ENTROPION DE LA PAUPIÈRE INFÉRIEURE
La constitution anatomique de cette paupière, différente de la paupière supérieure, entraîne une modification des procédés opératoires. Le tarse, ici, est un élément de moindre importance et son incurvation a peu de place dans la constitution de l’entropion. C’est aux parties molles, à l’orbiculaire, qu’il faut surtout s’adresser pour combattre les effets et la cause de la difformité.
Si l’entropion est peu accusé, il y a un mode d’intervention susceptible de donner de bons effets et qui consiste à tracer une ligne profonde de cautérisation ignée au-dessous du bord libre. Avec le galvanocautère ou le thermocautère on. mènera, à, 3 ba
LES SDITKS DES OPHTALMIES 141
4 millimètres de la rangée ciliaire, une ligne profonde de feu qui devra détruire l’orbiculaire et aussi le tarse sous-jacent. D’ailleurs, qn donnera au trait de feu une profondeur et une largeur proportionnées à l’effet qu’on se propose d’atteindre. Pour cette opération, l’anesthésie chloroformique n’est pas nécessaire et on obtiendra une insensibilité suffisante par une injection sous-cutanée de cocaïne. La plaque de corne placée sous la paupière sert de guide à l’opérateur et protège en même temps le globe de l’œil.
Ce procédé’est préférable aux diverses sutures de Gaillard, de Snellen ou d’Arlt, qui ne s’appliquent qu’aux entropions spasmodiques, lesquels ne sont point en cause ici.
Lorsque l’enlropion sera trop accentué ou trop cicatriciel pour se redresser sous l’influence du seul trait de feu, on aura recours au procédé chirurgical suivant, qui est décrit également comme suit par M. Panas et qui donne un effet certain.
On pratique deux incisions verticales comprenant . la peau et le muscle orbiculaire ; elles sont exécutées l’une en dehors, l'autre en dedans de la paupière, et sont reliées entre elles par leur milieu au moyen d’une troisième, horizontale, intéressant seulement la peau, de façon à constituer une H.
Les deux lambeaux carrés sont disséqués, le supérieur jusqu’aux bulbes des cils, l’inférieur vers la base de la paupière. La portion prémarginale (ded’orbiculaire ést alors excisée de façon à mettre à nu la face antérieure du tarse, qu’on sectionne, s’il le faut, sur la plaque de corne.
Après s’être rendu compte de combien la paupière demande à être raccourcie pour donner le redres-
sement voulu, on retranchera avec les ciseaux une partie du lambeau inférieur ou jugal, et l’on réunira par quatre ou cinq points de suture les deux lèvres cutanées entre elles, en ayant soin de faire sortir les aiguilles en arrière de la rangée des cils.
On appliquera un pansement antiseptique sec et, à la première levée dq, celui-ci, au quatrième jour, les fils pourront être retirés.