‹ Les opérations de banqueChapitre 159 sur 167 · SS · texte numérisé non relu

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* Portefeuille irioralorié.

(1) Dans celle encaisse sont coœp sorti pour '.es besoins des changes, (

ris l'or et l'argent et 1er à lélrans'er, l qui s'élevait, fin 1921, à 1.948 000 000.

L'examen de ce tableau, nous montre que le montant de l'encaisse métallique ne s'est pas beaucoup modifié; s'il a baissé de 64 millions de francs par rapport à

1919, il reste supérieur à celui de 1918 pour une somme de 98 millions en chiffres ronds.

Le portefeuille au contraire a augmenté dans de fortes proportions. II a plus que doublé en 1920 par rapport à 1918 puisqu'il s'est accru de 1.167.200.000 francs! La reprise des affaires après la guerre explique ce mouvement ascensionnel; il a, d'ailleurs, été accentué en 1920 par la crise qui a éclaté dans le monde entier vers le mois d'avril 1920. Cette crise due, en tous pays, à une intensité de production énorme qui dépassa de lieaucoup la demande de consommation, n'est pas, au moment où nous écrivons précisément terminée. La hausse des prix qui s'est encore accentuée en 1919 et 1920 a été, pour la part principale, dans la diminution de la demande. A cela se sont ajoutées des opérations de spéculation sur les matières premières et les marchandises — notamment aux Etats-Unis et au Japon — qui ont donné à la crise un état aigu.

La France s;est ressentie de cet état de choses. Nos industries aussi s'étaient mises à produire avec intensité. Produire était à ce moment-là le conseil donn'é, la méthode à suivre pour répondre à des besoins longtemps comprimés. Mais on alla trop vite et trop loin. Les entreprises industrielles, en grand nombre et plusieurs Banques, procédèrent à des emprunts, à des accroissements de capitaux en des proportions exagérées. Avec îa crise ce mouvement se calma quelque peu.

Or la Banque de France, comme c'est la fonction des banques d'émission, est la maison de secours où l'on vient, parle réescompte, obtenir des disponibilités — d'où l'accroissement du portefeuille, qui s'est encore élevé, dans la moyenne des montants journaliers, de 488 millions de francs en 1921 par rapport à 1920 ; à la fin de 1921 — bilan du 22 décembre — le montant du portefeuille était de 2.245 millions en chiffres ronds

Nous voyons au contraire le portefeuille des effets moraforiés diminuer chaque année. La moyenne du montant journalier qui était en 1915 de 2.399 millions s'est

réduite peu à peu. On voit que de 815,6 millions en 1919. elle descend à 158,6 en 192!, et au bilan du 22 décembre 1921, ce portefeuille ne figurait plus que pour 57,8 millions. Ces faits prouvent la solidité du crédit en notre pays, le souci de remplir ses engagements, Or, dans ce chiffre réduit, se trouvent des effets sur des centres des régions dévastées, dont le recouvrement est retardé par la situation où se -trouvent les débiteurs. Les mêmes faits se sont reproduits après la crise de 1847- 48 et après celle de 1870-71.

Les avances sur titres ont presque doublé 1919 à 1921. Cette augmentation s'explique par la grande quantité de tftres des emprunts d'Etat et des compagnies de chemins de fer; la crise a obligé bon nombre de personnes à user de leurs titres pour se faire des disponibilités.

La circulation fiduciaire a augmenté dans de fortes proportions quand on compare le montant journalier de cette circulation en 1918, soit 27.536 millions de francs, à celui des montants de 1919, 1920, 1921. On constate ainsi une augmentation, en 1921, de 10.143 millions. Or les avances de la Banque à l'Etat qui figuraient au bilan du 26 décembre 1918 étaient de 17.150 millions et, dans celui du 26 décembre 1919, s'élevaient à 25.500 millions, soit une augmentation de la dette de l'Etat vis-à-vis de la Banque de France qui, pour 1919 seulement, se montait à 8.350 millions. Cela représente une part importante dans la circulation de la Banque, circulation qui, dans le bilan du 26 décembre 1919, s'élevait à 37.274 millions. L'Etat comptait donc pour plus des 8 dizièmes dans l'accroissement de cette déplorable inflation, laquelle contribua pour une part à l'accroissement des prix. Les fautes commises à ce moment par le gouvernement, en ce qui touche la conduite des Finances publiques, pèsent et pèseront encore longtemps d'un poids lourd, sur la situation financière de l'Etat et sur la situation économique du pays.

On a heureusement, depuis, montré plus de prudence dans le milieu gouvernemental. Les résistances de la

Banque, ses remontrances ont fortement aidé à cette réaction salutaire. Le gouverneur de notre grand établissement d'émission M. Georges Pallain, ainsi que le Conseil général, sur lequel il s'appuyait, ont agi avec une grande fermeté pour arrêter le gouvernement dans cette voie dangereuse. Us ont ainsi pu maintenir le crédit de la Banque, crédit indiscuté, et qui lui a permis de venir en aide à l'Etat dans les moments terriblement critiques de la guerre.

Après vingt-deux années d'exercice, en tant que Gouverneur dans lesquelles sont comprises les années de guerre, période où il sut remplir avec une si prudente fermeté une redoutable tâche, M. Georges Pallain éprouva le besoin de prendre un repos bien gagné. Il avait avec une prévoyance éclairée, préparé longtemps avant que n'éclatât la guerre, la Banque de France, au rôle qu'elle avait à remplir en cas d'un conflit toujours craint. Aussi quand l'Europe, en août 1914, vit se déchaîner la guerre, la Banque de France était prête à donner son concours éclairé à la Défense Nationale.

M. Georges Bobineau, lui a succédé le 2 septembre 1920. Antérieurement placé à la tête de l'un des plus importants services de la Banque, il est arrivé à la haute fonction de gouverneur avec des connaissances techniques certaines et une expérience éprouvée. Bien que l'on fut déjà depuis plus d'un an et demi après la fin des hostilités, il s'est trouvé et se trouve actuellement encore en présence de difficultés très graves que la crise a soulevées. Puis les doctrinaires partisans du système catastrophique de l'inflation n'ont pas désarmé. Si le gouver nement est revenu, à cet égard, à des idées plus sages, les a inflationnistes » continuent de l'assiéger de leurs conseils et s'efforcent de gagner l'opinion publique à leurs dangereux sophismes. M. Georges Bobineau s'emploie à vaincre ces difficultés sans cesse renaissantes avec une compétence et une fermeté qui contribuent à maintenir la Banque de France dans la ligne qu'elle doit suivre pour continuer à rendre au pays les

services dont il a si grand besoin, en ces années difficiles.

La politique de sagesse qu'a suivie la Banque depuis la guerre a donné des résultats tangibles. La loi du 29 décembre 1920 a ramené à 25 milliards de francs, à partir du 1er janvier 1922, le chiffre maximum des avances à faire à l'Etat. Or, après avoir dépassé le chiffre de 26 milliards en 1920, les avances à l'Etat ne figuraient plus que pour 24.600 millions au bilan du 29 décembre 1921, et étaient réduitesà 22.400 millionsdans celui du 2 mars 1922.

Nous donnons ci-dessous, le tableau des mouvements du taux de l'escompte et du taux des avances depuis la guerre, en y ajoutant pour comparaison, les taux de l'escompte et des avances en 1913.

On remarquera que le taux de l'escompte s'est élevé deux fois à 6 0/0; une première fois dans les premiers jours de la guerre au moment critique, moins de trois semaines après, il était abaissé d'un point ; une seconde fois le taux de 6 0/0 a reparu le 8 avril 1920 au moment de la crise mondiale, crise qui a eu pour conséquence comme toujours, en ce cas, une crise monétaire. Ce taux de 6 0/0 a été abaissé à 5 1/2, puis à 5 0/0 le 11 mars 1922.

Mouvement du taux de l'escompte et du taux des avances à la Banque de France (1914-1921)

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