CHAPITRE III DES ARBITRAGES
Faire un arbitrage, c'est faire un choix. Les arbitrages de banque ont pour objet de chercher la manière la pin» avantageuse de tirer ou remettre des lettres de ch&sg* wst les places étrangères.
Il y a des opérations d'arbitrage qui naissant directement de celles du commerce de marchandises et s'y rattachent. Elles consistent à payer ou à recevoir une somm8 de monnaie, prix d'un achat-vente de marchandises. — Il y a d'autres opérations d'arbitrage, qui sont l'objet d'aa commerce spécial très légitime, et qui consistent à spéculer sur les différences de prix des diverses monnaies.
De là ce qu'on appelle les trois positions des arbitrages, savoir : position de débiteur, position de créancier et position de spéculateur libre. Que Ton soit placé dans l'une ou dans l'autre de ces trois positions, on ne peut opérer en connaissance de cause qu'autant qu'on sait lire, et comparer les prix courants des diverses monnaies inscrites sur les cotes de change.
Raisonner un arbitrage, c'est chercher le prix probable d'achat ou de vente de la monnaie sur laquelle il s'agit d'opérer. C'est se livrer à un calcul exactement analogue ou plutôt identique à ceux auxquels les négociants se livrent pour obtenir les prix simulés des marchandises ordinaires.
Tous ces calculs se réduisent à chercher le résultat possible d'une opérationpar change direct ou indirect, ils se font, par conséquent, par les moyens que nous veiïOBS d'exposer, par des conjointes.
Pour raisonner un arbitrage, il faut : i* Ramener par l'escompte à une même échéance les lettres de change cotées sur les diverses places dont on compare les prix courants : c'est ce qui s'appelle niveler les cours; — 2° Ramener par des calculs sur les changes les diverses monnaies que l'on compare à un dénominateur commun; —
39 Calculer les commissions, courtages etfaux frais auxquels peut donner lieu l'opération.
Nous avons exposé l'arithmétiqst des escomptes, des changes et des commissions. C'est dire assez que celle des arbitrages ne présente aucune difficulté nouvelle, autre que la combinaison de trois données sur lesquelles il faut calculer et de h complication qui en résulte.
Les cambistes ont formulé pour les arbitrages es qu'il» appellent quatre maximes fondamentales, dans les termes suivants :
« i* Pour tirer sur une place étrangère qui donne le certain, le prix du change le plus haut est le plus avantageux ;
« 2° Pour tirer sur une place étrangère qui donne l'incertain, le prix du change le plus bas est le plus avantageux ;
« 3° Pour faire une remise sur une place étrangère qui donne le certain, le prix du change le plus bas est 1© plus avantageux ;
« 4° Pour faire une remise sur une place étrangère qui donne l'incertain, le prix le plus haut est le plus avantageux. »
Nous comprenons peu l'utilité de ces maximes simples et naïves, qui semblent empruntées à l'école, et doat l'homme d'affaires n'a pas besoin. Mais elles sont enseignées depuis si longtemps et avec tant de solennité q^@ nous n'avons pas voulu les omettre.
Est-il besoin de ces règles pour comprendre que, si j'ai 1 .000 livres sterling à recevoir à Londres, il m'est avantageux que ces livres sterling, dont je suis propriétaire, vaillent le plus cher possible et me donnent le plus grand nombre de francs et, si je les dois, que je puisse les acheter au prix du moindre nombre de francs possible? En est-il besoin pour savoir que, si je suis à Londres et ai 20.000 fr. à recouvrer à Paris, il m'est avantageux que le change soit bas, c'est-à-dire que les francs vaillent le plus possible, et que j'ai un intérêt contraire, s'il me faut payer cette somme à Paris?
Quoi qu'il en soit, examinons quelques cas pratiques
dans les trois positions, de débiteur, de créancier ou de spéculateur, où l'on peut se trouver.
X..., de Paris, doit à Londres i. 000 livres sterling, et cherche à obtenir cette somme au meilleur marché possible.
11 peut acheter à Paris ou sur toute autre place de commerce des lettres de change sur Londres, ou, ce qui revient au même, vendre à Londres des lettres sur Paris qui produisent la somme qu'il veut payer.
Il pourrait aussi vendre à Londres des titres ou des matières d'or et d'argent et en remettre le prix : le choix qu'il fait entre ces divers moyens de payer constitue l'arbitrage. — Mais nous nenous occuperons, pour le moment, que de l'achat ou de la vente des lettres de change.
X. . voit par la cote de la Bourse que les lettres de change sur Londres se négocient à Paris de 25,20 à 25,22 par livre sterling moins 3 p. 0/0. Une traite de 1.000 livres à trois mois lui coûtera donc de 25.200 à 25.220, soit 25.210 fr., moins l'escompte et plus le courtage que nous évaluerons à 1/8 p. 0/0. L'escompto à 3 p. 0/0 pour trois mois est de 1/4 de 3, soit de 3/4 p. 0/0.
Le centième de 25210 fr. est 252 fr Dont le quart est de 63 fr.
Les 3/4 p. 0/0 sont donc 189 fr. »
Le 1/8 de courtage calculé sur 25210 fr. est de ... 31 SI
Reste à déduire de 25210 fr 157 fr. 49
Par conséquent, 1.000 livres sterling, à trois mois, achetées à Paris, coûteront 25.052 fr. 51.
Si, dans ce même temps, le change de Londres présente les lettres sur Paris ou, comme on dit, le Paris à trois mois, au cours de 25,32, il est clair qu'il serait désavantageux d'acheter en cette ville des livres sterling.
Mais on vend des livres sterling sur toutes les places de commerce du monde, et il peut arriver que cette monnaie se vende à meilleur marché sur une place autre que Paris et Londres, à Hambourg, par exemple. X... consulte la cote de Hambourg, et y trouve les letires sur Londres à trois mois cotées 20,50, ce qui signifie qu'une livre sterling se change sur cette place au cours de 20 1/2 marcs. Gom-
ment savoir si les livres steriing coûteraient plus on moins à Hambourg qu'à Paris ?
Pour obtenir à Hambourg les i.ÔOO livres dont 11 a besoin, X. .. devra les payer 20.500 marks qu'il peut se procurer à Paris au cours de 124 îr. par 100 marks. Il trouve la somme cherchée en changeant les marks en fraises, ainsi qu'il suit :
x fr. : 20500 marcs.
100 marcs : 124 fr.
20500 X 124 „,„' ou : — = 2S42Q fr.
En ce cas, il vaut mieux encore acheter les 1.000 livres à Paris.
Si, au contraire, on avait à recouvrer à Londres, on aurait avantage à vendre à Hambourg les 1.000 livres au prix de 20.500 marks, qu'on revendrait à Paris 25.420 fr.
On pourrait, soit pour recouvrer, soit pour payer, chercher à quel prix il conviendrait d'acheter ou vendre des livres sterling à Berlin, à Amsterdam, à Vienne ou à Saint- Pétersbourg. Pour payer, on changerait des francs en marks, en florins ou en roubles, puis les marks, les florins ou roubles en livres sterling. Pour recevoir, c'est-à-dire pour vendre des livres sterling, on changerait ces livres en marks, en florins ou en roubles que l'on changerait ensuite en francs. On pourrait sans peine, une fois les chiiïres relevés, comparer les prix.
Un négociant, aussi bien qu'un banquier, peut avoir besoin de tirer ou de remettre sur une place étrangère. Aussi, quelques maisons du commerce de marchandises achètent et vendent les lettres sur les places étrangères que le mouvement des affaires met entre leurs mains. Mais la plupart des négociants, mieux avisés, laissent aux banquiers le soin de faire les arbitrages, et réservent pour leur commerce ordinaire le temps et l'application dont ils disposent. Entre les banquiers, il en est quelques-uns qui, non seulement achètent et vendent les lettres sur l'Étranger, mais qui ont sur les principales places de commerce des correspondants avec des crédits ouverts, de manière
à pouvoir à volonté, s'ils y trouvent leur intérêt, créer des traites ou des remises. En d'autres termes, ils font sur les changes, outre la CGmiaission, des opérations directes.
En arithmétique, les spéculations sur les changes se réduisent toujours à la recherche du prix d'une monnaie donnée sur diverses places. Il est indispensable, pour cette Tôcàerche, de lire couramment et de savoir comparer les diverses cotes de change.
Pour y parvenir facilement, en chiffre les cotes que l'on veut comparer, opération qui consiste d'abord à niveler Us cours, c'est-à-dire à ramener par des escomptes les échéances des deux places que i'oa compare à une mêmg date, ensuite à ramener les monnaies cotées as dénominateur commun de la place sur laquelle doit être faite l'opération projetée.
Mais auparavant il convient d'examiner quelques cotes réelles et en particulier celle de Paris.
La cote des changes de Paris a été modifiée sur l'initiative et paries soins de T Union des Banquiers en 1907. La réforme a été ratifiée par la Chambre syndicale des agents de change. Cette nouvelle cote est devenue la cote officiellement admise et en usage depuis le iweisd 1907. Elle a été établie de façon à simplifier l'ancienne cote, qui avait le défaut d'être très compliquée et de nécessiter des calculs qu'il était possible de réduire en prenant des hases plus uniformes. On a supprimé les deux compartiments horizontaux qui étaient dénommés : celui du haut, valeurs se négociant à trois mois; et celui au-dessous, valeurs se négociant â eue. Les deux compartiments verticaux : i*«* pier court et Papier long, ont été conservés, comme en Se ▼oit, par la cote actuelle que nous publions ci-dessoite; seulement, dans la colonne « Papier court en a ajouté* Chèque versement », et on a remplacé, dans l'autre, « Papier long » par « Papier à trois mois » . De même, su lieu de coter, au moyen d'une fraction, ea indiquait par un p ®*ll y avait perte, ou par us è s'il j avait bénéfice, k papier sur l'Italie, h Belgique et la Suisse qui ont la même màlèm#~ sétaire que h France, oa ç^te aujourd'hui sar ta Pâleur «te
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