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LE POETE AU CALIFE

Tous les habitants de la terre sont dcviint loi comme un néant; il fait tout ce qui lui platt; et nul ne peut résistera sa main puissante, ni lui dire: « Pourquoi avez>vous fiiit ainsi? »

Daniel

0 sultan Noureddin, calife aimé de Dieu ! Tu gouvernes, seigneur, Fempire du milieu,

De la mer Rouge au fleuve Jaune.

Les rois des nations, vers ta face tournés. Pavent, silencieux, de leurs fronts prosternés

Le chemin qui mène à ton trône.

Ton sérail est très-grand, tes jardins sont très-beaux. Tes femmes ont des yeux vifs comme des flambeaux,

Qui pour toi seul percent leurs voiles. Lorsque, astre impérial, aux peuples pleins d'eflroi Tu luis, tes trois cents fils brillent autour de toi

Gomme ton cortège d^ étoiles.

Ton front porte une aigrette et ceint le turban veri. Tu peux voir folâtrer dans leur bain, entr'ouvert

Sous la fenêtre oà tu le penches, Les femmes de Madras plus douces qu'un parfum, Et les filles d'Alep, qui sur leur beau sein brun

Ont des colliers de perles blanches.

Ton sabre large et nu semble en ta main grandir. Toujours dans la bataille on le voit resplendir.

Sans trouver turban qui le rompe, Au point où la mêlée a de plus noirs détours, Où les grands éléphants, entre-choquant leurs tours,

Prennent des chevaux dans leur trompe*

Une fée est cachée en tout ce que tu vois. Quand tu parles, calife, on dirait que ta voix

Descend d'un autre monde au nôtre ; Dieu lui-même t'admire, et de félicités Emplit la coupe d'or que tes jours enchantés.

Joyeux, se passent l'un à l'autre.

Mais souvent dans ton cœur, radieux Noureddin, Une triste pensée apparaît, et soudain

Glace ta grandeur taciturne :

Telle en plein jour, parfois, sous un soleil de feu, La lune, astre des morts, blanche au fond d'un ciel blcii,

Montre à demi son front nocturne.

Octobre 4 8*1».

158 LES ORIENTATES.

BOUNABERDI.

Grand comme le iqoBcle.

Souvent Bounaberdi, sultan des Francs d'Europe, Que, comme un noir manteau, ie semoun enveloppe, Monte, géant lui-même, au front d'un mont géapt, D'où son regard, errant sur le sable et sur Tonde, Embrasse d'un coup d'œil les deux moitiés du monde. Gisantes à ses pieds dans l'abîme béant,

Il est seul et debout sur ce sublime faite.

A sa droite couché, le désert qui le fête

D'un nuage de poudre importune ses yeux :

A sa gauche la mer, 4pnt jadis il fï^t l'hâte,

Itlève jusqu'à lui ss^ vpix profQpde et liai||^.

Comme aux pieds de son i^aître ^boie îin c\\\çt\ joyeux

jKt le vieil Empereur, que tour à tour réveille /Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille, Rêve, et, comme à l'amante on voit songer l'amant. Croit que c'est une armée, invisible et sans nombre, Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre, Et sous l'horizon gris passe éternellement!

phiâkk.

Oh I quand tu reviendras rêver sur la montagne, Bounaberdi I regarde un peu dans la campagne Ma tente qui blanchît dans les sables grondants; Car je suis libre et pauvre, un Arabe du Caire, Et quand j'ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre Yole, et sous sa paupière a deux charbons ardents'

Novembre {B'i^,

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