‹ Les oisseaux insectivoresChapitre 2 sur 2 · IO · texte numérisé non relu

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chercher et lui apporte sa subsistance ; quelquefois même il la remplace, ou se réunit avec elle pour augmenter la chaleur du nid et partager les ennuis de sa situation ; l'attachement qui vient de succéder à l'amour subsiste dans toute sa force pendant le temps de l'incubation, et il paraît s'accroître encore et s'épanouir davantage à la naissance des petits ; c'est une autre jouissance, mais en même temps ce sont de nouveaux liens ; leur éducation est un nouvel ouvrage auquel le père et la mère doivent travailler de concert. Les oiseaux nous représentent donc tout ce qui se passe dans un ménage honnête : de l'amour suivi d'un attachement sans partage, et qui ne se répand ensuite que sur la famille. Tout cela tient, comme l'on voit, à la nécessité de s'occuper ensemble de soins indispensables et de travaux communs ; et ne voit-on pas aussi que cette nécessité de travail ne se trouvant chez nous que dans la seconde classe, les hommes de la première pouvant s'en dispenser } l'indifférence et l'infidélité n'ont pu man-

quer de gagner les conditions élevées ?

" Nos oiseaux domestiques, dit encore Buffon, gâtés par l'abondance dans laquelle ils vivent, par toutes les commodités que l'homme leur fournit, se trouvent soustraits à la nécessité du travail en commun ; ils ont goûté au luxe et à l'opulence, et n'ont pas tardé à en montrer les premiers effets, libertinage et paresse."

Et ce sont ces êtres charmants, ces gais compagnons de travail, ces chanteurs infatigables, que l'homme des champs s'acharne à poursuivre. Non seulement il les tue dès qu'ils se trouvent à sa portée, mais il semble vouloir en exterminer la race, frappant la famille dans sa source en enlevant les œufs, en détruisant leurs nids ? En voyant les enfants tendre avec tant de soins leurs cages et trébuchets, et ces longs chapelets d'ceufs qu'on étale sur les murailles des demeures de nos cultivateurs, ne serait-on pas porté à croire que les gens de la campagne considèrent tous les oiseaux comme autant d'ennemis, et que ces œufs ainsi enfilés sont là, étalés

comme autant de trophées de leurs victoires?

Et presque toujours ces trophées ne sont pas le produit d'oiseaux nuisibles ou indifférents, mais bien de ceux que la loi protège et que le cultivateur a le plus grand intérêt à conserver. Car la plupart sont des insectivores, de l'ordre des passereaux. Ces oiseaux se nourrissent d'insectes, fréquentent habituellement vos jardins, vos vergers et vos champs, parce que les nombreux insectes qui ravagent vos cultures leur offrent là, en tout temps, mais surtout lors de l'éducation de leur petits, une nourriture abondante et facile. Aussi voyez ces tritris qui viennent placer leur nid dans votre verger, parce que les nombreuses chenilles qui ravagent vos pommiers et pruniers seront toujours à leur disposition, tant pour leur propre nourriture que pour celle de leur nouvelle famille; des fauvettes viennent cacher leur berceau dans vos gadelliers, de là elles goberont au passage les mouches sans nombre qui passeront au-dessus d'elles,

elles n'auront qu'à allonger le cou pour mettre dans le bec de leurs petits les nombreuses larves de némates qui dévorent les feuilles des arbrisseaux où elles sont placées ; et ainsi pour des centaines d'autres. Ajoutons pour le tritri, qu'il gardera encore votre basse-cour contre les déprédations des corneilles, car Margot ramasse bien avec satisfaction les pois et autres grains que vous venez de semer, elle ouvre même assez lestement en automne les épis de blé-d'inde pour en enlever les grains, mais elle aime aussi à se régaler parfois des succulents poussins d'une récente couvée. Cependant si votre verger recèle seulement un nid de tritris, votre basse-cour est à l'abri des ravages de la maraudeuse, car ceux-ci lui feront continuellement la chasse, et, du moment qu'elle se montrera, la forceront par des poursuites incessantes à s'éloigner promptement.

N dit que le calife Omar, (x) un jour Çj qu'il était à table, vit tomber sur son assiette une sauterelle sur l'aile de laquelle il put lire : " Nous sommes quatre-vingt-dix-neuf, et si nous étions cent, nous ferions bientôt disparaître toute végétation de la terre."

C'est là, sans doute, une de ces hyperboles si communes aux orientaux ; cependant, nous sommes forcés de reconnaître, lorsque nous étudions la vie et les mœurs des insectes, que, vu leur prodigieuse fécondité, ils seraient bientôt les maîtres du monde, s'ils pouvaient tout à coup se soustraire aux causes nombreuses qui restreignent leur développement. Voyez donc, par exemple, les pucerons, dont un seul couple suffit pour donner naissance, dans une seule saison, à 27,000,000 d'individus !

( 1 ) Titre que prirent , après la mort de Mohammed, les membres de sa famille qui régnèrent sur les Musulmans.

Omar fut le second calife, qui reçu le titre d'émir-almoumeim, ce qui veut dire chef des croyants.

Mettez donc cent couples, mille couples de ces petits êtres dans une même localité, . . vous voilà de suite avec une progéniture presque incalculable! Aussi les pucerons, bien qu'ils soient de très petite taille, et pourvus, au lieu de bouche, d'une trompe aussi déliée qu'un cheveu pour sucer les sucs des nouvelles pousses des plantes, font souvent périr de grands arbres, par leur multitude.

La Providence a disposé toute chose en ce monde dans une harmonie parfaite ; les instincts pernicieux de certains êtres sont modérés par les propensions opposées de certains autres ; tel genre d'animaux deviendraient bientôt exclusivement maîtres de toute une contrée, s'il ne s'en trouvait à côté d'autres plus puissants qui en font leurs proies ; telle espèce plus faible disparaîtrait bientôt de la terre, si elle n'avait, dans sa manière de vivre, certaines ressources pour se soustraire à ses ennemis, etc., etc. ; et ainsi se conserve l'harmonie du nombre entre les différents êtres, et l'équilibre entre des forces op-

posées et de puissance fort inégale !

Oui ! Mais cette harmonie du nombre et des forces opposées entre les différents êtres se trouve souvent dérangée par l'homme lui-même, bien qu'il ait à en souffrir le premier et plus que tous les autres. Pour satisfaire à ses besoins et souvent aussi à son luxe et à sa mollesse, il offre dans ses cultures les occasions les plus favorables au développement des insectes nuisibles. Chaque espèce d'insectes n'a, à peu près, qu'un certain nombre de plantes qui peuvent lui convenir pour sa nour riture ; et ces plantes, entremêlées à beaucoup d'autres, ne se présentant, dans l'état naturel, qu'à des distances assez éloignées, l'insecte dans ses recherches, se trouve exposé à une foule de rencontres qui peuvent lui devenir fatales. Mais voilà que l'homme dans ses cultures, isole les plantes les unes des autres, et les multiplie outre mesure dans des champs considérables ; et de suite, les insectes qui affectionnent ces plantes, de s'y multiplier en quantité in-

nombrable, trouvant là une nourriture abondante, à l'abri d'une foule d'ennemis qu'ils étaient exposés à rencontrer dans leur recherche dans des lieux dispersés. Les altises qui s'attaquent particulièrement aux plantes de la famille des crucifères : choux, navets, cresson, raves, etc. ; les authomies qui dévorent les oignons ; les vers gris qui rongent toutes les jeunes plantes des jardins : choux, melons, tabac, etc. ; les galéruques (petit barbeau barré jaune et noir) qui ravagent les citrouilles, melons, concombres, etc., et une foule d'autres en sont autant d'exemples. Comment donc combattre ces êtres minuscules qui se présentent par milliers et myriades pour détruire nos moissons, qui nous imposent leur tribut d'une manière si tyrannique que souvent il ne nous reste presque plus rien? La chose n'est pas facile ; leur petitesse les soustrait à nos pièges et embuscades, et leur multitude avec leur prodigieuse fécondité les fait bientôt survivre aux poisons les plus énergiques que nous semons autour d'eux.

Nous n'avons vu que trop sou veut l'insuccès de nos efforts dans la guerre que nous leur avons déclarée.

Mais ces ennemis de l'homme, ont eux-mêmes leur propres ennemis, qui savent bien mieux que nous les armes qu'il faut employer contre eux, qui connaissent les retraites où il faut aller les chercher, qui sont au fait des ruses et des détours qu'ils mettent en œuvre pour se soustraire aux attaques ; or, voilà les auxiliaires qui nous conviennent, voilà les combattants qu'il nous faut enrôler de préférence dans la guerre d'extermination que nous voulons poursuivre.

Parmi ces auxiliaires, dont nous ne connaissons qu'un bien petit nombre, la plupart ne sauraient obéir à notre commandement ; mais les plus puissants, les plus capables de servir nos vues, nous offrent leur concours à une condition des plus faciles ; à est qtie nous ne les molestions point, que nous les laissions tranquillement continuer leurs poursuites. Et ceuxci sont: LES OISEAUX INSECTIVORES.

Pourrions-nous refuser des conditions si faciles et si avantageuses ?

" Dieu, dit un naturaliste français, a créé les oiseaux pour protéger les moissons, les légumes, les arbres, les fruits, contre les ravages des insectes. Chaque oiseau mort, ce sont des millions d'insectes sauvés, et les millions d'insectes amènent la famine. " En effet, si on ouvre l'estomac d'une hirondelle, d'un moucherolle, d'un engoulevent ( mangeur de maringouins), c'est par centaines qu'on pourra y compter les barbeaux, chenilles, mouches, etc., dont l'oiseau s'était repu.

L'oiseau a contre l'insecte des ressources autrement efficaces que toutes celles que nous pouvons employer ; plus que l'insecte encore, l'oiseau est l'habitant de l'air; comme lui il a des ailes, mais plus amples, plus puissantes, lui assurant un vol plus rapide. Il a de plus des ongles pour aller retirer l'être de la nuit de ses retraites souterraines, et un bec allongé, effilé, rigide pour pénétrer dans les anfractuosités des écorces, les bois en décomposition, et jus-

que dans les troncs desséchés des arbres, pour retirer l'insecte de ses cachettes même les moins apparentes. Ajoutez à tous ces avantages une agilité sans pareille et une vue des plus perçantes, et vous avez dans l'oiseau le destructeur par excellence du plus puissant ravageur de nos moissons.

Car nous sommes forcés de reconnaître notre impuissance contre la plupart de ces déprédateurs si petits mais si puissants.

Qu'on me permette de citer ici, à ce propos, Michelet, le chantre de l'oiseau par excellence :

" D'en haut, d'en bas, à droite, à gauche, ces peuples rongeurs échelonnés par légions qui se succèdent et se relayent chacune à son mois, à son Jour, immense, irrésistible conscription de la nature, marchera à la conquête des œuvres de l'homme. La division du travail est parfaite. Chacun a son poste d'avance et ne se trompe pas. Chacun tout droit ira à son arbre, à sa plante. Et tel sera leur nombre épouvantable, qu'il n'y aura pas une feuille qui n'ait sa légion.

" Que feras-tu, pauvre homme ? Comment te multiplieras-tu ? As-tu des ailes pour les suivre ? As-tu même des yeux pour les voir ? Tu peux en tuer à ton plaisir ; leur sécurité est complète ; tue, écrase à millions ; ils vivent par milliards. Où tu triomphes par le fer et le feu en détruisant la plante même, tu entends à côté le bruissement de la grande armée des atomes, qui ne songe guère à ta victoire et ronge invisiblement.

" La vie inerte et sans défense, la végétale surtout privé de locomotion, y succomberait sans l'appui de l'infatigable ennemi du parasite, âpre chasseur, vainqueur ailé des monstres, l'oiSEAU."

De petits moucherons jaunes apparaissent pendant une soirée de l'été, ils voltigent par millions sur les blés, s'abattent sur les épis en fleur, et y déposent par milliers leurs œufs imperceptibles. De chaque œuf sort un petit ver presque invisible, qui après avoir sucé la sève du blé, sort de l'épi et s'enfonce en terre pour en sortir au printemps suivant à l'état d'in-

secte parfait. Quand la cécydomie, car tel est le nom de ce moucheron, s'abat sur les blés, le tiers, le quart, la moitié, et souvent encore une plus forte proportion de la récolte est perdue.

L'homme est impuissant contre cet ennemi ; il est également impuissant contre les chenilles, les charançons, les pucerons qui détruisent les grains, les pommes, les prunes, les fleurs des jardins, les fruits des vergers ; contre les némates qui détruisent les groseilles ; les anthomyes qui détruisent l'oignon ; les piérides qui détruisent les choux ; les vers gris qui détruisent tout. L'oiseau seul peut arrêter la production indéfinie d'ennemis si redoutables.

Celui qui protège l'oiseau, travaille donc à écarter la famine. Par contre celui qui tue un petit oiseau, contntme à rendre le pain plus cher.

On a si bien compris en Europe les services que les oiseaux insectivores rendent à l'agriculture, que dans tous les états, leur protection est sauvegardée par

des pénalités sévères contre les infracteurs des règlements à cet égard. Dans bien des endroits même, on place des nids artificiels dans les vergers, snr les arbres qui avoisinent les demeures ou dispersés dans les champs et le long des routes, pour inviter les oiseaux à venir y placer leur nichée. Ici, en Canada, nous avons bien le texte de la loi pour la protection des oiseaux insectivores, mais c'est à peu près lettre morte.

Les enfants trouvent-ils dans l'herbe des pâturages ou sur les branches des taillis des nids de pinsons, de fauvettes, de moucherolles, de suite ils en enlèvent les œufs, détruisent le nid. Le charmant chardonneret, avec ses ailes d'ébène sur sa livrée jaune-citron, qui a choisi un gadellier ou un rosier du jardin, tout près de la fenêtre, pour y élever sa couvée, ne peut même trouver grâce à leurs yeux. Voyez quelle peine infinie se donnent ces dénicheurs pour parvenir au trou que ce pivart a creusé dans ce chicot, ou pour escalader

ce sapin dans lequel ils ont aperçu un nid de grives !

Et les parents de ces gamins souffrent sans mot dire ces déprédations ! Que disje ? souvent même ils y prêtent leurs concours! Et les instituteurs, et les magistrats, et les curés, tous ceux en un mot qui parleur position et leur autorité pourraient apporter un remède à de tels abus, semblent voir le tout comme si la chose ne les regardait pas, comme si les prescriptions d'une loi sage s'il en fût étaient simplement facultatives, comme si leurs lumières et leur éducation ne leur permettaient pas de voir, de juger la chose autrement que ne le font ces gamins, plus étourdis que mal intentionnés, et dans la plupart des cas plus ignorants que coupables !

Ajoutons que presque tous les oiseaux insectivores sont de ceux qui ne peuvent nous être utiles que sous ce seul rapport. La plupart sont des chanteurs dont les notes plaisent à tout le monde, mais très peu peuvent paraître sur nos tables. Et ce-

pendant on les tue, sans raison, pour s'amuser, pour s'exercer !

Mais tous les oiseaux ne sont pas insectivores, et quels sont ceux que l'on doit à ce titre protéger ?

omment distinguer, dans le grand Ç* nombre d'oiseaux qui nous visitent chaque année, ceux que nous devons protéger ?

Tenons-nous en au texte de la loi, nous ne pouvons nous tromper. Que dit la loi ?

" Il est défendu en tout temps de chasser ou tuer, et, entre le premier jour de mars et le premier jour de septembre de de chaque année, de preudre au moyen de filets, trébuchets, pièges, collets, cages ou autrement, tous les oiseaux connus sous la

dénomination d'oiseaux perchenrs, telsqne les hirondelles, le tritri, les fauvettes, les moncherolles, les pics, les engoulevents, les pinsons, (rossignols, oiseaux rouges, oiseaux bleus, etc.) les mésanges, les chardonnerets, les grives (merles, flûtes des bois, etc.), les roitelets, les goglus, les mainates, les gros-bec, l'oiseau-mouche, les coucous, etc., — ou d'enlever les nids ouïes œufs — sauf et excepté les aigles, les faucons, les éperviers et les autres oiseaux de la famille des falconidés, les hiboux, le pigeon-voyageur, (tourte) le martin-pêcheur, le corbeau, la corneille, les jaseurs (récollets), les pies-grièches, les jeais, la pie, le moineau, les étourneaux; et quiconque trouve quelques filets, trébuchets, pièges, collets, cages, etc., ainsi placés ou tendus, peut s'en emparer ou les détruire ;" et ce sous une pénalité de une piastre à deux piastres, avec les dépens, ou l'emprisonnement à défaut de paiement immédiat.

Ainsi, il n'y a guère lieu à se tromper, puisque tous les oiseaux sont protégés par la loi entre le premier mars et le pre-

inier septembre, à l'exception des rapaces, (aigles, éperviers, hiboux, chouettes, autours, etc.,) des tourtes, des corbeaux et corneilles, jaseur (récollets), et des martinspêcheurs, etc.

Disons d'abord que tous les oiseaux sont insectivores, c'est-à-dire se nourrissent avec plaisir des insectes qui viennent à leur portée ; qu'il en est cependant parmi eux pour qui les insectes constituent la nourriture habituelle, qui ne se prêteraient que difficilement à un autre régime, et ce sont ceux-ci que la loi protège, tels sont : les hirondelles, moucherolles, fauvettes, tritris, engoulevents, pics, etc. Quant au aux autres, carnassiers et granivores, bien qu'ils saisissent avidement les insectes qu'ils peuvent atteindre par hasard, comme leur nourriture habituelle consiste en graines ou en d'autres petits animaux plus faibles qu'eux, la loi ne les couvre pas de sa protection, considérant que les services qu'ils peuvent rendre accidentellement ne compensent pas les dommages qu'ils causent sous d'autres rapports.

Puisque j'en suis sur e sujet, je ferai encore connaître deux autres amis du cultivateur, qui lui rendent des services incalculables, et que cependant il poursuit d'ordinaire sans relâche. Ce sont le crapaud et la chauve-souris. Si la laideur était un vice et qu'on ne dût juger du mérite que par les apparences, j'avoue que ces deux petites bêtes auraient peu de titres à notre protection ; mais chez les bêtes comme chez les hommes, les formes extérieures doivent céder le pas aux qualités qui distinguent les individus, et dans maintes occasions nous pouvons constater que les aptitudes les plus heureuses, les caractères les mieux doués sont cachés sous des apparences extérieures fort oeu recommandables, comme si la nature voulant faire oublier son écart, se hâtait d'établir une compensation de ce que nous jugeons être un défaut.

D'un autre côté, qu'est-ce que la beauté et la laideur ? Ce sont là des termes dont l'acception propre n'a rien de positif, et qui n'ont de valeur que comparative-

ment à l'estime que nous attachons à certains objets. Et puisque le noir est préféré au blanc en certains quartiers, qui sait si, même en dehors du monde des batraciens et des chéiroptères, les gales des crapauds avec les membranes alaires des chauves-souris ne sont pas des ornements fort estimés de ceux qui en sont dépourvues ? Nos modes du jour parmi nos belles, peuvent nous fournir des exemples d'excentricités encore plus surprenantes. Mais quoiqu'il en puisse être, le crapaud et la chauve-souris, quelque laids que nous puissions les trouver, n'en sont pas moins des êtres éminemment utiles, pour la quantité prodigieuse d'insectes qu'ils consomment chaque jour, et à ce titre le cultivateur leur doit une protection toute spéciale. Ce sont d'ailleurs des êtres tout-à-fait inoffensifs sous tous les rapports.

Espérons que ces quelques réflexions suffiront pour ouvrir les yeux des intéressés et les engager à protéger leurs véritables amis, LES OISEAUX INSECTIVORES,

et aussi, puisqu'il vient d'en être question, LES CRAPAUDS ET LES CHAUVES- SOURIS.

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