‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 47 sur 180 · ACTE 2e · texte numérisé non relu

ACTE 2e

l’avare. —

HARPAGON

Pourquoi viens-tu me rire au nez ?

FLIPOTE.

Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d'un conte qu'on vient de me faire, le plus plaisant qu'on puisse entendre. Je n'ai jamais rien trouvé de si drôle que ce tour qu'un fils vient de jouer à son père, pour en attraper de l'argent.

HARPAGON

Un fils à son père, pour en attraper de l'argent ?

FLIPOTE.

Oui ; et si ça peut vous intéresser, je m'en vais vous dire cette histoire-là.

HARPAGON

Voyons.

FLIPOTE.

Ce fils a un père qui, quoique riche, est un avaricieux fieffé ; le plus vilain homme du monde; son nom, on n'a jamais voulu me le dire, mais vous devez connaître cela ; vous savez sans doute quelqu'un dans cette ville, connu pour être avare au dernier point.

HARPAGON

Non.

FLIPOTE.

Vous ne connaissez pas ce ladre là? Eh bien, qu'importe, pour venir à notre conte, son fils, ayant besoin d'argent, eut recours à son domestique : ce domestique est un homme incomparable; et il mérite toutes les louanges que l'on peut donner.

Après.

HARPAGON

FLIPOTE.

Voilà la ruse dont il s'est servi pour attraper son père, i, i, i, i ! Je ne saurais m'en souvenir que je ne rie de tout mon cœur, i, i, i, i, il

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