Chapitre III. Multiplication des Orchidées
Art. I. Division des touffes. 300
Art. II. Semis 301
Art. III. Bouturage 303
Art. IV. Orchidées hybrides 301
Vocabulaire 305
Table alphabétique 309
Les Orchidées constituent certainement l'une des familles les plus intéressantes de tout le règne végétal.
Le botaniste y trouve des sujets d'études extrêmement variés grâce à leur organisation si spéciale, se modifiant pour ainsi dire avec chaque genre, de manière à produire les choses les plus bizarres et les plus inattendues.
Aux amateurs de jardins, elles offrent les fleurs les plus belles qui se puissent cultiver, d'une très longue durée et d'autant plus recherchées qu'on y rencontre la plus grande diversité, dans les formes aussi bien que dans les couleurs.
Ces fleurs présentent parfois des dimensions très grandes comme dans les Caltlei/a ; dans d'autres cas, elles sont beaucoup plus petites, mais constituent d'immenses inflorescences qui peuvent atteindre plusieurs mètres de longueur (Oncidium).
Mais c'est surtout par la singularité de leur structure que ces fleurs excitent notre curiosité et notre admiration. D. Uois. Les Orchidées. 1
L'une d'elles donne l'illusion d'un papillon voltigeant (Oncidium Papilio) ;
Une autre: la flor Espiritu santo (Perisleria elala), de Panama, doit son nom à sa forme qui rappelle celle d'une Colombe ;
Celles de plusieurs espèces appartenant aux genres Calasetum, Slanhop'ea, etc., ressemblent à des animaux fantastiques.
Enfin pour compléter cette série de formes comparables à celle que l'on observe dans le Règne animal, on peut citer nos curieuses Orchidées indigènes, principalement les Ophrys dont les fleurs ressemblent à une Mouche, une Abeille, une Araignée, etc.
Une autre plante qui croit dans les Alpes et dans les Pyrénées, le Cypripedium calceolus (Sabot de Vénus, Sabol de la Vierge, Ladie's slipper) (Pantoufle de dame) doit ces noms à la forme si remarquable de son labelle, forme qui se retrouve d'ailleurs dans toutes les espèces de ce genre, disséminées dans diverses régions du globe, et qui sont recherchées pour l'ornement de nos serres.
Mais, si les fleurs d'Orchidées sont intéressantes au point de vue de la structure, on peut dire qu'elles ne le sont pas moins sous le rapport du coloris, car on y observe les couleurs les plus brillantes comme les plus délicates, présentant toutes les nuances qui se peuvent rencontrer dans l'échelle chromatique, s'associant parfois de manière à produire des tons et des contrastes absolument inconnus dans les autres plantes.
Presque toutes les Orchidées exhalent une odeur suave rappelant soit le parfum de la Vanille, soit celui du Muguet, du Lilas, de la fleur d'Oranger, etc. Il existe cependant des espèces dont l'odeur n'est rien moins qu'agréable, et l'on peut citer parmi elles YOrcliis bouc (Orchis hireina), commun aux environs de Paris, dont le nom spécifique est justement
tiré du. parfum qu'il exhale; 1* 0. coriophora^h odeur de punaise, etc.; mais il s'agit là de cas tout à fait exceptionnels. Cependant, les Orchidées ne sont pas seulement remarquables par leurs fleurs. Certaines plantes (Ànœclockilui) méritent d'être cultivées pour leur superbe feuillage velouté parcouru par des lignes d'un brillant jaune d'or ou d'un blanc d'argent, selon les espèces.
Les Orchidées sont, les unes terrestres, les autres vpiphyles. Ces dernières, spéciales aux régions tropicales, vivent fixées sur les branches et sur le tronc des arbres, qui constituent pour elles de simples supports, car elles ne tirent leur subsistance que de l'atmosphère.
Les Orchidées de la zone torride étaient autrefois considérées comme d'une culture difficile, et comme exigeant absolument la serre chaude. On réunissait alors dans les mômes conditions de température, des genres et des espèces provenant des régions intertropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, en ne tenant aucun compte de l'altitude à laquelle ils croissaient les uns et les autres. Aussi les déboires étaientils nombreux.
On sait aujourd'hui qu'une serre tempérée suffit pour cultiver le plus grand nombre des Orchidées et qu'une bonne quantité, et non des moins belles, peuvent se contenter d'une serre froide. La culture de ces plantes est devenue ainsi à la portée de la majorité des amateurs d'horticulture, d'autant plus que les nombreuses introductions de plantes vivantes, faites dans ces dernières années par les voyageurs, en ont fait baisser les prix dans de notables proportions. On voit maintenant des Orchidées dans toutes les serres et le nombre des espèces et des variétés cultivées en est devenu si considérable qu'on se trouve parfois en face d'une réelle difficulté lorsqu'il s'agit de les identifier.
Au point de vue cultural, l'importance de cette famille est
devenue telle, qu'en dehors de nombreux ouvrages à planches coloriées, il existe actuellement, en France et à l'étranger, plusieurs journaux exclusivement consacrés à la description des belles plantes qui la composent et au perfectionnement de leur culture.
Les Orchidées de nos régions, petites plantes à floraison printanière ou du commencement de l'été, sont loin d'égaler la richesse de leurs sœurs des pays chauds. Elles intéressent surtout par l'originalité de leur structure et, sous ce rapport, pourraient être classées au nombre des plantes les plus curieuses de nos jardins. Malheureusement, leur culture, tentée à plusieurs reprises par des amateurs fervents, n'a donné de résultat à peu près satisfaisant que pour un très petit nombre d'espèces. Elles ne veulent pas être domestiquées et meurent lorsqu'on essaie de les enlever à la vie sauvage pour les transporter dans les jardins.