SCÈNE IV
ILDEGARDE, ÉDOUARD.
ÉDOUARD (il entre par la droite).
Je vous apporte, ma bonne mère, une nouvelle surprenante.
ILDEGARDE.
Qu'est-ce? Explique-toi.
EDOUARD
Vous m’avez envoyé chercher Rose ; ne pouvant la trouver, j’appris enfin par le garde de la tour qu'elle y était entrée. Je me dirigeai alors vers le cachot du chevalier Edelbert. Là, je fus singulièrement surpris de trouver Rose causant avec le chevalier prisonnier qu’elle appelait son père; tandis que lui, nommait Rose sa fille. Je les ai écoutés; ils se croyaient sans témoins : Dieu! qu’ils sont tous deux bons et généreux!... Le pauvre Edelbert, malgré qu'il soit dans nos prisons, n'a pas de haine contre nous ni contre mon père. Il engageait sa fille à nous rendre, toujours, le bien pour le mal. Rose est sortie sans m’apercevoir. N’est-elle pas entrée ici en venant de la prison?
ILDEGARDE.
Oui, elle est venue; et, après l'avoir entendue, je me suis demandé si cette héroïne était bien la fille d’un charbonnier. Aussi, je ne suis pas étonnée de ce que tu m’annonces. — Elle m’a fait trop de bien en sauvant mon fils, pour que je lui veuille du mal. Je vais au contraire profiter de l’occasion qui se présente de lui être utile, — va; ne parle à qui que ce soit de ta découverte. Je me charge d’en instruire moi-même ton père.
(Edouard se retourne et sort par la droite )
ROSE DE TANEBOURG. — 6e TABLEAU