‹ Les opérations de banqueChapitre 94 sur 167 · COMMERCIAL · texte numérisé non relu

COMMERCIAL

Encaisse ....

Porleleuille coramer-

Keports .....

Comptes courants dé-

biteurs ....

Avances sur titres.

Participations finan-

Portefeuille titres .

Autres chapitres .

Totaux . . .

PASSiF

Dépôts et bons à vue.

Comptes courants cré-

diteurs ....

Bons à échéance .

Acceptations . .

Capital versé . .

Réserves. . . .

Autres chapitres .

Totaux . .. .

Avals ou endos en cir-

culation . . .

On ajourna cette liquidation. En même temps un moratonum était réclamé en faveur des valeurs négociables, c'est-à-dire une prorogation d'échéances. Le décret parut dans le Journal Officiel du 1er août 1914. Connaissant cette mesure qui tarissait leurs ressources, les Sociétés de crédit et les Banques réclamèrent à leur tour un morato-

rium pour les comptes de dépôts et les soldes créditeurs des comptes courants, Les déposants se pressaient, en effet, aux guichets des banques et des sociétés de crédit réclamant le remboursement de ce qui leur était dû, soit qu'ils eussent un réel besoin de leurs disponibilités, soit qu'ils fussent guidés par la crainte des risques de la guerre. D'abord limités à 250 fr. et à 5 p. 0/0 du surplus du montant des dépôts, les remboursements obligatoires ont été, par des mesures successives, portés à 1 030 fr. et à 50 p. 0/0 ou 75 p. 0/0 du surplus suivant qu'il s'agissait de comptes de dépôts ordinaires ou de comptes courants dont les titulaires étaient des industriels ou des commerçants.

Quelques temps après, le 1" janvier 1915, les banques et sociétés de crédit reprenaient le libre exercice des remboursements. Ce moratorium fut appliqué aux banques et aux sociétés de crédit comme une conséquence logique du moratorium des valeurs négociables. A ce moment on manqua certainement de sang-froid. Il est vrai que l'on n'avail rien prévu à cet égard, dans le cas d'une crise causée par une brusque déclaration de guerre On improvisa toutes ces mesures sous le coup des événements. Elles furent trop étroites. Il faut bien constater que cette situation eut pu être en partie très atténuée si l'on eut eu quelque prévoyance en vue d'un guerre probable et si, la crise ouverte, ou oeuf pas accusé de véritables symptômes de panique là où il eut dû y avoir un sens plus calme de la situation.

Voici comment M. A. Ribol a apprécié le moratorium des dépôts et comptes courants des banques, clans I Exposé des motifs de la loi portant ouverture sur l'exercice 1915. des crédits applicables au premier semestre de 1915 : « Si tous les établissements de crédit, a-t-il écrit, ne s'étaient servis que pour l'escompte des effets de commerce négociables à la Banque de France de la plus forte part de leurs dépôts, et s'ils n'avaient employé à des avances sur titres ou à des opérations qui ne peuvent se liquider, en temps de crise, à de courtes échéances,

que leur capital et leurs réserves comme le voudrait la prudence, ils n'auraient pas eu besoin de ces mesures de protection dont nous avons parlé » (26 décembre 1914. Les événements ont montré ensuite qu'il y avait eu exagération dans l'improvisation du moratorium et que la majorité des banques aurait supporté la crise à l'aide de mesures mieux adaptées à la situation vraie.

Le tableau suivant donne les chiffres de la moyenne mensuelle du portefeuille de la Banque de France dans le deuxième semestre de 1914. On peut faire la comparaison avec la moyenne des six premiers mois de la môme année. Ces chiffres montrent l'importance de la fonction remplie par notre établissement d'émission en cette période critique, comme centre de secours par le réescompte.

Moyenne mensuelle du portefeuille commercial de la Banque de France (2e semestre 1914).

(En millions de francs)

Moyenne des six premiers

mois 4.523

Juillet 2.090

Août 4.048

Septembre 4.389

Octobre 4.327

Novembre 4.058

Décembre 3.767

Nous avons dressé le tableau, placé ci-dessous — et autant qu'il était possible — des chiffres représentant les principaux comptes tels qu'ils se présentent dans les bilans de fin d'année depuis 1915 jusqu'en 1918. On y voit que les encaisses y sont demeurées fort élevées en général par rapport à ce qu'elles étaient avant la guerre. Certaines de ces sociétés ont enregistré, à ce chapitre, des chiffres beaucoup plus élevés ; le 30 juin 1915 ils dépassaient, pour le Crédit Lyonnais, 800 millions et pour le Comptoir d'Escompte 393 millions. En agissant ainsi les grandes sociétés de crédit ont eu, dans leur ensemble, en vue de pouvoir faire face aux événements imprévus de la guerre. L'accroissement de leur portefeuille est aussi à signaler ; mais il importe de faire remarquer que sont compris dans ce portefeuille à côté

SOCIETES DE DEPOTS

des effets de commerce, des bons de la Défense nationale. Ces bons que la Banque de France escompte depuis la décision du Conseil général du 24 novembre 1914, lorsqu'ils n'ont plus que trois mois d'échéance, donnent lieu dans les banques à des opérations d'escompte reposant sur la différence entre l'intérêt de ces bons et le taux auquel on les escompte. Tous ces comptes ont suivi une marche en général ascendante, synthétisée par les totaux de leurs bilans.

Principaux comptes des quatre grandes Sociétés de Crédit dans leurs bilans de fin d'année de 1915 à 1918.

Crédit lyonnais

Comptoir Yl9l6

d'escompte )1917

Société )K)1ô

générale )i9i"

Crédit ' industriel et

COMMERCIAL i

Les banques et les sociétés de crédit en particulier, ces dernières en raison de leurs nombreuses agences ont contribué lors des quatre emprunts de guerre qui furent faits au succès de ces emprunts.

Il nous faut signaler aussi ce fait que malgré la crise terrible et longue que nous avons traversée des banques

déjà existantes se sont agrandies soit en augmentant leur capital, soit en opérant des iusions avec d'autres banques, et ont fondé des agences à Paris et en province, prenant ainsi le caractèredes maisons appelées en France sociétés de crédit ou de dépôt. Citons à ce sujet : la Banque Nationale de Crédit au capital de 300 millions et le Crédit commercial de France au capital de 120 millions. Les Sociétés fiduciaires. — Ces institutions ont été importées en France, pendant la guerre de la Suisse où elles sont depuis un certain temps établies ; elles sont très répandues en Allemagne. La société fiduciaire sert d'intermédiaire entre les banques, d'une part, et les chefs d'entreprises industrielles et commerciales de l'autre. Elle a pour but d'étudier ou la situation d'une entreprise industrielle dont le chef demande une ouverture importante de crédit, ou les propositions de création d'entreprises. Dans les deux cas, les agents de la société fiduciaire se livrent à une enquête, enquête comptable par l'examen des livres de l'entreprise, enquête technique s'il s'agit delà création ou de l'extension d'une entreprise commerciale ou industrielle. Ces sociétés ont rendu de grands services dans les pays où elles fonctionnent depuis longtemps. La condition première de leur fonctionnement est que le demandeur de crédit donne sans restriction aucune, aux agents de la société fiduciaire les moyens de connaître réellement sa situation financière, ou en d'autres cas, d'apprécier les conditions techniques et financières de l'entreprise qu'il veut fonder. Ces sociétés portent en ÀMemagne le nom de TreuhandgeseUschafim. On en comptait en ce pays plusieurs centaines avant la guerre»

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