CHAPITRE IV
La famille des Orchidées a des représentants dans presque toutes les parties du globe. Comme nous l'avons déjà dit, la zone tempérée n'offre que des espèces terrestres, tandis que les èpiphytes se trouvent cantonnées dans la zone intertropicale. Ce n'est que dans les régions polaires que les Orchidées manquent complètement ; car dès le 68 e degré de latitude nord on commence à observer l'intéressant Calypso borealis, puis se montrent certains Cypripedium et enfin tour à tour les espèces des régions tempérées, sub-tropicales et tropicales. Dans l'hémisphère austral c'est aux environs du cap Horn, par le 56« degré de latitude, que l'on rencontre les derniers représentants de la famille.
Au point de vue de la culture, c'est certainement le Nouveau- Monde qui fournit le plus grand nombre d'espèces ornementales. C'est de là que nous viennent les Masdevallia, Catlleya, Lœlia, Schomburgkia, Sophronitis, Zygopetalum, Lycasle, Catasetum, Odontoglossum, Oncidium, Miltonia, quelques Cypripedium et les Selenipedium.
L'Asie et l'Archipel Malais nous offrent les Phalœnopsis, les JErides, les Vnnda, les Renanthera, les Saccolabium, les Anœclochilus, un grand nombre de beaux Dendrobium et Cypripedium.
A part quelques Dendrobium, Cymbidium, Phajus et Sarcochilus, l'Australie ne possède pour ainsi dire pas d'Orchidées ornementales, à moins qu'on ne considère comme telles certaines espèces terrestres qui ne sont encore guère connues que des botanistes, appartenant aux genres Caladenia, Calochilus, Diuris, Glossodia, Thelymitra, Pterostylis, etc.
Il en est de même pour l'Afrique qui, en dehors de Madagascar, la Réunion et l'île Maurice où se rencontrent presque tous les Angrœcum, ne voit croitre que des plantes peu estimées des amateurs d'horticulture, bien qu'on puisse faire une exception en faveur des Disa, des environs du Cap, des Lissochilus, des Ansellia et de certains Eulophia de la région
équatoriale.
C'est dans la zone intertropicale que les Orchidées sont le plus abondantes et qu'elles présentent les plus brillantes couleurs ; mais il ne faudrait pas conclure de là que les plus belles espèces exigent dans nos serres une température excessive. En effet, s'il existe dans ces régions des sortes qui croissent au niveau de la mer où elles trouvent une somme de chaleur considérable, un grand nombre se rencontrent à des altitudes plus ou moins grandes, comme YOdontoglossum crispum, l'une de nos plus jolies Orchidées, qui croît entre 2,000 et 2,500 mètres, dans les environs de Bogota (Colombie) et qui par conséquent n'exige que la serre froide. L'Oncidium nubigenumàe la Nouvelle-Grenade doit son nom spécifique à ce qu'il croît dans la région des nuages à 4,600 mètres d'altitude.
En Europe nous avons un Cypripedium (C. Calceolus) des Ophrys, Aceras, Serapias, Orchis, Limodorum, Herminium, qui existent aussi dans la région méditerranéenne ; des Epipaclis, Cephalanthera, Goodyera, Neottia et Listera, qu'on retrouve également en Asie et en Amérique ; des Habenaria genre auquel Bentham et Hooker rattachent les Gymnadenia, Nigrilella, Platanthera, et un grand nombre d'autres sousgenres, et qui a des représentants dans toutes les parties du monde; des Spiranthes qu'on retrouve également partout; des Malaxis, des Microstylis, des Liparis, Calypso, Corallorhiza.
Enfin, certains genres croissent dans les régions intertropicales des deux hémisphères : Bulbophyllum, Vanilla. Ce dernier genre manque seulement en Australie.
Au point de vue de la répartition des Orchidées, on peut
dire que c'est l'Amérique tropicale qui est le mieux partagée. Sur les 334 genres qui figurent dans le Gênera plantarum de Bentham et Hooker, environ 150 y ont des représentants. L'Asie tropicale et l'Archipel Malais viennent ensuite avec chacun environ 80 genres, puis l'Australie et l'Afrique, qui en comptent chacune une cinquantaine. L'Asie tempérée n'en possède qu'une vingtaine, de même que l'Amérique septentrionale et l'Europe.