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SIGNALÉES

OAR L'ACADÊlilE ET LES GRAMMAIRIENS.

ABIME. — Ne dites pas : J'abîme ma robe, mon chapeau , etc. Dites : Je froisse , je salis ma robe, mon chapeau, etc.

Cependant un des poètes les i>lus corrects du siècle de Louis XIV a dit :

AbÎTTte tout plutôt , c'est Tesprit de l'église. {Boileau.)

ABOLIR, ABROGER. — Abolir se dit des coutumes ; abroger se dit des lois.

ABSOUDRE. — Dites ; Nous absolvons les

innoceiîs avre p'aisir, et non : ?ious absoudons.

ACABIT. — Ne dites pas : Ces poires sont d'uNE EONNE acabit. Difes : Elles sont d'uN bon acJibit.

ACCULER , pousser quelqu'un dans un endroit sans issue. Eculer, faire plier quelque chose par derrière. Dites : Nous avons acculé Tennonii sous les nmrs de la place, et : cet enfant a ÉcuLÉ ses souliers.

A CE QUE. — Les personnes qui parlent bien ne disent pas : De manière a ce que. Cette \ieillc expicssion n'est même plus consignée dans les diction r. ai les modernes. Dites : Faites les choses de ma>iè;re que tout le monde soit content.

A CBEVAL. — On dit : Fer a cheval quand il s'agit d'une table, d'un escalier, ou de tout autre objet qui a la forme d'un fer qu'on nu f sous le pied d'un cheval. Exemple : Prépare;: une tîible de 5o couverts, et disposez-la en fi r A cheval. On dit : Fer de cheval quand il ei' question du fpr même qu'on met au pied eu cheval.

ACROSTICHE. Ne dites pas : U^e acrostiche. Dites : Un acrostiche. L'acrosticlie est un(^ petite pièce de poésie dont chaque vers commence par une lettre du nom de la personne eu de la chose qui en fait le sujet.

ABAGE, PROVERBE. Ne confondez pas ces deux Miots : le proverbe est une sentence p<vpu-

laircmi un mot f;uiii]icr cl pk'Ui de sens; VaJage est un pro'.crhe piquant cl plein de sel.

L'oisiveté est la mère de tous les vices; voilà un proverbe.

Ce que femme veut Dieu veut; voilù un adage.

A DEUX, A TROIS , A liUlT. — 3e dites pas : Qui de neuf ote deux, reste \ sept. Dites avec le correct Boileau :

Cinq et quatre font neuf, ctez deux , reste sept.

Cette expression signifie : Du nombre neuf ôtez le nombre deux, il vous restera le nombre «ept j et ici l'on ne trouve pas le mot a..

Ne dites pas : Il y avait sept a buit femmes dans cette assemblée, car cela signifierait de sept à huit, entre sept et huit , c'est-à-dire sept femmes i/4, 1/2, 2/3, 3/4, etc. ; ce qui. serait une pensée absurde. // faut dire : Il y avait sept ou huit femmes dans cette assemblée....

A FUU ET A MESLUE , AU FUR ET A MESURE. — Ces deux locutions ne .signifient jamais rien de plus que a MEsiBr. Jl faut donc dire : Je travaillerai a mescre que vous m'ap>porterez de l'ouvrage, ef. non : Je travailler.ii a ruR ET a MEscfiE que vous m'apporterez de l'ouirrage, etc.

AFFILER, EFFILER. — Le premier signifie donner le fil à un tranchant; le .•-ccond, défaire im tissa fil à fil. DJtes dvnc : J'ai affili;

la lame de mon canif , et : J'ai effilé ma cravate.

AGIR. — IVe dites pas .-Votre frère en a mal agi envers moi. Dites : Votre frère a mal agi envers moi .

AIDER. — Aider quelqu'un , c'est simplement l'assister. Dites : J'ai aidé ce malheureux de ma bourse et de mes conseils.

Aider a quelqu'un, c'est l'assister en partageant ses efforts, sa fatigue. Dites : Aidez a cet homme à porter ce fardeau.

AIGLE. — Lorsqu'on veut désigner l'oiseau même qui porte le nom d'aigle, on dit : Un aigle. En parlant d'un homme de génie, on dit encore: C'est UN aigle. Mais s'il s'agit d'un drapeau, d'une enseigne de guerre , on dit t Une aigle. Exemples: L'aigle iupériale, les aigles romaines.

Ah.'— Dites î Des conseils amicals et non amicaux , et suivez le même principe pour les noms suivans :

Bal , GLACIAL , PASCAL , THEATRAL , NAVAL , MAtlNAL , FILIAL , FINAL, INITIAL, MÉDIAL , LABIAL,

NASAL, BANCAL. Dites : Des devoirs sociaux, el prononcez de même pour la plupart des autres mots en al.

ALCOVE.— iVe dites pas : Un a\co\e.Dites: Une alcôve.

ALEIVTOUR. — On disait autrefois : Albn-

TOUR delà table, de la -ville, etc. ; on dit aujourd'hui : Autour de la table, de la -ville, etc.

ALLER. — Les personnes qui parlent correctement ne disent jamais je vas. L'Académie elle-même, malgré Beauzée, s'est prononcée en faveur de je vais.

Allai, fus. iVe dites pas : 3e fus le voir, il FUT le trouver ; car vous ne diriez pas au présent : Je suis le voir, je suis le trouver. Dites : Je m'en suis allé , il s'en est allé , et non : Je me SUIS en rllé, il s'est en allé.

S'en va. Ne dites pas : Cette tache s'en va , mais cette tache disparaît.

Allé. ÉTÉ. Ne confondez pas est allé avec a ÉTÉ. Dites : Est allé toutes les fois que vous voulez exprimer l'aciion de se transporter d'un lieu à un autre. Dites ; a été lorsque votre intention est de marquer le séjour dans un lieu désigné. Il y a entre aller et être la même différence qu'entre le mouvement et le repos. Je sors, si Ton me demande vous direz que je suis allé me promener.

J'allasse. Ne dites pas : Il faudrait que j' allas, que je fis, que je fus, mais que j'allasse, que je fisse, que je fusse , etc.

ALLUMER. — Ne dites pas : Allumez la lumière, ALLUMEZ du feu. Dites : Allumez la chandelle, la bougie, etc. ; faites du feu.

ALLUSIOiV. — M. de Pradt visite le journa-

îist<î Hofthian ; iî le trouve daiis une mansarde t'cumant la soupe, et il en est mal reçu. Indi^ gné, il lui adresse ces paroles : « Vilain drôle! tu te crois dans un tonneau , parce que tu haliiles un grenier. » Ce mot tonîseau fait penser à Diogène; c'est une allusion. L'allusion est donc une expression qui rappelle une chose à propos d'une autre.

AMADOU. — Ne dites pas :. De ia bonne amadou. Dites : De bon amadou.

AMALGAME. — Ne dites pas : U:-e amalgame. Dites : Un amalgame.

AMBE (terme de loterie). — Quelque» personnes disent une ambe. Dites : Un amj^e,

AiVACHROIVISME. — Ne dites pas : Une anachronisme (faute contre la chronologie). Dites : Un anachronisme.

AI\AGïlA!SIME. — Dites : Hm; anagramme , et non : Un anagramme.

AIVGORA. — Dites : Un chat d'ANooRA ou un ANGonA, et non : Un ANcaLA. Un Angola est un nègre de l'Afrique de la province d'Angola.

ANIMAUX. — Les mots qui expriment le cri des aniînaux et leurs parties communes sont essentiels à connaître.

Cill. On dit :

L'abeille, le bourdon et la mouche bourdonnent.

L'aigle trompette.

L'allouette grisolle, iircl/re.

L'âne brait.

Le buffle souffle, beugle.

La caille carcaille , margotte.

Le canard nasille.

Les gros chiens aboient.

Les petits chians Jappent.

La cigale craquette et chante.

Le cochon grogne.

La colombe et le ramier gémissent.

Le coq coqueline et chante.

Le corbeau croasse,

La grenouille coasse.

Le crocodile lamente.

Le dindon glougloute.

L'éléphant barète.

L'épervier , le lapin et le rciard glapissent.

Le faon rrrVt?. •

Le hibou /îwe.

L'hirondelle gazouille.

La huppe papule.

Le lion rugit.

Le loriot, le merle et le scrp.^nt sifflent.

Le milan ^a/ï.

Le moineau /7<^/7/e.

Le paon braille , criaille.

Le perroquet cause.

La pieyrtCrt5^e.

Le pigeon roucoule.. "

La poule glousse.

Les petits poulets piaulent.

Le rossignol ramage.

Le sauoWcY gromelle.

Le taureau mugit et beugle.

Le tigre rauque,

PARTIES GOMlklUNES. On dit :

Le PIED d'un che-val , d'un bœuf, d'un veau , d'un cerf, d'un chameau , d'un éléphant, d'un mouton, d'un cochon, d'une chèvre et de tous les animaux chez lesquels cette partie est de corne.

La PATTE d'un chien , d'un chat , d'un lièvre , d'un lapin , d'un loup, d'un lion, d'un ours, d'un singe, d'un rat, d'une grenouille, d'un crapaud, d'un chardonneret, d'un pinson, de tous les oiseaux qui ne sont pas oiseaux de proie, et en général de tous les animaux chez lesquels cette partie n'est pas de corne.

Les SERRES de l'aigle , du vautour, et de tous les oiseaux de proie.

La BOUCHE d'un cheval , d'un chameau , d'un âne, d'uo mulet, d'un bœuf, d'un éléphant.

La GUEULE d'un brochet, d'un crocodile, d'un lézard, d'une carpe, d'une truite, d'un serpent, d'une vipère , d'un lion, d'un tigre, d'un chien, d'un lonp , d'un chat.

Le BEç^'un perroquet, d'une hirondelle, eu un mot ae tous les volatiles.

Le GROIN d'un cochon.

Le MUSEAU d'un renard , d'une belette.

Le MCFLEd'un cerf, d'un taureau, d'un bœuf, d'un lion, d'un tigre, d'un léopard.

Les DÉrENSES d'un éléphant , d'un sanglier.

La TÈTE d'un lion, d'un chenal, d'un mouton, d'un oiseau , d'un poisson, d'une mouche, d'un serpent.

La HCRE d'un sanglier, d'un brochet, d'un saumon, d'un loup.

Le BOIS d'un cerf.

La CORNE d'un rhinocéros.

Les os d'une baleine, l'os d'une sèche.

Les ARÊTES d'un brochet, et de tout autre poisson.

AWnXRSAIBE.— Z)/^e5 .-Un anniversaire, et non : Une anniversaire.

AA'OS. — lYe dites pas : A nos âges , on est prudent. Dites : A notre âge , on est prudent.

A3iTICHA3IBI\E. — IVe dites pas : Un antichambre. Dites: LSe antichambre.

AOUT. — Prononcez : Or, et non , A-ou. Il me semble entendre miauler des chats, disait M. de Bellièvre , lo^lqu'on prononce autour de moi la Mi-A-ou , pour la mi-ou.

APOLOGUE. —Dites: Un apologue, etnon :

Une apologue.

lo A

APPAniT50>'. — Dites : Apparition, et non:

Appa-utioîi.

APrKli:.\3)RE. — Z)//e?5 : J'APPRE^DS la musique i\ cet enfant; ou : J'enseigne la musique à cet enfant.

On APPREND à quelqu'un la danse, la musique ; on lui APPREND une langue. Cette locution est admise , l'Académie la consacre.

J'adore le Soigneur , on rp'explique sa loi ^ Dans son livre divin on m'apprend a la lire.

{Racùte.)

APPRENTI. — Prononcez et écrivez : Un

apprenti, une apprentie, et non : Un apprentif,

une APPRF.NTIVE,

APS\ÈS. — Dites : La clef est a la porte, et

non : La clef est après la porte.

APRÈS-DIIVÉE. — Dites : Une après-dinée. APRÈS-MIDI. — Dites : Une après-midi.

APRÈS-SOUPÉE.— Dites: Unk après-sou-

pée. •

A PRORATA, A PURE PERTE, A RE- VOIR ( ADIEU ). — Dites : Au prorata , en pure pcite, AU revoir. |^

ARC— /Vc^ dites pas : Un archb de triomphe, mais un arc de triomphe.

A5*CflA!i. — >Xe dites pas : Fil daréghal ,

fer.

ARGILE. — Ditesi : Une argile , et non : Un argile. Ce niot signifie glaise ou terre grasse.

ARMISTICE.— 7J>//é^5; Un armistice, ci non : UNEnrinisticc; ce qui signifie suspension d'anne--.

AR3I0IRE. — Prononcez : Armoire, et non : Or moire.

AUQUEBUSE. — Z\e dites pas: Eau d' arquebuse, mais: Eau d'ARQUEBUsADE. (Eau composée dont on se servait contre les coups de feu.}

ARRHEST— Dites: De bonnes arrhes, et non : De bons arrhes.

ARIklEltE. — Prononcez : Arrière, et non :

El\lÈl'.E.

ARROSOIR. — Dites : Un arrosoir , et non: Une arrosoir.

ARTERE. — Vaisseau qui porte le sang du cœur aux veines. Dites : De grandes artères.

ASSEOIR. — Dites: Je m'AssiEDS, tu t'AS- «TEDS, il s'asstkd, ctc, au lieu de : Je m'Assois , Iti t' ASSOIS, il s'assoit.

ASTÉRISQUE.— Pro7?o;?re- les deux S: cf dites : Une astérisque, nzf lieu de : Un astértqve.

ASTB3ÎE. — Prononcez : Asme, et non : As-

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