‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 141 sur 180 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

JANOT, UN GARÇON PATISSIER ( portant un plat).

JANOT

Ah! te v'ià, François! j’allais cheus ta boutique.

LE GARÇON

Pourquoi faire?

JANOT

J’allais chercher not’ souper qui est là, depuis cinq heures dans le four, avec de la chicorée dessous, est-ti prêt ?

LE GARÇON

Queu morceau que c'est?

Eh pardine, un alloyau de mouton, avec une gousse d’ail que je t'ai dit de faire ben cuire dans son jus, là rissolé.

LE GARÇON

A moi? je ne t’ai pas vu d’aujourd'hui ?

JANOT

Ah oui, t'as raison; c'est à M. Pierre que j’ai parlé; qui était là sur le pas de la porte, en veste, avec un bonnet de coton, qui gardait la boutique.

LE GARÇON

Queu marque est-ce qu’il a ton souper?

LES BATTUS PAIENT l’aMENDE.

JANOT

Et je te dis de la chicorée dessous, avec une petite broche et trois isques... C’est ti ça que t’as là ?

LE GARÇON

Non, non, peste, c’est un rognon de veau. C’est le souper d’un procureur... Ne m’arrête pas pus longtemps. Mais va voir, dans la boutique, tu le trouveras.

Oui, oui. M. Pierre va me trouver ça. {Le garçon s'en va et Janot sort.)

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