‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 41 sur 180 · LAFLÈCHE, VICTOR · texte numérisé non relu

LAFLÈCHE, VICTOR

VICTOR

Eh bien ! où t'es-tu donc allé

fourrer? Ne t’avais-je pas donné ordre?..

LAFLÈCHE

Oui, monsieur, je m'étais rendu ici pour attendre; mais M. Harpagon, votre père, le plus malgracieux des hommes, m a chassé malgré moi et j'ai couru risque d'être battu.

l’avare. - ACTE Ier.

VICTOR

Je t'ai déjà dit que tu es à mon service et que tu n'as pas à t'inquiéter de ce que te dira mon père. Laissons cela, parlons de notre affaire. Tu sais que les choses pressent plus que jamais. N'as-tu pas trouvé d’argent?

LA FLÈCHE

Pardonnez-moi, monsieur.

VICTOR

Où est-il donc, cet argent?

LAFLÈCHE

Je ne l’ai point.

VICTOR

Que veux-tu donc dire? Je ne te comprends pas.

J’ai trouvé le moyen d'en avoir.

VICTOR

Très bien! et de qui?

LAFLÈCHE

De monsieur votre père.

VICTOR

Cela me paraît bien difficile.

LAFLÈCHE

C'est une idée lumineuse qu'il a allumée lui-même dans mon cerveau. Écoutez: en sortant d'ici tout à l'heure, lorsqu'il m'eût congédié, je dirigeai mes pas vers le port d'où je vis sortir, à la voile, une galère turque; cette galère arrivée sur rade serra ses voiles et jeta l'ancre. Elle est restée mouillée en cet endroit.

VICTOR

Eh bien! qu'est-ce que cette galère sur rade a de commun avec l'argent que tu prétends obtenir de mon père?

LAFLÈCHE

Je vais vous faire connaître ma ruse, venez, car je l'entends et il pourrait nous gêner pour cette affaire (ils sortent tous Jeux).

l’avare. - ACTE Ier.

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