COLAS, JACQUELINE
COLAS
Bonjour... Quement qu'c’est qu'tu t'portes,
Jacqueline ?
JACQUELINE
Je m’porte comme j’peux, Colas !
COLAS
T’vlà toujours avec tes mots qui n’ont pas signifiance. C’et y ben, c'est y mal qu’tu t’portes
Pis qu'tu l'vois j’-ti besoin de te l'dire ?
COLAS
Jarni ! y a pas t-un mot d'amitié dans tout ça !,.. Vois-tu, Jacqueline,
UNE NOCE AU VILLACE
— ACTE Ier. 1^-$
i faut, comme dit c’t’autre, qu’je m’débonde le cœur. JYaimons, tu l’sais ben, pis qu’nous sommes pour être mariés ensemble; mais, morguienne, je n’sis point satisfait d’toi !
JACQUELINE
Quément ? qué qui nia donc ?
COLAS
I gnia qu’tu m’chagrines l'esprit, franchement.
JACQUELINE
Quément donc ?
COLAS
Tétiguienne, tu n’m’aimes point.
' JACQUELINE
C’n’est que ça ?
COLAS
Oui, c’est qu’ça,., et c’est ben assez.
JACQUELINE
Monguieu, Colas, tu viens toujours m’dire la même chose.
COLAS
JT te dis toujours la même chose parc’que c’est toujours la même chose, et si c’était pas toujours la même chose, j te dirais pas toujours la même chose.
JACQUELINE
Mais qu'est-ce qui t’faut ? qu'veux-tu?
COLAS
Jarniguienne, j’veux qu’tu m’aimes.
JACQUELINE
Est-ce que je ne t’aime pas ?
COLAS
Non, tu ne m’aimes pas... J fais pourtant tout c’que j’pis pour que tu
UNE NOCE AU VILLAGE