‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 104 sur 180 · COLAS, JACQUELINE · texte numérisé non relu

COLAS, JACQUELINE

COLAS

Bonjour... Quement qu'c’est qu'tu t'portes,

Jacqueline ?

JACQUELINE

Je m’porte comme j’peux, Colas !

COLAS

T’vlà toujours avec tes mots qui n’ont pas signifiance. C’et y ben, c'est y mal qu’tu t’portes

Pis qu'tu l'vois j’-ti besoin de te l'dire ?

COLAS

Jarni ! y a pas t-un mot d'amitié dans tout ça !,.. Vois-tu, Jacqueline,

UNE NOCE AU VILLACE

— ACTE Ier. 1^-$

i faut, comme dit c’t’autre, qu’je m’débonde le cœur. JYaimons, tu l’sais ben, pis qu’nous sommes pour être mariés ensemble; mais, morguienne, je n’sis point satisfait d’toi !

JACQUELINE

Quément ? qué qui nia donc ?

COLAS

I gnia qu’tu m’chagrines l'esprit, franchement.

JACQUELINE

Quément donc ?

COLAS

Tétiguienne, tu n’m’aimes point.

' JACQUELINE

C’n’est que ça ?

COLAS

Oui, c’est qu’ça,., et c’est ben assez.

JACQUELINE

Monguieu, Colas, tu viens toujours m’dire la même chose.

COLAS

JT te dis toujours la même chose parc’que c’est toujours la même chose, et si c’était pas toujours la même chose, j te dirais pas toujours la même chose.

JACQUELINE

Mais qu'est-ce qui t’faut ? qu'veux-tu?

COLAS

Jarniguienne, j’veux qu’tu m’aimes.

JACQUELINE

Est-ce que je ne t’aime pas ?

COLAS

Non, tu ne m’aimes pas... J fais pourtant tout c’que j’pis pour que tu

UNE NOCE AU VILLAGE

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