ACTE 2e
l’avare. —
est allé trouver ce chien d'avare de père, i, i, i, i, et lui a dit, qu'en se promenant sur le port, avec son fils, ils avaient vu une galère turque où on les avait invités d'entrer; qu'un jeune turc leur avait donné la collation; que tandis qu'ils mangeaient, on avait mis la galère en mer et que le turc l'avait renvoyé lui seul, à terre, dans un canot, avec ordre de dire au père de son maître, qu'il emmenait son fils en Barbarie, s'il ne lui envoyait, sur l'heure, cinq cents écus. I, i, i, i, i, comment! mais il me semble que vous ne riez point !
HARPAGON
Il n'y a point là de quoi rire, je ne veux point en savoir davantage. Ce jeune homme est un pendard, un insolent, qui sera puni par son père du tour qu'il lui a fait. Le domestique est un scélérat qui sera, par moi, envoyé en prison avant qu'il soit demain; et toi, tu es une mal avisée, une impertinente que je vais, moi-même, mettre à la porte, si tu ne sors à l’instant.
FLIPOTE.
Il faut que ça soit vous le père pour vous mettre tant en colère.
HARPAGON
Hors d’ici, te dis-je.
FLIPOTE.
Monsieur, je vous demande bien pardon, je m'en vais à l’instant [elle sort).