‹ Les opinions de Jacques BonhommeChapitre 11 sur 12 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

DE

et

THOMAS QRAINO'ORQB

L'Ours et les deux Compagnons

Poop M. Waldeck-Rousseau.

Reinach avec Waldeck, toujours outrecuidants,

A monsieur Zadock-Kahn vendirent, Les voix des gen? de ville, et do nos paysans; Le marché teneùt ferme, au moins à ce qu'ils dirent. Ainsi leur grand Rabbin n'aurait plus désormais

A créer de nouvelle Affaire, Pouvant tout démolir, à son gré, sans jamEiis

Craindre le vote populaire.

Mais le Suffrage Universel, Leur à leur compte et non à celui plus réel.

De Ceux dont il rend la pensée Sur les deux malandrins se précipite au trot

Pour en faire une fricassée.

D'intérêts, à ce temps, point ne dirent un mot.. Monsieur Joseph Reinach grimpe au faîte d'un arbre;

Waldeck plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,

Ayant quelque part ouï dire.

Que le Peuple bien peu souvent S'acharne. sur un corps qui ne vit ni respire.

QUELQUES FABLES

L'Universel Suffrage entre dans ce panneau :

Il volt ce corps gisant, le croit' pr vé de vie, El de peur de supercherie

Le tourne, le retourne, approcfie son musE

Plaire aux passages de l'haleine.

— C'est, dit-il, un cadavre. Otons-nous, i

QUELQUES FABLES

Court à Waldeck-Rousseau, lui dît que c'est merveille Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal. — C'est vraiment, je le vo's, un vilain animal!

QUELQUES FABLES

Mais que l'a-Uii dil i I'oi«ille?

Car il t'approchait de bien près,

Te retournant aveu sa seri'e.

— H m'a dît qu'il ne faut jamais Vendre la peau de l'ours qu'on ne l'ait mis par terre.

La Cigale et la Fourmi

POar M. MiLLBRAND.

Les Syndicats ayant chaulé

■fout rélé Le Ça ira, la Carmagnole — (Un rude chant qui n'est pas gnolle) —

Se trouvèrent au dépourvu Quand, le mauvais temps fut venu.

Bien qu'on sentit venir la gêne.

Pourtant, ils n'étaient pas en peine Leur ami. Monsieur Millerand, Un vrai, presque « sorti du rang », Avait dû faire une réserve;

276 QUELQUES FABLES

Les grands projets, lu renie ouvrière et la loi Des accidents, semblaiept garants de bon aloi.

Et les dâlégués, pleins de verve, S'eD allèrent, sans plus demander au baron Millerand, quelque ui-gent : « lis n'avaifuit plus B Et cpmplalent sur son Excellence, 1 Parlant au nom des Syndtcate. >> Mais le baron, toujours régence. De leur répondre : <t Avant d'examiner le cas ■ Que faisiez-vous en saison automnaleT >< — B Tous nous avons chanté l'Internationale ! n Bépondent-ils en rayonnant.

— " Citoyens, ne vous en déplaise u Vous en preniez trop à votre aise, 1 Eh bienl crevez maintenantl

Le Coq et la Perle

Pont H. Caillius

Delcassé qui n'est pas diplomate ù. demi, Apporta lriony)haiit à Caillaux son ami.

Tout lier et redressant réchine

Un superbe papier de Chine, C'était un bon traité, où l'on nous promettait De nous payer... un peu plus tard, — la lorte somme ;

Et notre ministre, en somme.

Sur l'Kftport du papier comptait Pour dérider Caillaux, qui, de ce mmistère Etait le trop pauvre argentier.

Mais Vautre s'écrie : « O misèrel Je crois, tout comme toi, que ce papier est bon. Mais ie moindre ducaton Ferait hiea mieux mon affaire.

Le Loup et le Chien

Four H. Baddin neveo

el la pet ire grand

nlre un gros monsieur, aussi dodu que beau, e soie, el velu de riche houppelande.

Le dévaliser à merci.

QUELQUES FABLES

Le voyageur leut fait san'^ le jnoLndre souci Mais il fallait livrer bataille, Et le monsieur était de taille A se défendre hardiment,

Aussi le mineur, poliment, Entre en propos, et lui tait compliment

Sur son emlxinpoint qu'il admire.

L'autre, se rengorgeant 6 ces mots, de lui dire : ^ « Il ne tiendra qu'à vous d'être aussi gras que moi, Mais il faut pour cela vous trouver un emploi.

Vos pareils sont tous misérables

Menant un train de pauvres diiibles.

QUELQUES FABLES

Mal vêtus et crevant la faim.

Suivez-moi! vous aurez un bien meilleur destin. » Le mineur dit: « Que faut-il faire?

— Il faut entrer au ministère; Alors vous aurez à foison Des reliefs de toute façon,

Sans vous parler de mainte aubaine. »

Et le mineur déjà se croyait hors de peine Quand sous l'habit du sire, il vit un grand collier.

D'un superbe et brillant acier.

— « Q'est-ce là? lui dit-il. — Rien ! — Quoi, rien?

[•— Peu de chose.

— Mais encoref — Je vais vous en dire la cause : /\u ministère, ami, comme premier huissier

Je suis attaché : mais je pense Avoir là-bas quelque importance Près de Monsieur Monis, notre grand justicier. —

— Attaché, dit l'autre! Elle est forte!

Vous n'allez pas où vous voulez?

— Non fit le gros monsieur, qu'importe!

--Il importe très fort et si vous appelez

Cela vivre, dans l'abondance, Point ne me remplirai la panse!

Vous pouvez conserver, mon vieux, votre trésor! » Cela dit, le mineur s'enfuit et court encor.

Les Loups et les Brebis

Ponr mes Pareols et A

Après pas mal de temps de guerre déclarée, Dans une très prochaine et charmante contrée,

Les coqu[ns firent paix avecque les Bourgeois, — Je parle des coauins qu'on appelle anarchistes

Et U'aulres noms encore qui unissent en istes; — Citoyens de partout, sans patrie et sans lois. La paix se conclut donc ; on donna des otages Le Coquin ses enfants, l'autre sa garnison, Puis l'on but h la poix, et plus que de raison.

iOZ QUELQUES FABLES

L'échange en ëtanl fait par ces moyens peu sages, , Au bout de quelque lomps. les petits coquinots Se virent francs coquins el friands de tuerie i Des bourgeois imprudents, ils firent boucherie Sans oublier d'emporter leurs m.igols.

Chargés de leur bulin, alors ils se retirent : Ils avaient nverti les leurs secrèlernenl.

De biinno loi, naïvement, i.a garnison se vit eiranglfe en dormant.

Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent. Tout fut assassine. Pas un seul n'échappa.

NoTis pouvons conclure de là Qu'il fiiiil faire aux mCchants guerre continuelle.

i.a paix esL fort bonne en soi,

J'en conviens; mais, de quoi ,sert-elle

Avec des ennenJs sars foi.

Le Satyre et le Passant

Ponr M. le Président dn GoDseil

Monsieur Waldeck, dans mon gîte Un jour étant survenu, Soufflait dans ses mains très vite, Et, n'étant pas parvenu

A chauffer de son haleine Ses pauvres doigts engourdis, — {Pourtant comme une baleine Il soufflait!) — sous l'appentis.

QUELQUES FABLES

Près du feu de cheminée, Il s'approcha tout d'abord Et, la flamme ranimée, Se réchauffa plus encor.

Puis 11 dit; - Qu'est-ce qu'on mangeî i Je réponds : « r\sseyez*voiis ; A côté, près de la grange Mijole une soupe aux choux. <•

Et voilà sur le potage Qu'il soufUe encore une fois.

Comme il souillait avec rage En arrivant sur ses doigis.

QUELQUES FABLES

Et moi, pensant à la fable Du Satyre et du Passant, Je lui dis d'un air affable:

(( Veuillez sortir à présenti

Ne plaise aux Dieux que je couche Avec vous sous même toit:

Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid. »

Le Coche et la Mouche

Ponr M. Delcassé

Cinq voyageurs poussaient un coc^e.

Du berlingot tout élalt descendu ; L'atl«lage suait, souillait, était rendu.

Pelcassé vient et des chevaux s'approche Prétend les animer par son hourdonn«nent.

QUELQUES FABLES 2

S'imaginent h tout momenl Qu'il fait, lui seul, avancer la maotiine. Cahin-caha, le char chemine Et sur le tard arrive en haut.

Delcassé s'écrie aussitôt r Voilà le coche dans la plaine!

Je puis donc respirer; ces gens sont bors de peine!

Morale : II faut toujours vous adresser Quand vous n'aurez pas besoin d'aide A notre excellent Palaméde Sir 'fheophiius Delcassé,

La Chauve Souris

Monsieur Waldeck, li'ès eoircctoineiil mis Suivait un chemin creux, s'en allant à la ville.

il venait de chez des amis

Et regagnait son domicile.

Voilà tiu'au coin du bois survient un malandrin Qui, sans plus larder, vous l'arrête.

Mais l'autre, sans perdre la tête.

Lui dit d'un air de spadassin.

QUELQUES FABLES

En lui nionlrant large ceiniure rouge :

" Mon ami, vous n'y pensez pas 1 Je suis ù, vous, et vais suivre vos pas, El ne croigneK pas que je bouge ! n Il faut conler que l'homme ùlait aJ-raé Et Waldeck poinf, c'est ce qui nous explique Qu'il ne pouvait donner d'autre réplique. On le conduit au lieu très inaccoutumée 0(1 les brigands avaient leur gile.

Le sire leur confa hien vile

Que jamais il n'Ëlait alla

Chez les bons bourgeois quff pour faire

Quelque coup, quelque bonne affaire 1

On l'acclame ! Il esl inslallii Chef des brigands, et dans celte bewigne fl travailla sans souci ni vergogne.

Mais voilà les coquins baltus Et pris par les soldats. On instruisit la cause ; Waldeck tâcha d'abord d'alermoyer ; la chose

Valait que lous, saut hii, fussent pendus !

Mais lui n'était res(i5 qu'alln de mieux défendre

QUELQUES FABLES

Les gens du pays, ses amis,

El s'il s'était tant compromis.

C'était pour le seul bien de l'aHaire publique.

On ne Jit pas s'il reçot la réplique :

Je crois que par pitié, peut-être indifférent. Le ju^e le chassant, vous le mit ù, la porte.

Waldeck partit, de lelle sorte Qu'il erre (Jspuis lors comme le Juît-Erranl-

Quelques

Proverbes

expliqués

Le général André affectionne les Rébus :

• C'est son passe-temps favori.

(Les Jourvaux.)

Pour les loisirs du

FRÈR'E .*. ANDRÉ

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