ENTROPION DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE
De nombreux procédés ont été imaginés pour remédier à l’entropion de la paupière supérieure et le but à atteindre est de ramener la rangée des cils à nne situation normale. C’est pourquoi ces divers jirocédés portent les noms de « dédoublement du sol ciliaire », « transplantation du sol ciliaire », etc.... Nous ne les rapporterons pas, pour ne pas rendre notre description confuse, car il est un procédé qui, selon nous, est le meilleur de beaucoup et qui répond à toutes les indications, que l’entropion soit léger ou fort,, qu’il soit étendu à toute la paupière ou partiel.
Ce procédé est celui d’Anagnostak’s, modifié par Panas, et par cette opération on se propose : l" de redresser la rangée des cils et de la remettre en place; 2- de détruire la courbure anormale du tarse qui a été la cause de l’entropion.
Voici ce procédé tel que le décrit M. Panas ;
Le malade étant chloroformisé ou insensibilisé par une injection de cocaïne,,on applique la plaque de corne dans le cul-de-sac supérieur et on la confie à un aide, qui doit la maintenir fortement contre la face postérieure de la paupière, pour prévenir l’hémorragie. On pratique alors, à 3 millimètres au-dessus de la ligne des cils, une incision horizontale s’étendant de la commissure externe au point lacrymal correspondant. La section intéressera la peau et le muscle orbiculaire, et met à nu la face antérieure du tarse recroquevillé et épaissi.
Prenant avec la main gauche une pince à dents de
LES SUITES DES OPHTALMIES
souris, on saisit le lambeau ciliaire, qu’on dissèque au bistouri sous l’orbiculaire, jusqu’à ce qu’on aperçoive nettement les racines des cils, reconnaissables à leur couleur. Il faut se garder d’aller plus loin, pour ne pas dédoubler le bord libre, comme dans l’opération de Jœsche-Arlt.
On dissèque de même la lèvre supérieure de l'incision jusqu’à mettre à découvert le bord adhérent du tarse et le ligament suspenseur ou aponévrose orbitotarsale. Un crochet sert à attirer en haut la peau avec . l’orhiculaire et facilite le placement des fils.
Si le tarse est peu incurvé et suffisamment souple, on le respecte. Le plus ordinairement, il est rabougri, et, avant d’appliquer les sutures, on le fendra horizontalement au bistouri dans toute son épaisseur, y compris la conjonctive, et d’une extréipité à fautre ; une section moindre n’est indiquée que si 1 enroulement est partiel. La boutonnière doit être perpendiculaire aux deux faces du tarse, le but étant de faire basculer les deux moitiés sur place, pour redresser le tarse incurvé, comme on redresse, après l’avoir fracturé, un os consolidé vicieusement.
Avec ce procédé, il n’est pas besoin, dès lors, d enlever un morceau cunéiforme du tarse, comme Snellen et Streatfield l’ont proposé.
La disposition des sutures est la suivante : on commence par harponner avec la première aiguille le ligament suspenseur et le tarse à leur partie moyenne; l’aiguille, demi-courbe, est glissée ensuite sous le petit lambeau musculo-cutané qui porte les cils et sort au bord libre, immédiatement derrière la rangée des cils. Quatre autres points de suture sont placés de même', deux à droite et deux à gauche du premier.
En tirant sur les deux bouts du fil, on fait remonter le petit lambeau cutané et avec lui le bord ciliaire, qui, grâce à la section du tarse, se retourne et s’ectropionne légèrement ; il ne reste plus alors qu’à nouer. La lèvre supérieure de l’incision cutanée, laissée libre, se coapte d’elle-même à l’inférieure suturée au tarse. Les fils sont noués assez fortement et, au lieu de les couper au ras des nœuds, on dispose les bouts parallèlement, pour les réunir ensuite tous ensemble et les fixer au front avec du collodion, en les maintenant un peu tendus.
L’opération terminée, on applique un pansement antiseptique sec, qu’on laissera en place pendant quatre jours, sans y toucher. Le pansement peut être renouvelé quotidiennement après le quatrième jour et on retire les fils du sixième au huitième jour.