CHAPITRE PREMIER
VALEUH DES ORCHIDÉES ORNEMENTALES
On sait combien les Orchidées sont recherchées pour l'ornement des serres.
Cette vogue, bien justifiée, n'est pas seulement due à la bizarre conformation de leurs fleurs, dont on ne trouve aucun exemple comparable dans tout l'ensemble du règne végétal. Ces plantes ont en outre les plus hautes qualités qu'on aime à rencontrer. Fleurs souvent abondantes, parfois très grandes, de coloris les plus brillants et les plus variés, dégageant souvent les parfums les plus suaves et, chose extrêmement précieuse, se conservant fraîches pendant plusieurs semaines et durant parfois jusqu'à un mois et un mois et demi dans toute leur beauté.
Si on ajoute à cela que les Orchidées sont généralement faciles à cultiver, on aura l'explication de la passion qu'elles inspirent à certains amateurs.
Ajoutons que certaines espèces sont assez rustiques pour qu'on puisse les faire figurer dans les salons, au moins pendant la durée de leur floraison.
De ce nombre sont : Cypripcdium insigne et ses variétés ;
284 LES ORCHIDÉES AU TOINT DE VUE HORTICOLE
C. Harrisianum, vernixium, Boxalli et villosum; les Odontoglossum Rossi, maculatum, nebulosum, grande, Insleayi, crispum, etc.; pendant l'été, les Callleya Mossiœ, Warneri, les Lœlia purpurala; pendant l'hiver, les CaUleya Triants, Percivaliana, les Dendrobium nobile et Wardi, etc.
Toutes ces plantes doivent, dans ces conditions, être placées dans les parties les mieux éclairées, à l'abri des courants d'air et aussi loin que possible des foyers de cheminées et des bouches de calorifères. La floraison passée, on les remet en serre, où elles se rétablissent.
Les fleurs d'Orchidées sont aussi très recherchées pour la confection des bouquets et comme parures de bal. A Paris, il s'en vend des quantités qui vont augmentant chaque hiver, principalement des Callleya, des Lœlia, des Odonloglossum, des Oncidium, des Cypripedium, des Dendrobium, des Phalœnopsis, des Vanda, etc l .
En Angleterre, depuis longtemps, à Paris, depuis quelques années, les Orchidées se vendent aux enchères, comme les tableaux et les curiosités. Certaines d'entre elles y atteignent des prix absolument fabuleux.
Dans un petit livre intitulé Les Orchidées, M. Lewis Castle, de Londres, donne quelques prix d'Orchidées vendues sur le marché de Covent Garden, depuis 1830 jusqu'en 1885.
On y voit figurer : un Sobralia macranlha, vendu 650 fr. en 1830 ; un Vanda Lowi, vendu 750 fr. en 1846 ; un Angrœcum eburneum, 600 fr.
En 1855, un Mrides Schrœderœ atteint le prix de 2,525 fr un Vanda suavis, 775 fr.; un JErides affine, 670 fr. et un Vanda Batemanni, 1,075 fr.
En 1859, un Phalœnopsis amabilis, 1,710 fr. ; un autre 2,500 fr. Un Lœlia superbiens, 920 fr. et un arides nobile 525 fr.
En 1862, un Saccolabium gultatum, 1,300 fr.; un Saccota bium giganteum, 1,200 fr. ; un Dendrobium Falconeri