages périodiques que les Oiseaux entreprennent à des époques déterminées de l’année ; ces époques sont si précises pour la plupart, que nous pouvons spécifier la date de leur arrivée ou de leur départ. Cet instinct remarquable qui porte les Oiseaux à changer de climat, fait qu’ils évitent le froid et se procurent plus facilement la nourriture dont ils ont besoin. Mais il est cependant plusieurs espèces auxquelles ce déplacement ne paraît pas offrir d'amélioration notable. Les Oiseaux n’émigrent pas tous de la même manière : les uns voyagent par bandes considérables, les autres en familles, quelques-uns même voyagent seuls. Presque tous exécutent ces migrations pendant la nuit ; les uns se rendent d’une seule course à l’endroit qu’ils se choisissent ; les autres, et c’est le plus grand nombre, ne voyagent que par petites étapes.

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