‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 1 sur 43 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Plus occidit aer quam gladius.

Prixgle.

A une époque où les accusations les plus graves sont portées contre les organismes microscopiques de Tair, j'ai pensé être utile aux étudiants micrographes et aux hygiénistes en résumant, dans une sorte de Traité, les procédés actuellement mis en œuvre pour récolter, compter, cultiver et étudier les microbes atmosphériques. J'aurais encore différé la publication de cet Ouvrage, si quelques Mémoires parus récemment sur cet important sujet ne m'avaient pas convaincu de la nécessité de donner sans retard aux études de Micrographie aérienne une direction en rapport avec les questions spéciales qu'elles sont appelées à résoudre.

On est peut-être trop porté aujourd'hui à délaisser l'étude des bactéries en général, pour s'adonner exclusivement à celle des microbes pathologiques : sans doute, il est du plus haut intérêt de cherchera découvrir les organismes meurtriers agents des typhus, des fièvres exanthémateuses, de la tuberculose et d'un grand nombre d'autres affections; mais, à côté de ces ferments figurés dont l'existence est encore hypothétique, il en est d'autres qui, à chaque heure du jour, s'introduisent à notre insu, soit dans nos voies respiratoires, soit sur les muqueuses

lie noire tube digestif, soit encore sur les plaies causées par le Iraumatisnie cliirurgical ou accideotei. Ce serait, il me semble, faire preuve d'une négligence impardonnable <\ae de ne pas s'inquiéter de la présence, autour de nous, de ces bactéries jus- «[u'ici inconnues, dont l'existence esl au moins aisée à mettre en évidence : il paraît donc de la plus grande utilité pour les praticiens de savoir si l'air des villes et des services hospitaliers possède le degré de pureté requis par la saine hygiène et si l'atmosphère des salles où le chirurgien met journellement à nu les chairs des opérés n'est pas peuplée de germes malfaisants, dont la présence peut rendre inutiles les soins les plus minutieux et les effets les mieux calculés des pansements antiseptiques. Quand bien même il serait prouvé que l'air ne joue qu'un rolc secondaire dans ta transmission des maladies zymotîques, ce qui est contredit par l'observation la plus vulgaire, il n'en resterait pas moins évident que sa composition mîcrosco- 1 pique devrait préoccuper très sérieusement les hygiénistes. Cependant on ne compte qu'un trop petit nombre de savants adonnés à ces recherches laborieuses et délicates dont dépend ia solution de problèmes d'une étendue el d'une importance capitales.

Il est probable que les diflicultés nombreuses et très réelles ' qui arrêtent les élèves an début de ces travaux contribuent, pour une large part, à l'abandon dans lequel esl laissée celle partie ardue de la science microscopique. Dès l'abord, en elTet, on se trouve en face de vastes recherches à entreprendre dont le programme ne s'impose pas à l'esprit avec la précision des problèmes nettement définis, dont on peut facilement mesurer i à l'avance l'étendue et prévoir les conséquences. En Micrographie atmnsphérique, une induction de la veille esl souvent dé- Iraile par les faiu du lendemain ; il faut voyager pour ainsi

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