CHAPITRE III
MULTIPLICATION DES ORCHIDEES.
Art. I". — Division des touffes.
Ce serait une grande erreur de croire qu'on peut multiplier les Orchidées à laide de leurs pseudo-bulbes. Ces organes donnent naissance à des feuilles et à des fleurs, mais jamais à des racines; aussi, quel que soit le genre de plante pseudobulbeuse auquel on ait affaire, on ne peut en obtenir de nouveaux individus qu'en sectionnant le rhizome lui-même. Mais, ces pseudo-bulbes renferment des matériaux de réserve; aussi, pour les Orchidées qui en sont pourvues, doit-on diviser le rhizome de manière à ménager un ou deux de ces organes sur chaque fragment, qui, naturellement, devra aussi être muni déracines. Pour plus de sécurité, ce sectionnement doit
MULTIPLICATION DKS ORCHIDÉES.
être fait sans déranger la plante, dont on ne sépare les diverses parties que lorsqu'elles ont donné signe de vie par l'émission de nouvelles racines et de nouvelles pousses. Dans les espèces à tige charnue, comme la Vanille, la multiplication se fait facilement par boutures.
Pour les espèces acaules, comme les Cypripedium, la multiplication se fait plus aisément et la reprise est mieux assurée. On les divise de la même manière que toutes les plantes de serre formant touffe.
Mais, d'une manière générale, on peut dire que la multiplication des Orchidées est longue et difficile, aussi bien par division des touffes que par graines, ainsi que nous le verrons plus loin. Cela explique la rareté et le prix élevé de certaines plantes qu'on ne peut avoir que par l'envoi d'individus récoltés dans le pays d'origine. C'est la raison pour laquelle certains établissements horticoles entretiennent à grands frais des voyageurs qui parcourent les régions habitées par les Orchidées, non seulement en vue de trouver des variétés nouvelles, mais encore pour approvisionner nos serres d'espèces connues qui sans cela seraient d'un prix inabordable pour la majorité des amateurs.
Art. II. — Semis.
La multiplication des Orchidées par la voie du semis présente de grandes difficultés. La première des choses, pour employer ce mode de reproduction, est naturellement d'avoir des graines à sa disposition : or, la maturation des fruits dans nos serres ne s'opère pas toujours d'une manière suffisante et il est souvent même difficile de savoir si les graines récoltées sont fertiles, leur petitesse extrême en rendant l'examen peu commode sans l'aide du microscope. On sait que la fleur des Orchidées est conformée de telle sorte que la fécondation ne peut être opérée que par les insectes qui les visitent pour y butiner. L'ouvrage remarquable de Darwin sur la fécondation des Orchidées par
LES ORCIÏIDÉES AU TOINT DE VUE HORTICOLE
les insectes montre que chaque sorte a ses insectes particuliers dont la forme est exactement adaptée à celle de la fleur. Dans nos serres, il est donc nécessaire, les insectes spéciaux n'y existant pas, de fertiliser les fleurs si on veut obtenir des fruits.
Fig. 119. — Germination d'Orchidée.
{Avec un fort grossissement.)
Le temps qui s'écoule entre la floraison et la maturité des fruits est d'ailleurs souvent fort long, et ceux-ci se trouvent par conséquent exposés à toutes sortes d'accidents. M. Bleu a publié dans le Journal de la Société nationale a" horticulture de France des détails intéressants sur le temps nécessaire à certaines Orchidées pour former et mûrir leurs graines. Dans une note lue à la conférence des Orchidées, tenue à Londres en 1885, M. H. Veitch a consigné ses propres observations sur le même sujet, lesquelles, d'ailleurs, sont concordantes.
D'après ces auteurs, les Callleya du groupe des labiata mettent de onze à treize mois pour mûrir leurs graines.
Il faut environ neuf mois au Lœlia purpurata, six mois au Phalœnopsis Schilleriana, onze ou douze mois au Cypripedium Spicerianum, neuf mois au Cypripedium insig?ie, environ quatre mois aux Masdevallia, trois à quatre mois aux Calanthe, un an aux Odonloylossum maculatum, Dendrobium aureum, Anijuloa Clowesii, Chysis bractescens, Maxillaria Harrisoniana.
Mais la multiplication par graines présente d'autres difficultés. Le temps nécessaire pour amener une plante obtenue de
MUi.TIl'UCATION DES OUCIII IIICKS.
graines jusqu'au moment de la floraison est tellement long et les soins méticuleux à donner aux jeunes semis, qui restent microscopiques pendant les premiers mois, exigent tant de patience qu'on recule généralement devant l'emploi de ce mode de multiplication. Voici, d'après les observations de M. Veitch, le temps écoulé entre les dates de semis et de première floraison de certaines Orchidées.
Calanthe, Phajus, 3à4 ans.
Callleyas croisés par Lœlias, 10 à 12 ans.
Cypripedium, 4 à 6 ans.
Dendrobium aureum croisé par D. nobile, 3 à i ans.
Ma&devallia et Chysis, 4 à 5 ans.
Lycaste, 7 à 8 ans.
Zyyopetnlum maxillare fécondé par Z. Mackayi, 5 ans.
Lœlia triophthalma, 8 ans.
Lœlia calliylossa, 19 ans.
Ce dernier laps de temps est le plus long qui ait été observé entre la germination et la première floraison d'une Orchidée.
Les raisons que nous venons d'énumérer font qu'on ne multiplie pas les Orchidées par voie de semis. On ne se sert des graines que pour l'obtention d'hybrides, rendus d'autant plus précieux aux yeux des amateurs, par les difficultés sans nombre qu'il est nécessaire de vaincre pour les amener à l'état de plantes adultes.
Art. III. — Bouturage.
Les espèces d'Orchidées qui sont pourvues de tige peuvent se multiplier par le bouturage : telles sont les Vanilles, qui se reproduisent ainsi avec la plus grande facilité: que les tiges soient munies ou non de racines adventives. Les parties tronçonnées, constituant les boutures, doivent être tenues sous cloche ou sous châssis, à l'étouffée, jusqu'à ce que la reprise en soit bien assurée.
LES ORCHIDEES AU I'OINT DE VUE HORTICOLE
Art. IV. — Orchidées hybridesi
Nous avons vu dans un chapitre précédent combien il est difficile de multiplier les Orchidées à l'aide des graines. On comprend maintenant qu'on attache tant de valeur aux hybrides horticoles qui, naturellement, ne peuvent être obtenus que par semis et qui exigent tant de soins assidus jusqu'au moment où elles fleurissent pour la première fois. En tenant compte encore que dans bien des cas le résultat obtenu est insignifiant e> même nul au point de vue de l'amélioration des plantes, on peut voir à combien d'aléas est soumise l'obtention des Orchidées hybrides.
Parmi les horticulteurs qui se sont occupés de l'hybridation des Orchidées et qui ont obtenu les meilleurs résultats, on peut citer : M. Dominy, de l'établissement Veitch, M. Seden, puis MM. Bart, Bleu, Bowring, Cookson, Cross, Dreweet, Harriss, Latham, Lawrence, Swan, Warner, etc.
Nous avons énuméré, dans notre Revue des principales Orchidées cultivées, les hybrides les plus intéressants obtenus dans chaque genre, notamment dans les Catlleya et les Cypripedium.
Il est nécessaire d'ajouter que, non seulement on a obtenu des hybrides entre espèces d'un môme genre, mais qu'on a de nombreux exemples de plantes issues du croisement d'espèces appartenant à des genres distincts. C'est ainsi qu'ont été obtenus des hybrides à.' Anœctochilus et de Hœmaria ; de Catlleya e de Lœlia pour lesquels on a créé le genre Lœliocatlleya ; de Catlleya et de Sophronitis, pour lesquels on a formé le genre Sophrocallleya; d' Epidendrum et de Sophronitis (Epiphronitis) ; de Millonia et d'Odontoglossum; à'Odontoglossum et de Zygopelaluni; de Phajus et de Calanlhe (Phajocalanlhe).
VOCABULAIRE
Nous ne donnons ici que l'explication des mois techniques employés dans cet ouvrage, en renvoyant, pour la description des organes des Orchidées aux pages G à 16 : Caractères de la famille des Orchidées.
Acuminé, dont l'extrémité se rétrécit brusquement pour se terminer
en pointe.
Adné, soudé dans toute sa longueur à un autre organe. Adventives (racines), qui naissent sur la lige. Alternes (feuilles), qui semblent placées sans ordre sur la lige,
mais qui, en réalité, sont disposées régulièrement sur une
spire.
Ancipitê, comprimé, avec les bords opposés plus ou moins amincis. Aphylle, sans feuilles.
Auriculé, muni d'appendices foliacés ou oreillettes. Axillaire (inflorescence), qui nait à l'aisselle des feuilles. Basilaire (inflorescence), qui nait de la base de la plante. Bifide, se dit d'un organe divisé en deux lanières atteignant environ
la moitié de sa longueur.
Biflore, qui porte deux fleurs.
Bilobé, divisé en deux lobes.
Bractées, feuilles modifiées situées dans le voisinage des fleurs. Calleux, qui présente sur un ou plusieurs points des parties
épaissies.
Callosité ou callus, épaississemenl qui s'observe fréquemment sur le
labelle des Orchidées.
Canaliculé, plié en gouttière.
VOCABULAIRE
Cannelé, relevé de côtes longitudinales laissant entre elles des sillons plus ou moins profonds.
Caudiforme, en forme de queue.
Caulinaives (feuilles), qui naissent sur les tiges.
Cirre, appendice filiforme plus ou moins contourné en vrille.
Comié, se dit d'un organe dont la base est entièrement soudée avec la base d'un autre organe.
Connivenls, se dit d'organes dont les sommités se rapprochent, sans cohérence.
Continu, soudé à un autre organe qu'il semble prolonger ; se dit encore d'un organe qui ne présente ni articulation, ni interruption.
Cordiforme, en forme de cœur.
Coriace, tenace et résistant, rappelant la consistance du cuir.
Cunéiforme, en forme de coin.
Demi-cylindrique, ayant à peu près la même grosseur dans toute la longueur, mais présentant une face convexe opposée à une face aplatie.
Denticulé, muni de très petites dents.
Disque, dans le cas qui nous occupe, ce mot désigne surtout la partie centrale du Libelle, abstraction faite des lobes.
Distiques (feuilles) disposées sur deux rangs opposés sur une même tige.
Émarginé, échancré.
Ensi forme, en forme de glaive.
Epi, inflorescence formée de fleurs sessiles sur un axe simple ou ramifié.
Falciforme, courbé en forme de faulx.
Fusiforme, en forme de fuseau, c'est-à-dire renflé au milieu et atténué dans les deux bouts.
Gaine, base de certaines feuilles, dilatée en fourreau et enveloppant la tige.
Géminé, disposé par deux.
Gibbeux, dilaté en bosse.
Glauque, couvert d'une pruine de couleur vert bleuâtre ou bleu blanchâtre.
Gorge, entrée du tube de la corolle.
Grappe, inflorescence formée de fleurs pédicellées disposées sur un axe simple (grappe simple) ou ramifié (grappe composée, particule*.
VOGABULAIPiK.
Hampe, ce nom s'applique surtout aux axesTlorifères (tiges florales)
des plantes bulbeuses lorsqu'ils sont dé| rvues de feuilles.
Imbriqué, se dit de parties qui se recouvrent les unes les autres
comme les tuiles d'un toit.
Incurvé, se dit d'un organe dont la partie supérieure est courbée en
dedans.
Indivis, synonyme d'entier.
Lacinié, divisé en lanières étroites.
Lacinie, employé quelquefois comme synonyme de division du
périanlbe (sépales ou pétales).
Lamelle, muni de lamelles, appendices qu'on observe parfois sur
le labelle.
Lancéolé, en forme de fer de lance, c'est-à-dire oblong et atténué
insensiblement en pointe aux deux extrémités. Libre, sans adhérence aucune.
Linéaire, également étroit dans toute sa longueur, plan et à bords
parallèles.
Lobe, s'emploie comme synonyme de division.
Maculé, qui présente des taches ou mandes, d'une couleur différente de celle du fond.
Marginé, synonyme de bordé.
Membraneux, mince et qui a l'aspect ou la consistance d'une membrane.
Monophi/lle, portant une seule feuille.
Oblong, surface beaucoup plus longue que large. Obovale, surface plane en forme d'ovale, mais insérée par la partie
la plus étroite.
Onglet, base rétrécie d'un pétale ou du labelle, constituant une
sorte de pédicelle.
Onguiculé, muni d'un onglet.
Opposées (feuilles), situées au même niveau et placées l'une en face
de l'autre sur une même tige.
Orbiculaire, surface plane de forme à peu près circulaire. Panicule, voir grappe.
Pédicelle, on donne ce nom au support particulier de chaque fleur
lorsque le pédoncule est ramifié.
Pédoncule, support ou queue d'une fleur. Lorsque le pédoncule est ramifié, l'axe commun conserve le nom de pédoncule, qu'on désigne aussi quelquefois par celui de hampe, et les ramifications, portant les fleurs, prennent le nom de pèdicelles.
VOCABULAIRE
Pélio/e, queue de la feuille, partie étroite, demi-cylindrique, qui
supporte le limbe des feuilles.
Piriforme, en forme de poire.
Pluriflore, qui porte plusieurs fleurs.
Plurifolié, qui porte plusieurs feuilles.
Polymorphe, de forme très variable.
Pubescent, muni de poils courts, mous, peu serrés. Radicales (feuilles, hampes) qui semblent naître de la racine. Réniforme, en forme de rein ou rognon.
Rhizome, tige souterraine rampant horizontalement au-dessous du
sol, portant des racines adventives, donnant naissance à des
liges feuillées, à des pseudo-bulbes et à des hampes florales qui
dans ce cas sont dites radicales.
Scape, synonyme de hampe.
Sessile, qui s'insère sans l'intermédiaire d'onglet, de pétiole, de
pédicelle ou de pédoncule.
Sèlaré, en forme de soie ou de poil raide.
Vniflore, portant une seule fleur.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Les genres sont indiques en petites capitales, les espèces en caractères ordinaires, les synonymes en italique.
Pag
Aceras anthropophora R.
Br 5
Acineta Lindl. . . . 29 et
— Barkeri Lindl. 109 et
— chrysanlha Lindl. .
— densa Lindl. . . .
— Iliimboldtii Lindl lOUcl
— super/ia Rehb. • •
— Wartcewiczii Kll/.sch Acropera Loddigesii Lindl.
Ada Lindl.. . . 33, 181 et
— aurantica Lindl. . .
JShanthus Lindl.. 34, 212 et
— araclinitis Lindl. . .
— grandiflorus Lindl. .
— Leonis Hchb. f. . .
/Eiiiues Lour. . . 31, 20i et
— alline Wall. . 204 et
— affine llook
— araclinitis Swartz. .
— cùrnulum lîoxb. .
— crassifolium Parish.
et Rehb. f. .
erispum Lindl.
204 et
205 et
cylindricum L. 205 et Emericii K. f. 205 et expansum It. f. 205 et falealum Lindl. 200 et Fieldingi Lindl. 200 et Godefi'oyanum llchb.
f. . "... 200 et
.Kiiides guttatum Itoxb. . . 203
— Houlletianum 11. 200 et 289
— illustre Rehb. f. 207 et 289
— japdnicum Lindl. et
Rehb. f. . . 208 et 291
— Laurenciœ H. f. 208 et 289
— lepidnm R. f. 208 et 289
— Lxndleyanum Wight. 203
— Lobbii llort. . 208 et 289
— maculosum L. 20S et 289
— nobile Warn. 209 et 289
— odoratum Lour. 209 cl. 289
— pachyphyllum Hcbb.
I'. ' . . . . 209 et 289
— preemorsum S. 203 et 289
— qiiinqucvulneriim L.
210 et 289
— retusum Swartz. . . 203
— Rœbelenii 1t. f. 210 et 2S9
— roseum Lodd. 210 et 289
— suavissimum L.210 et 289
— Vandarum Hchb. f. . 205
— Veitchi llort. . 211 el 289
— virens Lindl. . 211 et 289
— Warneri 205
Aiiamsia Lindl. . 31, 128 et 289
— cyaneaB.etH. . . . 128
— piilchella Lindl. . . 128
— tricolorBnth. et llook
128 et 289 Amphiglottix 75
TABLE ALPHABÉTIQUE
Pages.
Anacamptis pyramidalis. . 25 1
Anacheilium 75
Ancr.-kcum Pet. Th. . 34 et 190
— articulatum Bchb. f. 190
— bilobum Lindl. 190 et 2S9
— caudatum L. . 190 et 289
— Chailluanum il. f. 191 et289
— citratum Pet. Th. 191 et289
— du Bnyssoni God. L. 191
— eburneum Pet. Th. .
191 et 289
— Ellisii Williams 102 et 289
— falcatum Lindl. 192 et 293
— fragrans 282
— fuscalum Rchb. f. . 192
— Kostchyi lîchb. f. . 192
— l.eonis Rchb. f. . . 213
— modestum Ilook. f. . 192
— Sanderianum Rchb. f. 192
— ScoUianum R. f. 193 et 289
— sesquipedalePT. 193et289
— superbum Pet. Th. . 191 Anguloa Ruiz. et Pav. 32 et 138
— Clowesii Lindl. 138 et 291
— grandiflora Knth. . 116
— llei nandezii Knlh. . 118
— Ruckeri Lindl. . . 138
— super/m II. B. K. . . 109
— unifloraR. et P. 139 et 293 Anoectochilus Bl. 35, 237 et 289
argenleus Hort.
argenteuspictus Uorl argyroneureus Hort Boylei Hort. . .
Buïleni Hort. . .
concinnus Hort. .
Dawsonianus Lour.
Dayi Hort. . . .
Dominii Hort.
Eldorado Hort. .
Friderici Guilielm
Rchb. f. . . .
Heriotii Hort. . .
hieroglyphicus Hort interniedius Hort.
latiniaculatns Hort.
linealas Hort. . .