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CHAPITRE XVI BUT ET ESPRIT DES INSTITUTIONS DE BANQUE

Considéré dans son ensemble, et au point de vue de l'utilité sociale, du service public, le commerce de banque a pour but :

i° De régulariser et d'équilibrer en quelque sorte dans le monde commercial et dans chacune de ses parties, sur chacun de ses marchés , le prix des monnaies et des métaux précieux ;

2° De servir d'intermédiaire entre les capitaux qui cherchent un placement et le travail qui cherche des capitaux; de créer, par conséquent, une sorte de marché public où un prix courant établi tende à ramener à un taux uniforme les contrats particuliers ;

3° De transférer et d'échanger entre eux les divers titres de propriété des capitaux évalués en monnaie, de manière à économiser, par des compensations, à la suite des ventes opérées par le commerce de marchandises, les payements ea espèces et les transports effectifs de monnaie.

Par cette dernière fonction, le commerce de banque économise, au moyen de transferts de titres, les déplacements de capitaux monnayés qui n'auraient eu pour objet que la satisfaction des besoins personnels et de propriété privée, de manière à ne laisser subsister, s'il était parfait, que les déplacements nécessaires à la satisfaction des besoins généraux et de consommation. Si l'on considère la société humaine comme une association universelle, on voit le banquier y remplir l'emploi du teneur de livres, caissier qui calcule, compense, règle et balance les comptes particuliers de chacun des associés, vérifie leur fidélité, et fait la part des serviteurs qui ont augmenté ou diminué le talent d'or confié par le maître.

Par les deux premières fonctions, le commerce de banque procure aux capitaux un intérêt constant, en même temps qu'il éloigne d'eux les chances de perte: il fournit

au travail un crédit constant à des conditions presque régulières en vue desquelles celui-ci établit ses opérations. Ainsi l'action de la banque tend incessamment à augmenter la somme des capitaux placés et l'intérêt perçu à leur profit, et à réduire en même temps le taux proportionnel de l'intérêt : elle met les capitaux en concurrence, de manière à les faire tous travailler, moyennant une rémunération régulière, mais médiocre ; dans la comparaison de la valeur relative du travail et du capital, elle pèse sur la balance du côté du travail.

Tous les établissements, tous les usages de banque reposent sur l'application de quelques maximes fondamentales qui sont l'âme du commerce, et en quelque sorte les principes organiques des sociétés modernes. On peut les résumer dans les termes suivants:

« L'ensemble des lois et coutumes qui régissent la propriété détermine la portion du capital social qu'il appartient à cbacun ■ de conserver et d'augmenter. Le soin de Conserver et d'augmenter ce capital est remis à l'intérêt personnel, le mobile le plus commun et le plus énergique, le plus vivant et le plus vigilant des actions humaines.

« Tout commerçant est majeur, et capable de contracter en toute liberté tous engagements relatifs à la disposition de ses biens. Ces engagements, sérieux et précis en leurs termes, doivent recevoir exécution loyalement, sans délai ni exception. Le commerçant qui élude ses engagements on qui ne les remplit pas avec exactitude est mauvais, et forfait à l'honneur commercial.

« Tout capital doit travailler et produire constamment, sans suspension ni repos, et, comme le capital ne peut produire que par l'emploi, il est nécessaire que le travail de l'homme soit continu. »

L'oisiveté du capital est punie par l'absence d'intérêt, comme l'oisiveté de l'homme par le défaut du salaire ; et, lorsque le travail et le capital ont fait alliance par le crédit en vue de la production, il s'établit entre eux une concurrence dans laquelle l'homme dont le travail faiblit est dévoré par la nécessité de payer l'intérêt du capital.

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