AI. DE LA CANARDIÈRE, MIRLIFLOR
M. DE LA CANARDIÈRE (il entre du côté du feu).
A quel bonheur, monseigneur, dois -je l'honneur de recevoir votre grandeur?
MIRLIFLOR
Ayant pour le bal de ce soir prié vos demoiselles, j’ai cru devoir, par procédé, venir au devant d'elles pour les y conduire moi-même.
M. DE LA CANARDIÈRE
Monseigneur!... quel honneur!... mes hiles n’ont rien négligé pour se rendre dignes de figurer avec avantage parmi les beautés que vous allez réunir.
MIRLIFLOR
Au moment où je vous parle le tambour annonce le motif secret de la fête que je vais donner.
M. DE LA CANARDIÈRE
C’est pour vous marier, autrement dit pour prendre une épouse.
MIRLIFLOR
Oui, c'est ce soir que je choisis celle qui de mon nom doit étendre l’éclat.
M. DE LA CANARDIÈRE
Et quelles sont les qualités requises pour mériter l’honneur de...
- ACTE Ier.
MIRLIFLOR
Mais, que je trouve une femme jeune, jolie, bonne et spirituelle, et je m’en contenterai.
M. DE LA CANARDIÈRE
Je crois que vous n’irez pas loin pour fixer votre choix. Mes filles, Madelon et Javotte, réunissent, aux qualités que vous désirez, quelques talents de société, tels que le chant et la danse...
MIRLIFLOR
Le chant et la danse, j'en raffole.
M. DE LA CANARDIÈRE
Monseigneur, nous sommes à vos ordres, mes filles sont dans le salon.
MIRLIFLOR
Cette jeune personne qui était ici tout-à-l’heure, n’est-elle pas des nôtres !
M. DE LA CANARDIÈRE
Ça ! fi donc ! ça n’est bon que pour garder la maison.
MIRLIFLOR
Elle n’aurait pas été la plus laide des belles que je réunis.
M. DE LA CANARDIÈRE
Monseigneur est trop honnête.
Allons, le bal va s’ouvrir; il est temps de nous y rendre (ils se retournent et sortent par la porte).
— ACTE Ier.