‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 108 sur 180 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

M. JOLICŒUR, MATHURINE.

JOLICŒUR.

Bonjour, la mère Plantard, comment vous portez-vous?

MATHURINE

Je m'porte sur mes deux jambes.

JOLICŒUR.

Vous ne me semblez pas de bonne humeur, la mère Plantard... Qu’avez- vous donc comme ça ?

UNE NOCE AU VILLAGE. — ACTE 2*

MATHUR1NE.

J’ai, j’ai... j’ai la tête plus grosse que l’poing.

JOLICŒU R .

Mademoiselle votre tille, où est-elle?... Je ne la vois point

MATHURINE

Ma fille est bien où elle est.

JOLICŒUR.

Je pense, mère Plantard, que vous avez eu bien des amoureux dans votre jeune âge, belle et d’agréable humeur comme vous étiez.

MATHURINE

Palsanguienne, monsieur, j’suis pas déjà décrépite et la tète ne m’grouille pas encore.

JOLICŒUR.

Oh! ma foi, mère Plantard, je vous demande pardon, je ne songeais pas que vous êtes encore jeune. Je rêvais sans doute en vous parlant.

MATHURINE

Ah ! vous rêviez ! Pis qu'c’est rêver qu'vous faites quand vous parlez, j’suis pas d’avis, moi, d’rester là vous écouter. Stapendant si vous voulez d’là compagnie, j’m’en vas vous envoyer mon gendre qu’est gai aujourd'hui comme un pinçon sur la branche. Pour quant à moi, j’ons pas d’temps à perdre, pis qu’c’est à midi la noce [elle sort).

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