‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 38 sur 180 · ACTE Ier · texte numérisé non relu

ACTE Ier

HARPAGON

C'est bien parlé! A propos de verres, je te recommande de ne donner à boire que lorsqu'on aura soif et non pas selon l'habitude de certains impertinents laquais, qui font boire les gens lorsqu'ils n’y songent pas. Attends qu'on t'en demande plus d'une fois, et souviens-toi de porter toujours beaucoup d'eau.

JACQUES

C'est juste, le vin pur monte à la tète.

HARPAGON

Demain, je compte donner à dîner à un de mes amis. Dis-moi un peu, que nous donneras-tu ?

JACQUES

Il faudra deux grands potages et quatre entrées.

HARPAGON

Que diable dis-tu là?... Voilà pour traiter une ville entière.

JACQUES

Un rôti.

Tu vas manger tout mon bien.

JACQUES

Les entremets.

HARPAGON

Encore! Est-ce que tu as envie de nous faire crever? La frugalité dans les repas, c'est la santé. Tu ne sais donc pas qu'il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. Entends-tu?... Je te l'ai déjà dit, mais pour que tu ne l’oublies pas, je veux le faire graver en grosses lettres sur la cheminée de ma salle à manger. Je ne veux pas de tous ces plats là. Il me faut de ces choses dont on ne mange guère et qui rassassient d'abord ; quelques bons plats de pommes, de terre ou de haricots, entends-tu ?

-JACQUES

Je n’y manquerai pas.

HARPAGON

Pourrais-je savoir de toi, maître Jacques, ce que l'on dit de moi dans

L AVARE

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