‹ Les Orientales. Les feuilles d'automneChapitre 42 sur 99 · LA CAPTIVE · texte numérisé non relu

LA CAPTIVE

Notes, page 61.

Bien loin de ces Sodomes, etc.

Voyez les mémoires dlbrahim-Manzour Meodî, sur le double sérail d'Ali-Pacha. C'est une mode turque.

SLAU DB LUMB.

Note C, page 67 .

Est-ce un djino qui là-haut siffle d*uDe voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Djinn^ génie, esprit de la nuit. Voyez dans ce recuei* les Djinns y page 115.

LE DEEVICHB.

Note ly page 75.

Dieu te garde un carcan de fer Sous Tarbre du segjin, chargé drames impies.

Le segjin^ septième cercle de l'enfer turc. Toute !u- , inière y est obstruée par Pombre d'un arbre immense.

MABGHE TURQUE.

Note 8, page 81 .

Tel est, comparadjis, spahis, tiroariots, Le vrai guerrier croyant !

Comparadjis y bombardiers ; spafiisy cavaliers qui ont ues espèces de fiefs et doivent au sidtan un certain nombre d'années de service militaire ; timariotSy cavale-' rie composée de recrues, qui n'a ri uniforme ni discipline, et ne sert qu'en temps de guerre.

172 LES ORIEOTALES.

UL BATAILUt PK&DVB. i

Note 9, page 83.

Cette pièce est une inspiration de Fadmirable romance espagnole Rodrigo en el campo de baialla, que nous reproduisons ici, traduite littéralement comme elle a paru en 1821 dans un extrait du Romancero gênerai publié 1 pour la première fois en français par Abel Hugo, frère de l'auteur ce de livre.

BODBIOUX 817B LR CHAMP DB BATAUXE.

C'était le huitième jour de la bataille ; l'année de Rodrigue découragée fuyait devant les ennemis vainqueurs.

Rodrigue quitte son camp, sort de sa tente royale, seul, sans personne qui raccompagne.

Son cheval fatigué pouvait à peine marcher. Il s'avance au hasard, sans suivre aucune route.

Presque évanoui de fatigue, dévoré par la faim et par la soif, le malheureux roi allait, si couvert de sang, qu^il en paraissait rouge comme un charbon ardent.

Ses armes sont faussées par les pierres qui les ont frappées ; le tranchant de son épée est dentelé comme une scie; sou casque déformé s'enfonce sur sa tête enflée par la douleur. \

Il monte sur la plus haute colline, et de là il voit son armée détruite et débandée, ses étendards jetés sur la poussière; aucun chef ne se montre au loin ; la terre est couverte du sang qui coule par ruisseaux. Il pleure et dit :

c Hier j^étais roi de toute TEspagne, aujourd'hui je ne le suis pas d'une seule ville. Hier j'avais des villes et des châteaux, je n'en ai aucuns aujourd''hui. Hier j'avais des courtisans et des serviteurs, aujourd'hui je suis seul, je ne possède même pas une tour à créneaux ! Malheureuse l'heure, malheureux le jour ou je suis né, et où j^héritai de ce grand empira que je devais perdre en un jour 1 »

On voit du reste que les emprunts de Fauteur de ce recueil, et c'est un tort sans doute, se bornent à quelques détails reproduits dans cette stro])he :

Hier j'avais des châteaux ; j'arais de belles ^îlle8; Des Grecques par milliers à vendre aux juifs senriles ; JVvais de grands harems et de grands arsenaux. Àujouàvl'hui dépouillé, vaincu, proscrit, funeste. Je fuis... de mon empire, hélas ! rien ne me reste ; Allah ! je n*ai plus même une tour à créneaux !

M. Emile Deschamps, qui nous a fourni l'épigraphe de cette pièce, a dit dans sa belle traduction de cette belle romance :

Hier, j'avais douze armées, Vingt forteresses fermées, Trente ports, trente arsenaux.,..

Aujourd'hui, pas une obole, Pas une lance espagnole.

Pas une tour à créneaux !

La rencontre était inévitable. Au reste, M. Emile Deschamps est seul en droit de dire qu'il s'est inspiré de l'original espagnol, parce qu'en eifet, indépendamment de la fidélité à tous les détails importants, il y a dans son œuvre inspiration et création. Il s'est emparé de la romance gothe, l'a reformée, l'a refondue et Ta jetée dans notre vers français, plus riche, plus variée dans ses formes, plus large et en quelque sorte reciselée. Son Rodrigue pendant la bataille n'est pas la moicdre parure de son beau recueil.

l'enfant

Note <0, page 8».

Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand Qu'un cheval au galop met toujours en courant Cent ans à sortir de son ombre ?

Voyez le Koran pour Farbre tuba, comme pour l'arbre du segjin. Le paradis des Turcs, comme leur enfer, a son arbre.

NOURMAHAL LA ROUSSE.

Note \ 4 , page 113.

Nourmahal est un mol arabe qui veut dire lumière de la maison. Il ne faut pas oublier que les cheveux roux sont une beauté pour certains peuples de FOrient.

Quoique cette pièce ne soit empruntée à aucun texte oriental, nous croyons que c'est ici le lieu de citer quelques extraits absolument inédits de poëmes orientaux qui nous paraissent à un haut degré remarquables et curieux. La lecture de ces citations accoutumera peutêtre le lecteur à ce qu'il peut y avoir d'étrange dans quelques-unes des pièces qui composent ce volume. Nous devons la communication de ces fragments, publiés ici pour la première fois, à un jeune écrivain de savoir et d'imagination, M. Ernest Fouinet, qui peut mettre une érudition d'orientaliste au service de son talent de poète. Nous conservons scrupuleusement sa traduction; elle est littérale, et par conséquent, selon nous, excelK^rte.

Page 1