CONTES SPIRITUALISTES
Qui n'a pas compris la douceur des ombrages au mois de juin? Qui n'a pas senti son cœur s'épanonir de bien-êîre au milieu de cette mollesse des scènes radieuses de la nature? A vrai dire, il n'est pas accordé à tous de se recueillir dans la sensation, et de l'analyser par une jouissance intime, renouvelée. Funeste puissance qui enflamme et brûle la vie par tous les points, quand elle est trop excitée, mais qui, gouvernée par des pensées salutaires, se modère ets'épnre.
Ils sont si beaux les ombrages au mois de juinî Ils séduisent par un repos doux comme la pelouse, par le charmant rêver qu'on y goûte, et plus encore par les causeries, par une tendre voix de femme, dont on écoute à la fois et les pensées et les inflexions argentines, moelleuses, animées de cette sonorité indéfinissable que donne le cœur. Se mettre à deux genoux devant elle, puis l'entendre, la regarder parler, c'est chose délicieuse; et quand la chaleur pleut à rayons pesans el semble dormir sur les sites revêtus d'une lumière accidentée, on aime les cintres verdoyans qui frémissent par intervalles sous le vent, et vous environnent de fraîcheur, de calme, d'une bienheureuse finnéanlise gagnée par les occupations du matin, et de ces mélodies qui peuplent et animent les branches au-dessus de vqs têtes.
Les émanations parfumées des plantes foulées et brisées autour de vous, les tégumens, les houpes, les tiges radiées des fleurs, la variété des formes, ajoutent à ce laisser-aller si berçant, si vague, si pénétrant : oh ! comme les sensations
gagnent ;i se fondre dans les émotions de iïinie!
Le hrnissenjenî des peupliers d'Italie placés en avant de l'ombrage protecteur est. plein de charme, quand une brise périodique vient frôler leurs feuilles hastiolées, tremblotantes sur le pédoncule délié. Et le soir donc, si les prairies s'arfienlent des reflets de la lune, si les lucioles urimpeni avec leurs lumières mouvantes sur les longs herbages du recoin heureux et obscur où vous êtes, qu'il est bon de rester encore là! Puis viennent des parens, des amis; on cause; la parole n'est ni une prétention, ni une luite, elle circule; et si quelque imagination poétique et conteuse jette le fantastique, le terrible, ou le naïf à travers la poésie naturelle delà scène, on se resserre eu écoutant, et les îétes se groupent de plaisir.
Si l'on s'ennuie, quelques bâillemens mal dissimulés , quelques fronts vaciiiaus , avertissent le narrateur de s'arrêter, et de laisser à l'entretien ses alluresplus indépendantes, le choc-des réparties.
Tout plaisir, quelque séduisantqu'il soit, doit être varié : la vérité, c'est la science du bonheur
domestique; un peu d'imagination en est l'aliment, l'amour en est l'inspirateur. Dans la bourgeoisie des ménages, travailler, c'est préludera la douce sensation du repos, c'est aiguiser le plaisir; mais n'a pas qui veut le bonheur d'une aisance bourgeoise et occupée. Dans les châteaux, on ne saurait toujours tenir ni les caries monotones, ni le sceptre agile du billard, ni le fusil, ni les journaux; ily a du vide dans les soirées comme dans les cœurs. La discussion, triste, hargneuse, eiîérvescente, fait la guerre aux causeries, la conversation s'en va.
Il est des salons encore où vivent ses élégantes politesses, ses nuances fines, son charme délicat et tolérant, ses traditions de ban goût; j'en connais où une fée séduisante, gracieuse, et dont les enchantemens sont tout naturels, tient les invisibles rênes de la conversation, qu'elle dirige d'un mot, d'un geste. Bienveillance éc;airée, raison poétique, consolation de l'âme, étoile belle dans un ciel parfois orageux, elle a brillé autour des plus hautes destinées, ne devant qu'à elle-même
son éclat modeste et pur.... Ohl non cette bonne et attrayante conversation , dans laquelle chacun prend sa part de jouissance et d'instruction , ne saurait périr en France.
Et il y a tant de vide à combler dans le monde intellectuel, qu'il est moral de mettre en honneur celte causerie, forte malgré son élégance, élégante malgré la force des pensées. N'est-il pas aussi des jeunes femmes qu'une série d'entretiens graves et attrayans a sauvées peut-être des séduisans dangers d'une passion? L'hygiène du cœur humain prescrit, dans ces mouvemens désordonnés , symptômes des affections qui envahissent la vie, une occupation réitérée , des discours qui prennent l'aitention et la bercent , une habitude de plier , d'assouplir l'intelligence, qui tend à se fixer, à s'user en face d'une idée (lominanle.
Le comte de Bargevilier était un vieillard aimable, spirituel, tolérant, qui unissait à une exquise urbanité l'élévation et l'indépendance des idées nouvelles. Rare assemblage, incarnation de deux époques, il possédait une bonhomie mali-
cieuse, dont il se faisait arme contre le fatuitisme' à la mode, lorsqu'il lui était impoli et ne regardait pas à ses cheveux blancs. Cette haute moquerie philosophique, tempérée parla bienveillancede l'expression, infligeait le silence à ces étourderies sans consistance, sans fond, tout en paroles, qui n'ont pas même croyance en elles-mêmes j bouffées de vices et d'impudeur, qui crèvent comme des bulles de savon; effronteries médiocres et froides qui gâtent jusqu'à la volupté; intrépidité d'amonr-propre qui avorte dans son impuissance ; glorioles semblables à un vin sans saveur, sans délicatesse, versé à quiconque veut le boire ; comédies jouées à côté de fortes réalités; impertinences qui ennuient bien plus qu'elles ne blessent, et que je renferme dans le mot de fatuitisme. La fatuité est une maladie de l'âme, elle a ses allures vraies , ses dangers; le fatuitisme est une affectation., un rôle joué, c'est un ridicule misérable , mais dissolvant , funeste.
(i) Je ne sais si ce mot aura les honneurs de l'adoption : il me semble résumer plusieurs travers actuels.
Aussi le vieux comte, qui avait vu les vices en relief de l'ancienne cour, les dévoueniens admirables, terribles^ sanglans, delà révolution, puis la corruption à demi nue du directoire, puis le servîlisme brodé de l'empire, et ses galanteries qui allaient en courant au pas de charge, comme la victoire, prenait-il en pitié l'applalissement presque général des mœurs, le mercantisme sans conviction des opinions qui vont au jour le jour, lécrevassementaffaissé du terrain social, l'individualisme aux aguets des jouissances, et toutes ces monomamies religieuses qui mangent en herbe l'avenir d'une idée afin de jouer un rôle quelconque. Les idées fortes ne se pressent pas tant; elles ne prennent ni un gilet, ni un manteau; elles se fortifient en silence, elles ne combattent pas le sarcasme un à un ( cette lutte n'aboutirait à rien), elles étudient ce qui est pour s'y bien poser, et, au besoin, elles commenceraient un dévouement qui serait continué.
Ce mouvement intellectuel, vif et prononcé, qu'il sentait bouillonner au milieu de tant de
fori'anteries, d'iiidiiiérenccs, d'égoïsmes, consolait le vieux comte de Bargevilier. Il avait regardé au fond des mœurs à travers cette superficie écumeuse, cette bave jetée par un parlage ironique et des imaginations malades ou affamées , plus à plaindre qu'à blâmer peut-être; il était descendu au fond de nos réjdités sociales , et il avait espérance dans un avcnirauquel tousdoivent travailler, chacun en sa sphère.
Des malheurs avaient épuisé la fortune de cet excellent vieillard; mais ii s'était fait un stoïcisme si doux , si décent; il s'accommodait si facilement des déljris de ses anciennes richesses , il portait si bien l'honneur d'une position gênée; son costume noir, ses bas et sa culotte courte de soie paraissaient toujours si propres; il était si bien vouhî, si bien venu partout où il allait, qu'on sollicitait sa présence comme une faveur; on tenait à haute distinction son séjour de quelques semaines, de quelques mois dans une maison.
Il y avait dans sa conversation quelque chose du miel homérique qui découlait des lèvres de Nés-
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tor; il étiiil rîche de ia connaissance de beaucoup de choses : mais il ne gênait pas In liberté de son intellect par cette science de parades, qu'on butine aujourd'hui pour l'étaler demain. Il contait avec charme, et l'on aimait l'orientalisme de sa diction , sa poésie de sentiment , naturelle et vraie, son coloris un peu chaud, qui semblait étrange sous des cheveux blanchis. C'est que son cœur était jeune encore j c'est qu'il jouissait de l'éclat d'une fleur commeeût fait son imagination de vingt ans. Aux confins de la vie matérielle , ii ressaisissait la vie de la pensée et de l'âme ; il \a disait aussi réalité que bien des réalités; il s'étonnait de celte fureur de désenchantement qui s'emparait de toutes les tctes, de ce piîînge profanateur de ce qui prête du prix à l'existence, de ce viol effronté de toutes les idées vierges, hautes consolations tendres et sereines, qui donnent des ailes pour traverser les chagrins.
Il aimait à raconter , et à se voir écouté aussi ; l'attention lui était pUis douce qu'un applaudissement : il ne pardonnait guère aux distractions.
faiblesse excusable, et qui iatiguaif rarement : il punissait par le siience.
Ce vieillard si recherehé , si fêîé, arriva un jour, sans avoir été invité, au château du vieux général de Z*^''^*; on venait de se mettre à table po«r déjeuner, dans une petite pièce élégamment décorée qui donnait sur le parc. Le général était aveugle; les neiges delà campagne de Russie, les intempéries des bivouacs, l'avaient frappé de ce malheur. Il déjeunait assis entre Maximilien de ***, son neveu , et la jeune Félicie Belcombe, fille de l'intendant, qui venait de mourir; elle portait encore le deuil; il ne lui restait que quelques parens éloignés. Ce fut un véritable incident dramatique que l'entrée du comte de Bargevilier. Le général jeta une exclamation mêlée de joie et de surprise , tendit vaguement les bras , et, saisissant la main du vieillard, la secoua avec cordialité; Maximilien tressaillit, Félicie avança un siège.
— Eh quoi! s'écria l'aveugle, vous songez à moi, mon cher comte! Quoi! vous avez assez de boulé d'âme pour venir consoler mes misères 1
M. deBargeviller sourit de cette presque continuelle préocupatlon de l'homme, qui rapporte tout à son intérêt, et fait du moi un cenire dont les autres sont les circonférences.
— Je n'oublie pas mes amis , général , et je suis heureux de voir que ma présence leur est agréable.
Il regarda Maximllien, qui commença un sonrire, et le sentit se contracter sur ses lèvres.
Maximilien avait des idées fausses sur presque tout; il puisait dans les modernes productions cette science des sensations irritantes : il demandait au plaisir de lui galvaniser toutes les heures de la vie. Il cachait à son oncle ses dettes et ses folies; quelques cercles le gâtaient par des succès faciles. Il énervait son intelligence par les vives commotions qu'il recherchait; tout ce qui n'était pas un état de fièvre lui était ennui; ii négligeait les études, ics occupations sérieuses, qui, seules, fortifient un jeune homme, et le rendent utile au corps social dont il est membre. Il ne savait où poser l'incohérence de ses désirs.
11 était arrivé d'Ecosse depuis plusieurs mois,
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et se montrait plus assidu q»i'il ne i'avnit jamais été an château de son oncle.
Félicie avait dix-huit ans, un caractère encore incertain, des idées peu faites, et une inquiétude sans cesse éveillée par sa fausse position. Ses pauvres parens ne pouvaient la retirer de la maison du général; elle la tenait avec ordre et dignité. Sa physionomie portait le lype de la noblesse et de la souffrance.
■ — Savez-vous, général, disait Bargevilier en se posant commodément dans un vaste fauteuil, savez-vous que j'ai gardé souvenir de votre })ordeaux , de votre chambertin , et que si j'aime à trouver mes amis autour de la table où je m'assieds, je les aime aussi parfois dessus?
Le vieil aveugle se frotta les mains, et, sur un geste de Félicie, un domestique servit deux bouteilles. On continua le déjeuner, à peine commencé.
— Vous resterez quelques mois avec nous, n'est-ce pas?
— Ecoutez (ce mot, qui résumait les habi-
tudes conteuses de Bargevilier, arrivait souvent a ses lèvres } : je ne séjournemi guère ique huit jours ici , mais nous les en)pioierons bien , nous serons toujours ensemble ; car , mon cher général, nous ne comptons plus par années, mais par journées.
— Est-ce que ce sont les ans qui font seuls la vieillesse? dit Maxim 1 lien.
— Paroles d'hypocondrie, Monsieur, ou parole d'aflfectation; votre conscience le sait. Toutefois, ce que vous dites là ne manque pas de vérité; je connais deux sortes d'invalides : les invalides par l'âge, et les invalides par l'imagination. Il est quelques vieillards qui meurent avec toute leur jeunesse de cœur ; il est des jeunes gens qui traînent pendant de longues années une insupportable vieillesse. Votre littérature alcoolique , vitriolique, en est quelque peu cause. A vrai dire aussi les révolutions secouent à la fois les hommes par les idées et les idées par les hommes ; alors les germesd'ambitionjettent racine et se développent. Ecoutez : on a vu faire des grandeurs, et l'on s'est
dit : f< Pourquoi plutôt lui que moi? » On a été violemment agité par les incidens de ces drames, et l'on a voulu continuer ces sensations. Le bonheur n'est pourtant pas en ces épilepsies.
— Le bonheur , s'écria Maximilien , n'est pas aussi dans la léthargie.
— Non , certes. Écoutez : les mois bonheur et liberté sont tous deux d'une élasticité telle qu'il peut y entrer je ne sais combien d'idées fausses, vaguement appliquées, ils sont indéfinissables, et ne représentent aucune idée ; mais appliqués à des positions nettes et précises, soit sociales, soit purement domestiques , ils en revêtent soudain la netteté et la précision. Il est quelques imaginalions poétiques, élancées, pour leur malheur, à la recherche d'un bonheur imaginaire; c'est une maladie, mais une maladie subhme , qui peut créer de grandes, de belles œuvres, et répandre dans la société un feu animateur. Mais que des médiocrités stériles, oisives, parodistes, ridicules, prennent acte de leur stérilité, de leur oisiveté, ou de leurs élncubrations, pour empoisonner à la
lois leur existence et celle des insensés qui acceptent le toast de leurs folies, voilà ce qui est déplorable.
Maximilien fronça le sourcil, et baissa la tête sous la vigueur imprévue de l'argument ; Félicie frissonna, etBargevilier, sans paraître remarquer l'impression qu'il produisait, tendit son verre au domestique placé derrière lui.
— Vous m'enchantez, mon cher comte, et monsieur mon neveu , ici présent , devrait bien profiter de vos excellens avis : il devrait se mettre à la tête de mes usines, de mes fabriques, que je ne puis gérer que par l'intermédiaire d'un agent; j'aimerais à voir par les yeux de Maximilien; mais il me répond toujours que la vie est un bivouac fantastique, que sais-je, moi?
— Est-ce que je puis, à vingt-trois ans , dit vivement Maximilien, m'encagerdansl'étroitesse de cette destinée ?
— Laissez-nous, Valentin , dit le général au domestique,.. Comment, étroitesse de destinée ! Ne uouvez-vous pas en peu d'années, Monsieur,
doubler mes capitaux, qui seront les vôtres j j)rentlre des notious exactes de l'industrie, de ses procédés, de son avenir; arriver un jour à la Chambre des Députés , et , de là, jusqu'où vos talens pourront aller? Comment, étroitesse de destinée! Quelle folie! Quelle extravagance!
Prévoyant une vive discussion , Félicie leva timidement les yeux vers le comte , puis ce regard devint suppliant : il sollicitait une intervention.
— Général, éeoulezî Vous entrez dans une conversation comme vous entriez ilans les carrés ennemis, en sabrant à droite et à gauche. Une conviction ne s'enlève point au pas de charge; il y faut des allures un peu plus persuasives. J'aime les bonnes et accommodantes façons de discuter: les baïonnettes n'ont point de prise sur la pensée ; elles ne l'ont jamais tuée. Votre Naj)oléon le savait. Que peut-on opposer à un raisonnement faux? un raisonnement juste. iVux images dépravées? des images pures. Et à la folie opiniâtre i* la douceur et le temps. Heurter n'est pas convaincre; le biaise est quelquefois chose utile dans
les conversions. EnHn, quaîîd on a l'intelligence cultivée, il n'est point d'opinions solides, sinon celles qu'on se fait à soi-même.
— Vous entendez à merveille la stratégie delà parole^ monsieur le comte, dit en souriant Maximilien; mais, croyez-moi , quand le pli est fait une fois à l'organisme, on a beau peser dessus de toute la hauteur d'une raison élevée, on n'efface pas ce pli : on fiut souffrir, voila tout.
— Paresse décourage que tout cela, moucher Maximilien; qui veut bien , peut. Les lectures frivoles et les émotions énervent; elles ne sont bonnes que lorsqu'elles conduisent h un résultat honnête... Mais ne pensez pas que je sois venu trancher ici du censeur et vous imposer des moralités chagrines, quinteuses. Ecoutez ; je n'aime pas à jeter du froid sur cette effervescence , sur ce sang qui bout; cette chaleur de la jeunesse est une force et un pouvoir : il nefaut pas l'éteindre, mais la diriger. Je suis venu tout bonnement pour me promener et pour causer; je me suis rappelé les ombrages du jjiitr ;le mois l\v juin ^st
;-{fi ruoLOGiiE,
délicieux, je vais me doimer quelques charmantes soirées à m'asseoir sous vos arbres, en face de vos belles percées...
î! allait poursuivre, mais il remarqua que Félicie lui indiquait du regard l'aveugle, attristé par ces images," il se tut, se leva de table, et se dit à lui-même : — 11 se peut faire qu'il y ait en celte jeune fille une âme inquiète, tourmentée, mais cette âme doit être délicate, dévouée, capable de fortes résolutions et de hautes vertus. Aimer beaucoup, c'est pouvoir beaucoup.
— Eh bien, morbleu! je suis absurde de me chagriner, s'écria le général : faisons la paix, Maximilien, donne-moi le bras , et allons visiter nos ombrages... Bargevilicr les dépeindra, et je verrai à travers son imagination. — Puis, saisissant une des petites moustaches noires de son neveu, il lui dit : — Mauvais sujet, tu sais trop que je t'aime. — Maximilien lui serra la main.
Une joie soudaine brilla sur les traits de Félicie. Elle était d'habitude posée, silencieuse, presque sévère; puis on remarquait sur sa phy-
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sionomieje ne sais quelle fébrilité pénible à voir,
— Ainsi, vons attacherez vos utiles et jiiquans récits, disait le général en souriant, à chacun de nos ombrages.
— Afin que le souvenir nous en revienne comme une leçon, continua Maximilien ?vec une négligence ironique.
— - C'est bien là mon intention. Monsieur, — répondit sévèrement Bargeviîier, Il continua sur un ton plus affable ; mais Fimpression était donnée, et Félicie, toute palpitante, chancelait à son bras.
On arriva sous les ombrages dessinés, pour ia plupart, sur la lisière d'un l)ois de haute futaie, et qui s'ouvraient sur des aspects à travers lesquels la Seine courait capricieusement. Les uns étaient intérieurs et plus limités; les autres, ronds-points ombreux et frais, divergeant en courtes avenues, servaient de cadres verdoyans aux diverses parties de l'immense paysage.