‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 109 sur 180 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JOLICŒUR, COLAS.

COLAS

Ah! vous v’ia M. Jolicœur! J’sis t’en vérité ravi dToccasion qu’est pour moi d’faire vot’connaissance.

JOLICŒUR.

Je n’ai rien à déméler avec les gens de votre espèce.

COLAS

Les gens d’mon espèce !... Ça vous plaît à dire, M. Jolicœur... Pourquoi donc qu’vous aviez tant appétit d’nos accordées... ? ça convient-y ça, à un monsieur comme vous ?

JOLICŒUR.

Impertinent ! rustre !

COLAS

J’sis t’un impertinent, si vous voulez, j’sis-t-un rustre aussi, mais tout rustre que j’sis y n’empèche pas que j 'connaissons vos manigances, et que s’is pas d’himeur à nous laisser à not’barhe, ravir nos accordées.

JOLICŒUR.

Manant ! Je ne sais qui me retient pour te fermer la bouche.

COLAS

Tout doucement, M. Jolicœur, vous allez gagner la purésie à vous échauffer comme ça. J’en ai vu ben d’autres que vous, voyez-vous et tenez-vous, car j’pourrions bien vous montrer que sis pas t’encore manchot. C’est pour vous dire que sis pas t’endurant et qu’ça s’ra ben agir à vous que d’vous retirer.

JOLICŒUR.

C’est le parti que j’aurais dù déjà prendre au lieu d’écouter tes impertinences.

COLAS

J’vous en ai pas tant dit qu’vous m’en avez dit vous même; car voyez-vous, j’sis pas méchant, moi, tant qu'on n’vient pas m'remuer la

UNE NOCE AU VILLAGE

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