ESPRIT DES INSTITUTIONS DE BANQUE
Un vif sentiment de cette loi du travail, qui donne tant de prix au temps, caractérise toujours l'homme d'affaires intelligent qui se sert du crédit, et le banquier plus que les autres. « Le temps est de l'argent ! » Cet aphorisme si vrai est plus vrai, s'il est possible, en banque que partout ailleurs.
Le commerce de banque a pour matière ia propriété des métaux précieux, de ia monnaie, des capitaux évalués en monnaie ; et la propriété de ces capitaux sur lesquels s'eiïèctuent les opérations de banque est constatée par les divers titres fiduciaires que nous avons énumérés. C'est par ces titres qu'on est parvenu à matérialiser des opérations abstraites et délicates de manière aies rendre sensibles et palpables, à donner un corps, en quelque sorte, à un fait purement moral, un engagement, une promesse. En banque, on ne connaît que le titre ou valeur ; ce titre est bon, ou mauvais, ou médiocre, dit-on, mais sans ignorer que la qualité du titre tient à celle d'un homme et dépend de l'exactitude probable de celui dont il représente l'engagement. Cette expression simple et sommaire de faits complexes suffit dans la pratique, et nous allons l'employer désormais dans l'analyse et la description des diverses opérations de banque et des combinaisons auxquelles elle donne lieu.