LAFLÈCHE, VICTOR
VICTOR
Eh bien ! où t'es-tu donc allé
fourrer? Ne t’avais-je pas donné ordre?..
LAFLÈCHE
Oui, monsieur, je m'étais rendu ici pour attendre; mais M. Harpagon, votre père, le plus malgracieux des hommes, m a chassé malgré moi et j'ai couru risque d'être battu.
l’avare. - ACTE Ier.
VICTOR
Je t'ai déjà dit que tu es à mon service et que tu n'as pas à t'inquiéter de ce que te dira mon père. Laissons cela, parlons de notre affaire. Tu sais que les choses pressent plus que jamais. N'as-tu pas trouvé d’argent?
LA FLÈCHE
Pardonnez-moi, monsieur.
VICTOR
Où est-il donc, cet argent?
LAFLÈCHE
Je ne l’ai point.
VICTOR
Que veux-tu donc dire? Je ne te comprends pas.
J’ai trouvé le moyen d'en avoir.
VICTOR
Très bien! et de qui?
LAFLÈCHE
De monsieur votre père.
VICTOR
Cela me paraît bien difficile.
LAFLÈCHE
C'est une idée lumineuse qu'il a allumée lui-même dans mon cerveau. Écoutez: en sortant d'ici tout à l'heure, lorsqu'il m'eût congédié, je dirigeai mes pas vers le port d'où je vis sortir, à la voile, une galère turque; cette galère arrivée sur rade serra ses voiles et jeta l'ancre. Elle est restée mouillée en cet endroit.
VICTOR
Eh bien! qu'est-ce que cette galère sur rade a de commun avec l'argent que tu prétends obtenir de mon père?
LAFLÈCHE
Je vais vous faire connaître ma ruse, venez, car je l'entends et il pourrait nous gêner pour cette affaire (ils sortent tous Jeux).
l’avare. - ACTE Ier.