‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 42 sur 180 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

HARPAGON (seul).

Je viens de faire une tournée du côté de mon argent afin de m'assurer si ce pendard de valet n’en aurait point emporté; je suis bien aise de l’avoir congédié, car je ne me plaisais point à voir chez moi ce chien de rusé là. Certes, ce n’est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d’argent; et bienheureux qui a tout son fait bien placé, ne conservant que ce qu’il faut pour sa dépense; car on ne sait où trouver une cache fidèle. Pour moi, les coffres-forts me sont suspects, je ne veux jamais m'y fier, ce sont justement de vraies amorces à voleurs, et c’est toujours la première chose que l’on va attaquer. Cependant, je ne sais si j’aurai bien fait d’avoir enterré, dans mon jardin, les 10,000 écus qu'on m'a rendus hier. Dix mille écus en or, chez soi, c’est une somme assez... Taisons-nous, j’entends venir quelqu'un.

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