‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 16 sur 180 · AI. DE LA CANARDIÈRE, MIRLIFLOR · texte numérisé non relu

AI. DE LA CANARDIÈRE, MIRLIFLOR

M. DE LA CANARDIÈRE (il entre du côté du feu).

A quel bonheur, monseigneur, dois -je l'honneur de recevoir votre grandeur?

MIRLIFLOR

Ayant pour le bal de ce soir prié vos demoiselles, j’ai cru devoir, par procédé, venir au devant d'elles pour les y conduire moi-même.

M. DE LA CANARDIÈRE

Monseigneur!... quel honneur!... mes hiles n’ont rien négligé pour se rendre dignes de figurer avec avantage parmi les beautés que vous allez réunir.

MIRLIFLOR

Au moment où je vous parle le tambour annonce le motif secret de la fête que je vais donner.

M. DE LA CANARDIÈRE

C’est pour vous marier, autrement dit pour prendre une épouse.

MIRLIFLOR

Oui, c'est ce soir que je choisis celle qui de mon nom doit étendre l’éclat.

M. DE LA CANARDIÈRE

Et quelles sont les qualités requises pour mériter l’honneur de...

- ACTE Ier.

MIRLIFLOR

Mais, que je trouve une femme jeune, jolie, bonne et spirituelle, et je m’en contenterai.

M. DE LA CANARDIÈRE

Je crois que vous n’irez pas loin pour fixer votre choix. Mes filles, Madelon et Javotte, réunissent, aux qualités que vous désirez, quelques talents de société, tels que le chant et la danse...

MIRLIFLOR

Le chant et la danse, j'en raffole.

M. DE LA CANARDIÈRE

Monseigneur, nous sommes à vos ordres, mes filles sont dans le salon.

MIRLIFLOR

Cette jeune personne qui était ici tout-à-l’heure, n’est-elle pas des nôtres !

M. DE LA CANARDIÈRE

Ça ! fi donc ! ça n’est bon que pour garder la maison.

MIRLIFLOR

Elle n’aurait pas été la plus laide des belles que je réunis.

M. DE LA CANARDIÈRE

Monseigneur est trop honnête.

Allons, le bal va s’ouvrir; il est temps de nous y rendre (ils se retournent et sortent par la porte).

— ACTE Ier.

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