SCÈNE
M. DÉSEMPLATRES. Mmc DÉSEMPLATRES ( Elle entre du côte du lit.)
M. DÉSEMPLATRES.
Ah! ma femme, approchez!
SA FEMME
Qu’avez-vous, mon cher monsieur Désempldtres r
LE .MALADE IMAGINAIRE
M. DESEMPLATRES.
Venez vous en ici, à mon secours (il tousse ). Je suis dans une faiblesse si grande que cela n'est pas croyable (il tousse). Je voudrais me mettre au lit.
SA FEMME
Vous ferez bien, mon pauvre ami. Il ne faut pas rester si longtemps sur vos jambes; cela vous fatigue... Je vais mettre du feu dans la bassinoire pour chauffer votre lit... Je vous aiderai ensuite à vous coucher
( elle sort du côté du lit).
Ah! ma mie, que je vous suis obligé de tous les soins que vous prenez de moi (il suit sa femme en toussant. Le leste de cette scène se passe derrière les rideaux jusqu’au moment où ils s'ouvrent). AveZ-VOUS lait aUSSl bouillir de l'eau pour mettre dans mes bouteilles de grès?
SA FEMME
J'y ai songé, mon ami.
M. DÉSEMPLATRES.
Vous savez, m’amour, que M. Purgon m'a surtout recommandé de tenir toujours mes pieds chauds.
SA FEMME
Et votre tète bien couverte... enfoncez bien votre bonnet sur vos oreilles : il n’y a rien qui enrhume tant que de prendre l'air par les oreilles... Ça, glissez-vous vite dans votre lit... donnez-moi votre manteau fourré que je l’accommode sur VOUS... ( les rideaux s’ouvrent et montrent M. Désemplâtres couché; sa femme est debout près de son lit). VOUS VOllà je ne sais comment. Levez-vous que je mette cet oreiller SOUS VOUS (elle met des oreillers sous lui). Et cellli-ci pour vous appuyer et celui-là de l'autre côté. Mettons-en un derrière votre dos et cet autre pour soutenir votre tète... cet oreiller-ci sera pour vous garantir du serein.
LE MALADE IMAGINAIRE
M. DESEMPLATRES.
Ah ! Madame Désemplâtres, vous allez m'étouffer... (il tousse).
SA FEMME
Hé là là là! qu'est-ce donc?
Je n'en puis plus.
M. DESEMPLATRES.
SA FEMME
Apaisez-vous, mon petit ami... j'ai cru bien faire.
M. DESEMPLATRES.
Laissez-moi , maintenant, prendre un peu de repos.
SA FEMME
Je me retire, mon ami; je vais envoyer Louison vous porter un peu
de lait chaud sucré... c'est fort bon pour le rhume (elle sort du côté opposé au lit).
M. DÉSEMPLÂTRES.
Dites aussi à Pierrot, s’il vous plaît, de venir près de moi.